Politique culturelle
Culture x écologie : enquête sur une diversité de propositions et d’actions en faveur d’une transition écologique de la culture

Culture x écologie : enquête sur une diversité de propositions et d’actions en faveur d’une transition écologique de la culture

14 août 2020 | PAR Loïs Rekiba

Ça veut dire quoi au juste l’écologie de la culture? Petit tour de piste des bonnes initiatives de la part d’acteurs et/ou d’institutions culturelles françaises qui dénotent non seulement par une prise de conscience de l’urgence des enjeux écologiques, mais surtout par la mise en oeuvre d’actes engageants pour participer à la transition écologique du monde la culture.

L’importance de l’écologie : de la prise de conscience aux actes

L’écologie est un enjeu crucial. C’est un défi majeur pour nos sociétés. La culture est, quant à elle, un extraordinaire médium de diffusion du savoir, de découverte, de partage et d’émerveillement. Elle permet également de susciter, à travers les représentations du monde toujours singulières qu’elle propose par les arts, une prise de conscience puis, ensuite, des actes pour une création artistique plus en phase avec l’urgence de l’enjeu écologique

Les exemples que nous avons pu observer nous montre des acteurs et des institutions culturelles inventives et déterminées à enclencher leur transition écologique. À rebours des injonctions infantilisantes et méprisantes de l’exécutif (rappelons l’appel présidentiel à «enfourcher le tigre» ou à se projeter dans la vision idyllique et abstraite d’ «un été apprenant et culturel», voire d’ « une année blanche » pour l’après-confinement), il existe bel et bien une envie de la part du secteur de la Culture de faire autrement et de contribuer ainsi à faire émerger une sorte de nouvelle écologie de l’art, malgré les grandes difficultés que lui ont posées la période du confinement dont elle aura du mal à se relever.

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CULTURE X ECOLOGIE : LE FESTIVAL, C’EST CAPITAL !

Une transition écologique dans le domaine de la musique : le cas de « Terres du son », un festival éco-durable au Domaine de Candé à Monts (37)

Terres du Son est un festival de musique labellisé éco-responsable. Créé en 2005 à Tours, il a normalement lieu tous les ans au Domaine de Candé à Monts (Indre-et-Loire); exception faite cette année en raison des conditions sanitaires que nous connaissons. Sur une durée de 3 jours, le festival donne l’occasion au public de découvrir de jeunes talents et des artistes locaux. Les organisateurs assument s’insérer dans une démarche « solidaire » et « responsable ». Le festival travaille en collaboration étroite avec des jeunes adultes en difficulté, et propose de multiples activités et concerts gratuits au sein d’un écovillage.

vue aérienne du festival

Julien Macou, le responsable du développement culturel du festival, a accepté de nous donner quelques informations sur la manière dont Terres du Son a réussi à se distinguer depuis sa création pour incarner, petit à petit, une conscience écologique en acte cherchant à sensibiliser et à fidéliser tout un public atour de la nécessité d’une production et d’une création artistique durable et responsable.

Pour Julien Macou, Terres du Son s’est donné pour objectif initial de « recentrer le débat de la transition écologique au centre du festival » dont la création remonte maintenant à 16 ans. L’idée était de créer « une culture populaire (sans que le mot soit galvaudé de quelconque manière) en passant par la musique ». Il fallait « véhiculer des valeurs sur le développement durable au niveau du public ». Et donc « sous couvert d’attirer du public, le festival ne devait pas manquer l’occasion de sensibiliser aussi ses spectateurs ». Les personnes à l’origine du festival – dont Julien Macou ne fait pas partie, étant un récent arrivant dans la structure du festival – avaient à coeur de « soutenir cet engagement en faveur du développement durable grâce au soutien du territoire« .

