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[Semaine de la Critique] « Les Anarchistes », un film d’ouverture plein de désirs mais un peu inabouti

[Semaine de la Critique] « Les Anarchistes », un film d’ouverture plein de désirs mais un peu inabouti

16 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Les atouts de ce nouveau film d’Elie Wajeman ? Quelques très bons acteurs et des partis-pris qui évitent la lourdeur. Mais nous font aussi rester quelque peu à la surface du sujet…

[rating=2]

Les séquences inaugurales de ces Anarchistes plantent un scénario très familier : à l’aube du XXème siècle, un jeune policier (Tahar Rahim) est contraint d’infiltrer un réseau anarchiste composé de jeunes. Rassurez-vous, la fin du film ne sera pas si attendue… Et surtout, par la suite, un parti-pris émerge vite. L’approche d’Elie Wajeman est comme anti-spectaculaire : tout se joue dans les dialogues. On découvre d’abord les sentiments – plus que l’idéologie – des jeunes révoltés, puis leur envie d’agir – davantage que leurs projets ambitieux au niveau mondial. Impasse n’est pas faite sur leur violence et leur amoralité…

Certes, la plupart des scènes sont filmées sous une lumière trop sombre. L’intimisme voulu, s’il est juste, finit par fatiguer. Et d’autre part, le scénario a parfois du mal à trouver son équilibre : l’histoire d’amour entre Tahar Rahim, toujours aussi juste, et Adèle Exarchopoulos, moins inspirée, prend trop de place. Et ne sert pas la réflexion. Lorsque l’attention baisse, on se raccroche à Guillaume Gouix, habité, ou Sarah Le Picard, interprètes parfaitement crédibles de jeunes anarchistes plus ou moins traversés de doutes. Ou à Swann Arlaud, parfait en chef charismatique et désespéré.

Les Anarchistes désire proposer des ouvertures pour l’avenir. En ce sens, il évite la reconstitution lourde. Mais on aurait aimé être confronté à d’autres dimensions du mouvement. A sa pensée profonde. Afin de mieux le penser pour aujourd’hui… Ici, ce sont davantage les personnages d’une fiction qui l’emportent…

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Les Anarchistes, un film d’Elie Wajeman. Avec Tahar Rahim, Adèle Exarchopoulos, Swann Arlaud, Guillaume Gouix, Sarah Le Picard, Thibault Lacroix, Audrey Bonnet, Cédric Kahn. Drame, Français. Durée : 1h40.

Visuels : Mars Distribution

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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