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Skyfall, le retour aux sources de 007

Skyfall, le retour aux sources de 007

15 octobre 2012 | PAR Olivier Handelsman

Le 23ème film (sérieux) adapté des romans d’Ian Fleming qui mettent en scène l’espion le plus célèbre de la planète marque les 50 ans de la saga. Après un catastrophique « Quantum of Solace » (de Marc Forster), une plongée très attendue dans les origines de James Bond (autant ses films que son histoire) émergera bientôt du silence troublant dans lequel la franchise avait été plongée. L’attente était sans conteste justifiée.

Regarder un nouveau James Bond est depuis longtemps un plaisir que l’on s’offre avec un état d’esprit particulier : à la fois adaptés d’une série littéraire brillante et confiés au regard des réalisateurs les plus talentueux de leur génération, ils possèdent (presque) tous un esprit caractéristique difficilement imitable. Le sex-symbol britannique est aussi l’homme le plus dangereux de la planète, capable d’encaisser plusieurs balles avant de continuer à se battre, de s’opérer, se défibriller, puis de passionnément faire l’amour quatre fois de suite à une riche héritière, pour la voir mourir peu après.

James Bond se balade de continent en continent, pas vraiment pour le plaisir, mais afin de mettre un terme aux agissements de terroristes internationaux, possédant deux ou trois ports d’attache et plusieurs longueurs d’avance sur les services secrets du pays où ils perpètrent leurs exactions contre la liberté et les contribuables. Après un générique envoûtant fait de silhouettes d’armes, de danseuses, de flammes et autres éléments rappelant la vie trouble du contre-espion (ici chanté par Adele), il saute d’un avion ou fait exploser un complexe militaire clandestin, puis va savourer un Martini sec agrémenté de gin Gordon, de vodka, de blanc Lillet et d’une écorce de citron (au shaker, pas à la cuillère).

Le cocktail favori de James Bond est une fois de plus au rendez-vous : des supérieurs opiniâtres mais élogieux à son égard (ici, la très sévère M -Judi Dench- et le réaliste Gareth Mallory -Ralph Fiennes), des tueurs d’élite à éliminer avec force violence (dont Patrice joué par le Suédois Ola Rapace, ex-mari de Noomi), un machinateur cruel et paranoïaque (le rôle de Silva, pervers, vengeur, ex-agent du MI6, va comme un gant à Javier Bardem), des demoiselles divines mais dangereuses (avec la française Bérénice Lim Marlohe dans le rôle de l’ex-prostituée Séverine asservie au méchant, et Naomie Harris dans le rôle de… surprise), et des voyages terrifiants et fascinants (Istanbul, Shanghaï, Macao, une île perdue de mer de Chine, et enfin l’Angleterre).

Ce que ce James Bond vaut de mieux que les autres réside dans son imbrication profondément intelligente du contexte mondial (un espionnage surinformatisé mais une information échappant toujours plus au contrôle des autorités, sur fond de terrorismes multiples et répandus) et de l’être même de l’agent secret, plus anglais que la reine, avare de mots, buvant, tuant, couchant et blaguant pour oublier son passé d’orphelin et les horreurs auxquelles il a dû assister dans le cadre de son métier. Les souffrances de James Bond sont connues de ses supérieurs, c’est pourquoi après sa disparition le MI6 n’accepte plus de le soutenir officiellement lors de son retour : la situation est désespérée car le sadique Silva a dérobé une liste permettant de démasquer tous les agents infiltrés dans les réseaux de terrorisme et les révèle sur YouTube. Cherchant une vengeance impitoyable contre M dont il était autrefois le protégé, son imagination, sa créativité dans le codage de virus informatiques et de planification d’attentats ou de déplacements de population sont sans limites.

Mais ce qui marque le plus les spectateurs encore novices, ce sont les titres incompréhensibles et lyriques ou exotiques des aventures de 007. Entre « Demain ne meurt jamais » et « On ne vit que deux fois », il y a de quoi se perdre. Cependant, Skyfall, le troisième James Bond ayant pour vedette l’Anglais Daniel Craig (Casino Royale et Quantum of Solace, mais aussi Layer Cake, Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, A la Croisée des Mondes…) a tout à voir avec son titre, qui est le nom d’une propriété et d’un manoir écossais contenant le secret bien caché de l’origine de James Bond, théâtre de la bataille finale montrant avec fierté la bravoure et la détermination britannique face à l’envahisseur étranger.

On retrouve grâce à Sam Mendes (American Beauty, Jarhead, Les Sentiers de la Perdition, Les Noces Rebelles) le génie scénaristique des premiers films, avec une qualité de photographie incomparable (sauf peut-être aux Christopher Nolan), et on plonge dans les retranchements les plus intimes de James Bond, qui fait face à son propre vieillissement et au changement d’ère de l’espionnage. Mais sans l’humour anglais qui saupoudre ce drame d’action, tout cela ne constituerait pas un 007 digne de ce nom : rassurez-vous.

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Olivier Handelsman
Olivier Handelsman est étudiant en master de management à Grenoble École de Management, et étudie en échange à la Simon Fraser University de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) au second semestre 2013-2014. Licencié de Sciences Économiques à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Olivier est intéressé par la micro-économie, l'entrepreneuriat, le management stratégique, de l'innovation, de la musique, des systèmes d'information et des nouvelles technologies. Olivier Handelsman a été scénariste de courts et longs-métrages en machinima (images de synthèse issues de jeux vidéo), et a une expérience professionnelle de pigiste dans différents médias tels que le journal Le Point (hors-série Références), PC Jeux et Millenium Source, ainsi que d'auditeur de service client, de programmeur Visual Basic et de démonstrateur produit.

4 thoughts on “Skyfall, le retour aux sources de 007”

Commentaire(s)

  • Martin Bastien

    Je n’ai lu que le 1er paragraphe et ça commence déjà très bien (ironie bien sur). Quantum Of Solace Catastrophique ? Ce n’est pas du tout mon avis, je l’ai trouvé bien supérieur au précédent et surtout il est le seul Bond depuis des lustres à nous plonger dans le vrai univers de James Bond, celui qu’on avait perdu et qu’on ne pensait jamais retrouver.

    octobre 22, 2012 at 12 h 54 min
  • Olivier Handelsman
    Olivier Handelsman

    Ah, on vient de deux planètes différentes visiblement.

    octobre 23, 2012 at 8 h 03 min

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