Politique culturelle

Pierre Beffeyte : « Je n’ai pas le pouvoir d’annuler le Festival Off d’Avignon. »

Pierre Beffeyte : « Je n’ai pas le pouvoir d’annuler le Festival Off d’Avignon. »

08 avril 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Pierre Beffeyte préside l’association Avignon Festival et compagnies, le Off d’Avignon. Quelques minutes après les annonces d’Olivier Py, nous l’avons interrogé sur la survie du plus grand salon du théâtre européen.

Combien de spectacles attendez-vous en 2020 ?

Je n’ai pas la réponse à cette question car nous avons reporté les inscriptions, qui devaient avoir eu lieu fin mars. Nous ouvrons la plateforme du 10 au 30 avril . Le 30 avril est la date butoir pour avoir un programme imprimé. Nous pourrions, si nous n’avons pas d’autre choix, en faire une version numérique. Il faut rappeler que « tout » est fait depuis longtemps, les compagnies ont déjà loué leur appartement et leurs créneaux dans leur théâtre.

En 2003 nous l’avons vu, le Off avait grandement souffert de l’annulation du In. 17 ans après, est-ce la même histoire ?

Cela dépend des raisons de l’annulation. La raison pour laquelle les salles sont fermées et un vrai enjeu. Si l’annulation est sanitaire, In et Off sont dans le même bateau, le festival Off n’aura pas lieu dans ce cas. Cela coule de source, les salles n’auront pas le droit d’ouvrir, les compagnies ne pourront pas jouer. Les contrats seront annulés et les compagnies s’en sortiront a peu près indemnes. Les théâtres en revanche perdraient toutes leurs  rentrées d’argent, et, je rappelle que beaucoup vivent toute l’année grâce à leurs revenus pendant le festival. Il faudra alors aider les théâtres qui sont dans une situation compliquée.

En revanche, si ce n’est pas un cas de force majeure, comme en 2003, les théâtres pourront décider d’ouvrir mais les compagnies auront du mal à venir, car elles n’auront pas pu répéter ou, après plusieurs mois d’arrêt, seront sur la paille. Dans ce cas, il faudra aider les compagnies, c’est plus difficile. Parmi les théâtres certains ont les reins solides, ce n’est pas le cas des compagnies.

Olivier Py a parlé en conférence de presse, il y a quelques heures, non pas d’une annulation mais d’un report possible.

Nous décalerions également. J’ai toujours pensé que ce serait suicidaire d’avoir un Off sans le In , cette idée je la défends en mon nom. Le conseil d’administration peut penser autre chose. Un décalage peut être une opportunité. S’ il s’agit de de 15 jours, on décalera et tous les publics pourront venir dans de bonnes conditions.

Le Off n’a pas de programmation, vous n’avez pas la main sur les théâtres; quelles sont les solutions d’aide aux artistes ?

Les solutions sont toujours les nôtres. Notre fonds de soutien aux artistes est lié au fait que les artistes touchent un salaire. J’ai sensibilisé l’ensemble des pouvoirs publics : il y aura des structures qui auront des difficultés et qui devront être aidées. J’ai averti, et j’ai la sensation d’avoir une écoute à mes demandes . Ils sont très conscients, je suis en lien très direct avec la Drac, le ministère, le préfet, le In…

Depuis votre arrivée vous n’avez eu de cesse de professionnaliser le Off, cette crise sans précédent vous donne -t-elle l’envie de nouveau modes de production de spectacles, numériques par exemple ?

des idées pour le Off j’en ai en réserve, si le Off devait être a annulé ce serait une occasion de redéfinir les relations entre les acteurs du off pour lisser les disparités de fonctionnement. Ce serait l’occasion de s’interroger sur les nouvelles solidarité à envisager ? Au off il y a une opportunité à saisir.

D’ailleurs, avez-vous le pouvoir d’annuler le OFF ?

Non pas du tout, je n’ai pas le pouvoir d’annuler le Festival Off d’Avignon.

Visuel : Autorisation Pierre Beffeyte-DR

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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