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La sélection cinéma de la semaine du 11 novembre

La sélection cinéma de la semaine du 11 novembre

11 novembre 2015 | PAR Pauline L'Huillier

Cette semaine, le cinéma est marqué par la sortie du nouveau James Bond. Mais pas seulement, Toute la culture a aussi fait une sélection avec plusieurs films d’auteur. 

 

007 Spectre – Sam Mendes

C’est aujourd’hui, mercredi 11 novembre, que sort sur grand-écran le 24ème film des aventures de l’espion britannique. Dans 007 SpectreDaniel Craig renfile le costume de l’agent pour la 4ème fois.
Dans ce 24ème opus, sombre et introspectif, Bond affronte tous les spectres – d’où le titre – de son passé. Le réalisateur Sam Mendes a réuni les ingrédients classiques qui font le succès de la saga. Les scènes d’action s’enchaînent sans temps morts, il y a de puissantes organisations criminelles mondiales et quelques scènes « caliente » avec les James Bond Girls, interprétées par la frenchie Léa Seydoux et la voluptueuse Monica Bellucci.

La recette James Bond est de retour pour enchanter les plus vieux comme les plus jeunes fans.

Les anarchistes – Elie Wajeman

Diplômé de la Fémis, Elie Wajeman livre après Alyah, avec Les Anarchistes, un deuxième film poignant et ardent porté par un casting quatre étoiles.

Si Les Anarchistes est un film d’époque, il charrie aussi un saisissant parfum de modernité, de par sa bande-son détonante – des Kinks à Ken Boothe en passant par Johnny Clark – et sa brochette de jeunes acteurs qui ont le vent en poupe – tout un ensemble de comédiens instinctifs et bouillonnants, impétueux et bouleversants ; de Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos à Swann Arlaud et Guillaume Gouix en passant par Karim Leklou et Sarah Le Picard, on aurait envie de les citer tous, tant ils confèrent de modernité, d’actualité et de vie à cette histoire qui se passe en 1899.

Une histoire de fou – Robert Guédiguian

L’année de la commémoration du centenaire du génocide arménienRobert Guédiguian choisit de peindre les conséquences qu’il eut sur les communautés arméniennes d’Europe. Un film imparfait mais vivant, qui n’oublie pas de mettre en perspective son sujet.

Un jeune (Syrus Shahidi), engagé dans une action armée, sa mère (Ariane Ascaride), éplorée. Et Gilles (Grégoire Leprince-Ringuet), un garçon aux jambes paralysées par la faute de ce jeune arménien. La situation n’est pas forcément originale, mais elle est traitée avec finesse par Robert Guédiguian qui fait prendre à son film une tournure inattendue, privilégiant l’intimité à la grande histoire.

Les yeux brûlés – Laurent Roth

Intitulé Les Yeux brûlés, l’essai filmique de Laurent Roth manifeste l’aporie de filmer la guerre, mais surtout la mort si, à en croire la maxime de La Rochefoucauld placée en épigraphe : « Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement ». Le culot et la grande maturité du dispositif employé surprennent. Le réalisateur a recours à l’actrice Mireille Perrier, sortie des films de Léos Carax (Boy meets Girls) ou de Philippe Garrel (Elle a passé tant d’heures sous les sunlights), qui accueille dans le hall de l’aéroport de Roissy les grandes figures du reportage de guerre afin de les interviewer.

Les sans-espoir – Miklós Jancsó

Dans le cadre de la carte blanche offerte à Martin Scorsese, Prix Lumière 2015, nous avons découvert un chef d’œuvre du cinéaste hongrois Miklós Jancsó (1921-2014) intitulé Les Sans-Espoir (1966). En plaçant délibérément l’argument des Sans-Espoir au XIXème siècle, alors que l’allusion à la révolution avortée de 1956 était transparente, le film échappa intelligemment à la censure.

Ce film implacable retrace les derniers jours des rebelles ayant participé à la révolution hongroise de 1848, et traqués par les troupes du comte Raday, au lendemain du compromis austro-hongrois de 1867. Maître du plan-séquence fluide et âpre, d’un noir et blanc tranchant comme une lame de sabre, Miklós Jancsó délivre une leçon politique valable pour tous les temps : toute collaboration avec le pouvoir est vouée à l’échec absolu. La fin du film est à cet égard d’une perversité achevée.
La restauration du film est magistrale. Il ressort en coffret DVD édité par Clavis Films ce mercredi 11 novembre 2015.

sans espoirs

Haramiste – Antoine Desrosières

Sexe, Islam et jeunes filles en fleur : un cocktail plutôt risqué pour un moyen-métrage de comédie très réussi, qui se maintient à l’affiche de l’Accatone depuis le mois de juillet. Dans le film d’Antoine Desrosières, il s’agit d’un sujet topique s’il en est : l’initiation à la sexualité ou plus précisément, au discours sur la sexualité chez deux jeunes sœurs d’origine maghrébine, dans un idéal-type de « cité » de banlieue. A l’heure sinon des « premiers désirs », du moins de leur premier aveu, et à l’époque des sites de rencontre ou de « chatroulette », qu’est-il permis de penser, de dire et de faire, notamment quand on porte le voile ?

Projection du film Haramiste le vendredi 13 novembre au cinéma Studio Luxembourg-Accatone, 20 rue Cujas, 75005 Paris, à 19 heures, avec le réalisateur Antoine Desrosières.

 

Visuels : ©Affiches officielles des films
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Pauline L'Huillier

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