Cinema

[Critique] « Les Anarchistes », un petit bijou de jeunesse et de liberté

[Critique] « Les Anarchistes », un petit bijou de jeunesse et de liberté

23 octobre 2015 | PAR Matthias Turcaud

Diplômé de la Fémis, Elie Wajeman livre après Alyahavec Les Anarchistes, un deuxième film poignant et ardent porté par un casting quatre étoiles.

[rating=4]

Paris 1899. Le brigadier Jean Albertini, pauvre et orphelin, est choisi pour infiltrer un groupe d’anarchistes. Pour lui, c’est l’occasion de monter en grade. Mais, obligé de composer sans relâche, Jean est de plus en plus divisé. D’un côté, il livre les rapports de police à Gaspard, son supérieur, de l’autre, il développe pour le groupe des sentiments de plus en plus profonds.

Si Les Anarchistes est un film d’époque, il charrie aussi un saisissant parfum de modernité, de par sa bande-son détonante – des Kinks à Ken Boothe en passant par Johnny Clark – et sa brochette de jeunes acteurs qui ont le vent en poupe – tout un ensemble de comédiens instinctifs et bouillonnants, impétueux et bouleversants. De Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos à Swann Arlaud et Guillaume Gouix en passant par Karim Leklou et Sarah Le Picard, on aurait envie de les citer tous, tant ils confèrent de modernité, d’actualité et de vie à cette histoire qui se passe en 1899.

Cette histoire d’engagement – amoureux ou politique – et de trahison, d’infiltration, d’amitié et d’idéaux nous emporte donc sans difficulté, tant elle est incarnée, tant elle est restituée avec fougue et avec cœur, et tant elle nous émeut, dès la magistrale ouverture en plan-séquence avec un monologue de Judith alias Adèle Exarchopoulos qui explique que c’est l’amour qui l’a mené à l’anarchisme. Dès lors, les deux s’avéreront inextricablement mêlés, indissociables.

Enfin, derrière ces acteurs impériaux on note un vrai regard, un vrai point de vue et une vraie et forte proposition de cinéma. Elie Wajeman propose en effet une mise en scène plus que singulière, toute en plans resserrés, et des images imprégnées de tonalités froides et glacées, qui, ajoutant un aspect formaliste à l’aspect incarné et bouleversant déjà cité, achèvent de faire des Anarchistes un film définitivement éblouissant.

Les Anarchistes, d’Elie Wajeman, avec Tahar Rahim et Adèle Exarchopoulos, France, Mars Distribution, 1h41, date de sortie : le 11 novembre 2015.

Pour un autre point de vue sur le film, voir ici.

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Matthias Turcaud
Titulaire d'une licence en cinéma, d'une autre en lettres modernes ainsi que d'un Master I en littérature allemande, Matthias, bilingue franco-allemand, est actuellement en Master de Littérature française à Strasbourg. Egalement comédien, traducteur ou encore animateur fougueux de blind tests, il court plusieurs lièvres à la fois. Sur Toute La Culture, il écrit, depuis janvier 2015, principalement en cinéma, théâtre, ponctuellement sur des restaurants, etc.Contact : turcaud.matthias@gmail.com

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