La rédaction était plus particulièrement curieuse de savoir si les valeurs portées par le festival avaient su s’imposer au fil des années dans la conscience du public, à mesure que l’enjeu du développement durable se pose de manière de plus en plus urgente. Et, selon Julien Macou, tout est en fait « une somme de déclencheurs ». C’est-à-dire que « les valeurs du festivals sont de plus en plus prégnantes ». Il cite l’importance fédératrice de l’éco-village ainsi que l’émergence progressive chez les organisateurs d’une « volonté de créer un lieu associatif afin de toucher encore un maximum de public pas encore tellement sensibilisé (le 18-25ans) et qui, il est vrai, ne s’attardent pas forcément toujours autour de l’éco-village qui est plus un lieu familial, à l’écart du tintamarre musical qui lui a lieu sur la colline du domaine de Candé ».

Mais reste qu’il est souvent difficile pour des acteurs et des institutions engagées comme Terre du Son de faire passer le message au public – pour qu’il prenne conscience de l’urgence écologique – sans tomber dans le paternaliste doucereux ni dans l’alarmisme facile. Si le festival Terres du son est à l’origine préoccupé par la question du développement durable, et que les valeurs que revendiquent ses pères fondateurs ont su imprégner de manière notable la conscience du public au fur et à mesure des éditions, la question de l’incarnation d’un message engagé en faveur du développement durable se pose avec une certaine acuité. Qui est le plus efficace dans la transmission du message de l’urgence écologique ? Les organisateurs ou bien plus davantage les artistes qui se produisent sur scène ?

À l’ère des réseaux sociaux, la question de l’enjeu écologique se retrouve souvent incarnée. Le cas de la jeune Greta Thunberg qui a su s’imposer face aux dirigeants du monde entier pour porter le message d’une jeunesse souhaitant que des décisions soient prises pour retarder le réchauffement climatique en est un bon exemple.

Du côté de Terres du Son, Julien Macou semble aussi pencher pour la nécessité d’impliquer davantage les artistes dans la démarche éco-responsable du festival. Il pense que les artistes ont un grand rôle à jouer pour faire passer le message au public. Il cite le groupe « The Inspector Cluzo », « des agriculteurs engagés qui défendent des choses ». Pour cela, « on voudrait mettre à disposition un espace d’expression pour les artistes, un lieu où ils pourraient débattre avec notre public autour des valeurs que. nous défendons », explique t-il. Avant d’ajouter : « car l’injonction des organisateurs qui consiste à dire au public qu’il faut préférer la gourde et/ou des gobelets jetables et bien elle claque beaucoup moins que quand c’est Roméo Elvis qui le dit ».

terre du son visuel 2021

Il faudra pour cela créer des « croisements entre artistes et associations sur la Plaine de la Gloriette » pour débattre ensemble de l’urgence de l’enjeu écologique en prenant en compte de l’importance de personnaliser le message, sans pour autant oublier tout un tissu associatif local qui lui siège depuis le tout-début au sein de l’éco-village, et qui a définitivement un grand rôle à jouer dans cette entreprise.

Le Festival éco-durable Terres du son est un bon exemple d’institution qui s’attache à lier conjointement culture et écologie. En ce sens, Julien Macou termine avec un message confiant et motivé pour l’édition 2021 dont l’engagement ne sera que plus fort en raison des souvenirs que la Covid-19 et le confinement auront laissé dans les esprits de chacun : « le travail autour du développement durable est un travail sans fin, une marche en avant, une progression constante. La question du lien entre culture et écologie est d’autant plus d’actualité à traiter après le confinement car on est sur des problématiques véritablement liées à notre mode de vie. »

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CULTURE X ÉCOLOGIE : UN CHASSÉ-CROISÉ AU MUSÉE 

Un musée 100% écologique : le cas du MAIF Social Club 

Une visite au Maif Social Club suffit pour se rendre compte que cet endroit niché en plein coeur de Paris s’adonne lui aussi à une réflexion pratique et immersive sur l’écologie de la culture. Mathilde Rousseau, assistante de médiation et de programmation du lieu, nous a accueilli pour la visite de l’exposition Champs Libres, qui a eu lieu du 31 janvier au 18 juillet 2020, dans le cadre de la thématique Transition. Une thématique qui dénote au passage une volonté de la part du lieu de promouvoir, à travers cette exposition immersive et originale, des artistes qui engagent une forme de transition écologique dans leur art.

expo

Mathilde Rousseau affirme que le Maif Social Club est « un lieu qui se veut écologique en lui-même ». En ce qui concerne la construction des expos, l’exemple de Champs Libres montre des artistes internationaux qui utilisent des matériaux recyclés et recyclables, et qui ont vocation à être réutilisés et non pas jetés.

La photographie ci-dessus représente une perspective globale de ce que nous avons retenu de l’exposition en lien avec culture et écologie

À gauche et à droite, on observe le Village Vert. Cette oeuvre qui représente 3 terrariums en altuglass comprenant en leur sein des plantes de la terre est signée par l’artiste Vaughn Bell. L’oeuvre Village Vert a été créée spécialement pour l’exposition. Elle appartient à la série de pièces Village Green que Vaughn Bell dessine selon chaque projet d’exposition. Les sculptures végétalisées suspendues invitent le public à entrer en face-à-face avec un morceau de végétation, à regarder, à sentir, pour mieux se reconnecter au foyer de la mère nature. L’artiste américaine s’attache sans cesse à  créer des dispositifs engagés à la fois sur le plan social et sur le plan écologique. Beaucoup de ses créations font souvent appel à la participation du public. C’est donc par leur dimension immersive et interactive que les œuvres de Vaughn Bell mènent ainsi à une prise de conscience de l’urgence écologique ou à une action en faveur du soin apporté à la planète. L’artiste participe également à des projets de transition écologique à une échelle territoriale, comme actuellement sur le système de drainage et de traitement des eaux usées des services publics de Seattle, ou plus anciennement sur le réseau des transports de cette même ville.

Au fond, une oeuvre de l’artiste franco-américaine Suzanne Husky. C’est un immense tapis – du nom de Régénération – qui illustre les connexions qui mènent à la régénération de tous et de tout, avec une forme ronde qui symbolise le cycle de la vie. Nourrie de la pensée critique contemporaine, la prise de conscience écologique et l’écoféminisme, l’artiste Suzanne Husky réinvestit des techniques artisanales traditionnelles, dont la céramique ou le tissage de tapis de guerre afghan pour porter des messages à caractère politique, social et sociétal fort. 

Au fond à droite, c’est au tour de l’artiste coréenne Ha Cha Youn d’exposer son oeuvre. Une collecte des sacs plastiques effectuée à travers le monde depuis les années 90. D’un pays à l’autre, la récurrence de leurs couleurs diffère. Aujourd’hui, outre leurs couleurs, leur matière est différente de celle du passé et les sacs se font plus rares. Elle a exposé ses oeuvres dans des expositions collectives et personnelles en Corée, au Japon, en Pologne ainsi qu’en France. Le Maif Social Club présentait ici deus séries. La série Volants juxtapose des sacs anciens dont la transparence et la fragilité dénotent de la tendance à la jetabilité et à la grande consommation de notre société. La série Diamants dévoile elle des sacs récents, plus épais et aux couleurs plus franches. L’installation exposée au sein de l’exposition Champs Libres s’attache à montrer à quel point les sacs plastiques ont totalement fait partie de notre quotidien, jusqu’à devenir des indicateurs anthropologiques d’un rapport au jetable ayant évolué avec le temps.

L’oeuvre ci-dessous a quant à elle été réalisée par Laurent Tixador. Pour Champs Libres, l’artiste expose le Bar de la Plage qu’il a fabriqué de toutes pièces à partir de déchets ramassés sur une plage bretonne (près de Lorient). Laurent Tixador est un artiste qui, à l’heure de notre société où enjeux écologiques et sociétaux se font de plus en plus pressants, parvient à mettre en place à travers son art toute une économie de la récupération. Dans ses différents projets artistiques, il s’implique physiquement et expérimente des situations, par la création d’objets et de processus relationnels à partir des matériaux qu’il trouve sur le terrain de son investigation artistique : 

expo

« Pour la commissaire d’exposition, Julie Sicault Maillé, l’expo Champs Libres était l’occasion de sensibiliser un public de tout âge aux questions que soulèvent la transition écologique pour l’homme ainsi que pour la nature qui l’entoure avec la mise en place d‘une exposition immersion et sensitive« , explique Mathilde. Avant de nous dire qu’une transition écologique dans la culture s’affirme, aujourd’hui, comme « plus que nécessaire et essentielle » et que le Maif Social Club agit dans ce sens, et à sa manière, en mettant en avant des artistes qui sont non seulement conscients de l’urgence qu’il y a à engager une nouvelle écologie de l’art mais qui la pensent et la mettent en pratique. C’est également dans toute « la façon de penser les événements culturels qu’il faut une conscience écologique », conclut Mathilde Rousseau.

Autant dire que, au MAIF Social Club, le ton est « assurément militant » ! 

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DEUX CAS DE TRANSITION ÉCOLOGIQUE DANS LE SECTEUR DU SPECTACLE VIVANT : LE THÉÂTRE NATIONAL DE CHAILLOT ET LE FESTIVAL OFF D’AVIGNON 

Du côté de Chaillot…

La brochure de la saison 2020-2021 du théâtre national de Chaillot célèbre sur sa couverture des corps juvénilement rhomériens effectuant des déhanchés sur un fond délicieusement rose pastel. Vient ensuite un shooting des acteurs.ices et des danseurs.euses à l’affiche de la programmation de cette saison toute particulière. Mais le plus intéressant, c’est l’édito. Écrit avant l’épidémie de coronavirus, « ce texte reflète la vision et l’intuition des artistes de cette saison ». Celui-ci porte un véritable message politique de la part d’une institution culturelle qui a bien l’intention d’initier sa transition vers « le monde d’après ». Chaillot change de siècle, nous est-il dit en substance. Cette saison est pour Didier Deschamps, le directeur général du Théâtre de Chaillot, l’occasion de rappeler la portée symbolique du lieu qui a été le théâtre d’événements politiques. La Déclaration universelle des droits de l’Homme y fut signée, et donc « Un siècle d’histoire c’est avant tout l’occasion de parler du présent ». On sent un sentiment d’urgence, une envie farouche de « construire et de vivre pleinement le monde d’après » en luttant pour toujours plus d’égalité certes, mais aussi pour « faire face désormais dans l’urgence aux conséquences du dérèglement climatique » dans et par l’art. Celui dont seul Chaillot a bien-sûr la recette : « le vertige de la danse » !

prog chaillot

Le message est clair : urgence et envie collective de construire le monde d’après. Pour prouver que tout cela ne saurait se réduire à des formules incantatoires Chaillot balance, à la fin de sa brochure, une injonction : « Chaillot se met au vert! ». Pas de diète ni de baisse de la « consommation » et/ou de la création artistique et culturelle pour quiconque, non, non, et non. Mais tout simplement une prise de conscience que la culture et la création « ne peuvent faire l’économie d’une prise en compte des enjeux écologiques » et que cette « nécessité absolue » constitue dans tous les cas « une source d’inspiration artistique sur le plan de l’organisation et des modes de pensée et de vie », signe le directeur.

Ce dernier affirme que Chaillot est engagé dans « une démarche éco-responsable » en multipliant « les actions vertes ». Limitation de l’empreinte carbone par une fabrication home-made des décors. Concertation avec les autres lieux de diffusion afin de limiter le transport. S’ajoutent à cela le tri des déchets au sein du théâtre, l’utilisation d’éclairage LED, ainsi que le recyclage du papier -issu de forêts gérées durablement- pour tous les supports de communication de l’institution. Les bouteilles en plastiques n’ont également plus droit de cité sur la colline de Chaillot. Ici, chacun se procure une gourde à la librairie!

Les petites révolutions du Off d’Avignon

Du côté du Festival Off d’Avignon, la direction a elle aussi décidé de prendre des mesures pour réduire l’impact écologique de son festival. Est-ce le début d’une prise de conscience de l’importance d’effectuer une transition écologique de la part de la célèbre institution festivalière ? 

Si le Off d’Avignon est le rendez-vous du théâtre en France, ce dernier se distingue, on le sait, par un mode de communication bien particulier qui, pour certains, participe de tout un folklore traditionnel et difficilement modifiable. Et pourtant. L’affichage sauvage est une méthode de communication largement appréciée parce qu’elle transforme les rues de la ville en un véritable patchwork. Mais, désormais, Pierre Beffeyte, le directeur du festival, affirme qu’il est nécessaire d’un point de vue environnemental de remettre cette tradition en perspective.

affichage sauvage off

L’enjeu est en effet difficile pour le Off, comment garder sa marque, son originalité tout en remettant en perspective l’affiche sauvage et bien d’autres choses méritants d’être revues, voire supprimées pour être en accord avec une volonté de transition écologique pour le festival ?

Face à l’urgence écologique, Pierre Befeytte souhaite également que son festival prenne d’autres mesures. Comme celles, par exemple, qui concernent la production plastique, le gaspillage alimentaire, la consommation d’énergie, etc…

Pour y parvenir, la direction du Off avance plusieurs propositions.

Concernant les déchets (papiers et plastiques compris), ceux-ci sont les sources de pollutions importantes mais aussi visibles du festival. Pour remédier à cela, la direction prévoit la signature de la charte « Drastic on Plastic ». Celle-ci impliquera l’adoption d’un certains nombres de gestes écologiques. L’équipe du festival travaille aussi à développer, en partenariat avec l’équipe commerçantes d’Avignon, tout un dispositif de mise à disposition de gourdes pour le public, qui devront être être rechargées dans n’importe quel magasin de la ville plutôt que d’utiliser des bouteilles en plastique.

Quant à l’alimentation au sein du festival, Pierre Beffeyte privilégie une alimentation bio et de proximité pour tout le monde dans le village du Off, pour les artistes comme pour le public.

Pour diminuer la consommation électrique, le festival se donne pour objectif d’élaborer des partenariats pour financer l’équipement des 200 théâtres en LED.

Avignon centre

Le Off d’Avignon conjugue donc plutôt bien culture et écologie. Que ce soit avec cette volonté d’entrer en synergie avec le territoire en favorisant le local et le dialogue avec les commerçants, ou en allant jusqu’à remettre en cause son propre mode de communication, quelque chose de politique se passe pour l’institution : une prise de conscience (dont nous avions déjà pu ébaucher les contours avec les propos de Pierre Beffeyte) qui cherche à promouvoir coûte que coûte une nouvelle écologie de l’art.

D’ailleurs, Avignon n’est pas le seul festival à être animé par cette préoccupation écologique. Celle-ci se retrouve également au cœur d’une concertation entre plusieurs festivals du Sud de la France, dont le Festival d’Avignon (IN) et le Festival Off font tous les deux partie.

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QUAND L’UNION FAIT LA FORCE…

Le Collectif COFEES, un collectif de festivals solidaires et éco-responsables

Parfois, pour mieux affronter des enjeux sociétaux de taille telle que l’écologie, se fédérer peut être un bon moyen pour penser tous ensemble une culture de demain qui soit plus verte et responsable dans sa démarche de production et d’organisation. Le collectif COFEES est en ce sens un bon exemple. Celui-ci réunit une pléiade de festivals engagés dans des démarches écoresponsables et solidaires. Toutes ces manifestations hautement culturelles ont pour ambition de converger au fur et à mesure vers des pratiques communes, placées sous le crédo du Développement Durable et de la Responsabilité Sociale des festivals.

Pour l’heure, le collectif comprend en son sein 16 festivals. Tous se déroulent dans 6 départements de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et tous ont pour objectif de concilier la promotion d’une pluralité artistique et une démarche d’organisation éco-responsable

En ce qui concerne les valeurs, le collectif essaie de porter une véritable attention aux besoins et aux attentes des parties prenantes. Il s’agit par exemple de s’ancrer dans tout le territoire en engageant et en maintenant le plus possible des liens avec les acteurs territoriaux, ainsi qu’avec les populations. On retient aussi une volonté de favoriser les circuits courts et de partager, de promouvoir, de sensibiliser les valeurs défendues en pratique auprès du public. 

Maintenant, du côté des enjeux, les membres du Collectif sont aussi concernés par ce qu’ils appellent « le droit fondamental à la diversité culturelle », autrement dit le droit à choisir et vivre sa culture. Un droit qui est au fondement de la libre expression des populations, conformément à la Déclaration de Fribourg, qui proclame ce que l’on appelle des droits culturels. Ces droits culturels se définissent en outre comme « l’ensemble des références culturelles par lesquelles une personne, seule ou en commun, se définit, se constitue, communique et entend être reconnue dans sa dignité ». C’est d’ailleurs ce même droit à la diversité culturelle imbriqué à la responsabilité écologique qui va participer à conférer en quelque sorte un critère de légitimité à toutes les manifestations culturelles qui souhaiteraient rejoindre le collectif qui se donne pour ambition de rayonner à l’international.

Face à l’urgence des enjeux écologiques et sociétaux actuels, le Collectif des Festivals Éco-responsables et Solidaires arrive à s’affirmer comme un acteur important dans le secteur culturel de toute une région. Au niveau des chiffres, toutes les manifestations culturelles adhérant aux valeurs du collectif (16) rassemblent tous les ans plus de 707 000 spectateurs. Les festivals du collectif sont en tout présents sur 6 départements. Ils représentent des potentialités d’emplois considérables, puisque toutes ces organisations impliquent 150 CDI et plus de 2300 contrats ponctuels. Au-delà de l’argument économique, le collectif s’attache à faire émerger et à surtout à faire vivre le potentiel de diversité culturelle de la province. De la musique actuelle, en passant par la musique classique, le spectacle vivant ou bien encore l’opéra :  tout y est ! Ce bel exemple de synergie collective nous a semblé être un signe fort et responsable d’un secteur culturel qui, par une ingénieuse mécanique de collaboration, parvient mine de rien à enclencher décisivement la transition écologique de la culture, en faveur de pratiques respectueuses de l’environnement.

 

Pour une transition écologique et durable de la culture

Pour faire fonctionner l’équation culture et écologie, on remarque que c’est bien souvent le développement durable, une valeur que les acteurs et/ou les institutions revendiquent -en acte- comme étant au premier plan de l’organisation de leurs manifestations. Tout ceci est politique. Il s’agit d’une politique culturelle qui prend conscience, au fur et à mesure, que pour converger tous ensemble vers société durable il faut avant tout favoriser le lien social, la transmission, le débat et l’incarnation des enjeux écologiques. C’est bel et et bien d’un mouvement engagé dont il s’agit là. Le défi actuel auquel est confronté le secteur culturel dans son ensemble c’est de renouveler les fondements de la culture commune et tentant le tout pour le tout d’avoir voix au chapitre de la transition écologique de la culture.

 

Visuels : 

©photodelacouverturedelabrochuredeChaillot

©Terres du Son, Domaine de Candé, Monts (37), 2018. DR.

©visuelTDSedition2021

©photosdelexpoMaifsocialclub/Edouard Richard

©Visuel: visistedel’expomaifsocialclub/L.Rekiba 

 

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