Cinema

Festival Lumière Jour 6 : Interview exclusive de Martin Scorsese

Festival Lumière Jour 6 : Interview exclusive de Martin Scorsese

18 octobre 2015 | PAR Laurent Deburge

Grand invité de cette 7ème édition du Festival Lumière 2015, Martin Scorsese a reçu le prix Lumière, donné une Master-Class et filmé la sortie des Usines des Frères Lumière, à l’endroit même où avait été tourné le premier film de l’histoire du cinéma en 1895 à Lyon.

Lors de sa conférence de presse, il a évoqué son rapport à la musique, primordial, qui l’a amené des cordes de la musique classique, au rock et à la figure des Rolling Stones, qu’il a filmés en 2008 dans son documentaire Shine a Light, mais aussi la place des femmes dans son cinéma, qui en dépit d’un univers et d’histoires foncièrement masculines, mis à part Alice n’est plus ici en 1974, sont à l’origine de la plupart des récompenses obtenues pour ses films.

Il nous a semblé plus amusant de nous concentrer sur les silences de Scorsese, et de voir à quel point il est un acteur scorsésien, la plupart des mimiques de ses alter ego Robert de Niro et Leonardo DiCaprio étant particulièrement lisibles sur le visage du réalisateur. Une vidéo exclusive ici :

Dans la soirée un hommage était rendu, en sa présence et celle d’Abbas Kiarostami, à un grand « passeur » du cinéma mondial, Pierre Rissient. Programmateur pionnier des ciné-clubs parisiens, et du Mac-Mahon, successivement assistant réalisateur ou attaché de presse, scénariste ou producteur, Pierre Rissient est un découvreur de talents : il a défendu avec ferveur des grands réalisateurs tels Fritz Lang, Joseph Losey, Dalton Trumbo ou Jules Dassin, mais aussi Clint Eastwood, Jane Campion, Quentin Tarantino. Il est l’homme qui a le pouvoir de faire venir un film à Cannes, de faire découvrir un talent, de lancer des carrières, en permettant les bonnes rencontres. C’est une sorte de directeur artistique du cinéma international, et de lobbyiste de génie.

Malheureusement, le documentaire réalisé par ses amis Pascal Mérigeau (grand biographe de Renoir), Benoît Jacquot et Guy Séligmann, Gentleman Rissient est parfaitement indigent. Rien n’est expliqué du parcours de Rissient, l’image est hideuse, le son incompréhensible, l’écriture absente, et les quelques extraits de films ne sont pas particulièrement mis en valeur ni explicites. Un critique américain Todd Maccarthy avait réalisé en 2007 un documentaire intitulé Pierre Rissient, homme de cinéma, qui donnait la parole aux grands réalisateurs soutenus par Rissient, et davantage aptes à signifier son importance.

Il nous restait à voir Entre le Ciel et l’Enfer (1963), le dernier des films d’Akira Kurosawa produits par la Toho et présentés par le Festival en versions restaurées par Wild Side. C’est un film noir, adapté d’un roman américain d’Ed MacBain, qui plonge dans les affres l’actionnaire d’une grande marque de chaussures ayant hypothéqué ses biens afin d’en prendre le contrôle, qui apprend que le fils de son chauffeur a été enlevé contre une importante rançon. Une mise en scène implacable, un huis-clos machiavélique suivi d’une descente dans les bas-fonds de Tokyo. Malgré la présence de Toshiro Mifune en victime sur lequel le sort semble s’être acharné, et l’efficacité narrative de certaines séquences, notamment la traque du ravisseur dans les méandres de la ville, on peine à s’intéresser pleinement à la situation comme à s’identifier au protagoniste, et l’enquête menée par la police est un peu longuette.

Laurent Deburge

Visuels : DR

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