Musique

Playlist de la semaine (78)

Playlist de la semaine (78)

16 août 2014 | PAR Bastien Stisi

L’Irlandais Hozier et son pop folk massif, le retour groovy et sans folie de Kindness, et la surf music pleine de langueurs d’un Marseillais apaisé…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Hozier, « Take Me To Church »

Dans la lignée de son aîné de quelques années James Vincent McMorrow, avec qui il partage un passeport irlandais et une attirance pour les pilosités épaisses, Hozier véhicule un folk indie et massif, sculpté entre  blues crevassé, pop sensible, et indie éthérée, et convoque douceurs étoilées et marées agitées sur un premier album où l’on retrouvera, notamment, son sublime « Take Me To Church », qui l’avait fait connaître l’an passé. On le découvrira sur scène à Rock en Seine le 22 août, et en studio, donc, le 22 septembre, à l’occasion de la sortie de son album chez Island Records Group.

2. Kindness, « World Restart »

Afin d’annoncer son second album Otherness (parution en octobre) le Britannique Kindness s’entoure de Dev Hynes (Blood Orange) et fait paraître un premier extrait, « World Restart », un titre jazzy et groovy qui porte tellement bien son nom que l’on peine à y retrouver les euphories langoureuses qui faisaient le charme d’un premier opus (World, You Need a Change of Mind) marqué par le sceau de la disco pop légère et tuméfiée. On ne va pas encore hurler à l’hérésie, mais pour l’heure, on se repassera plutôt le premier album de l’Anglais aux cheveux très allongés, que l’on peut retrouver gratuitement sur son Soudcloud officiel.

3. Johnny Hawaii, « Many Reverbs To Cross »

Loin de Chineseman Records, qui gargarise à peu près tout ce que le commun du mortel se figure lorsque l’on parle de « scène indé phocéenne », Johnny Hawaii emprunte son blaze à un film de gangster un peu tocard qui n’aurait pas encore été inventé, et son esthétisme sonore à une plage sur laquelle auraient échoués, relaxés et aérés, des Beach Boys sous psychotropes attendrissants et psyché à souhait. En tournée, c’est aux côtés de Kid Francescoli et du grandiose Oh ! Tiger Mountain qu’il circule, et aussi bientôt à La Route du Rock, où l’on pourra découvrir son premier album Southern Lights sur la plage de Saint-MaloDu sable, du soleil, et beaucoup de voluptés en perspective.

4. Chet Faker, « Gold »

Une nuit noire, des nymphes en mini shorts et chaussettes hautes, des patins à roulettes sur une route a priori réservée à des bolides de plus grande ampleur, et surtout, Chet Faker à l’intérieur d’une voiture accidentée et aux côtés d’un cerf qui pourrait bien être responsable du mauvais état dans lequel se trouve la carrosserie de ladite voiture : le nouveau clip de l’Australien aux pulsations soul et post-dubstep fait la part belle aux chorégraphies nyctalopes et aux terminaisons assassines, et illustre le très amoureux « Gold », issu de son premier album Buit On Glass. Reste à savoir si c’est vraiment à l’impact de l’animal à bois qu’est dû le regrettable accident, ou plutôt si c’est à l’amour trop virulent énoncé par les lyrics du morceau…

5. Gold Panda, « Clarke’s Dream »

Après l’affirmation de ses vagabondages orientaux sur son dernier et troisième album Alf Of Where You Live, mêlé avec un post-dubstep toujours aussi vivifiant, le DJ et producteur Gold Panda emprunte avec son nouveau morceau la route d’une électro noyée dans un funk parfaitement estival, et annonce un changement d’atmosphère radical qui demande à se confirmer sur un quatrième album, auquel l’on pourrait, de fait, être assez rapidement confronté. Les rêves de ce garçon-là, en attendant, continueront à être bien enjoués, et à groover méchamment.

6. François 1er, « 1515 »

En compagnie de Rone, de Thylacine, de Superpoze, de Fakear, de Bloum, et de ces émergents voyageurs des machines qui se moquent si bien de l’espace et du temps et y circulent aisément à l’aide de combinaisons house et electronica, on placera désormais aussi le tout jeune monarque intellectro François 1er, venu, non pas de la Renaissance humaniste, mais de Toulouse et du collectif Boussole, afin de déverser une électro azimut, tribale, sensible et éthérée. François 1er n’a peut-être pas le sang bleu que prétendait avoir l’éternel rival de Charles Quint. Et peu importe : c’est dans les mains et dans l’esprit que ce François-là semble bien avoir reçu les faveurs des divinités électro.

7. Flume, « Reflektor (Arcade Fire cover) »

Parce qu’il faut bien s’occuper au coeur du mois d’août et au milieu de l’inactivité estivale, l’Australien Flume remixe les Canadiens Arcade Fire, et métamorphose la version originale du longiligne « Reflektor », issu du dernier album du même nom. La voix de Win Butler, invité à répéter sans cesse son « Can we work it out ? », apparaît ici ombrageuse et inquiète, rendue urgente par un remix qui, contrairement aux dernières productions de l’Océanien, écarte les esprits des dancefloors afin de les ramener sur la piste de la sombre (et claire) étrangeté.

Les morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel : (c) pochette de Take Me To Church de Hozier

[Live report] Thee Oh Sees, Caribou et Darkside à La Route du Rock
[Critique] « Le rôle de ma vie » un nouveau drame joyeux pour Zach Braff après Garden State
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *