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Rencontre avec Hugues Barbotin le directeur programmateur du festival TERRES DU SON.

Rencontre avec Hugues Barbotin le directeur programmateur du festival TERRES DU SON.

18 mai 2017 | PAR Laetitia Zicavo

Du 7 au 9 juillet, le festival Terres du Son prendra ses quartiers dans la vallée de la Loire. A cette occasion nous avons rencontré Hugues Barbotin, directeur et programmateur de cette proposition éclectique et responsable dont la billetterie est déjà ouverte

Vous menez aussi des actions de sensibilisation et de solidarité. Vous considérez-vous comme un festival engagé?
Nous mettons en effet en place de nombreuses actions de sensibilisation et de solidarité depuis l’origine du festival car nous avons la volonté de monter un projet qui a du sens, et qui répond à des enjeux d’utilité social. Nous organisons l’événement comme un projet d’échanges, de collaborations, de partage, et notamment pour les personnes qui nous sommes les plus éloignés de ce bien précieux qu’est la musique. C’est un moment privilégié pour véhiculer des messages qui nous paraissent fondamentaux. Nous ne nous considérons pas comme engagé, nous faisons ce qui nous semble être juste, utile et important, en essayant de rééquilibrer les choses. La dernière étude de notre public, nous dévoile que les festivaliers viennent avant tout pour l’esprit du festival, ses valeurs, et l’ambiance particulière qu’on y trouve, avant même la programmation.

C’est déjà la 13e édition du festival « Terres du son » . Comment a-t-il évolué ? Quelles sont les nouveautés cette année?
Nous sommes passés de 2 scènes à 6, de 23 groupes accueillis à près 100, de 5 associations à plus de 30 dans le village, de 2500 festivaliers à 48 500, d’un parc expo à un château, de 5 restaurateurs à près de 30, de 120 bénévoles à 980, de 0 salarié à 6, … avec toujours autant d’envie de faire plaisir, d’offrir des moments de partage et de découverte uniques. Une équipe de bénévoles investis à l’année toujours fidèle pour défendre les valeurs d’un projet associatif qui se veut accessible au plus grand nombre (un écovillage gratuit avec près de 50 concerts, plusieurs projets avec les structures d’insertion,.. ), ouverts sur les esthétiques musicales.
Cette année, plusieurs projets artistiques originaux avec 2 cartes blanches, une au label Roche Musique (FKJ), l’autre au label Brigante record (Biga Ranx) ; et une création artistique en coproduction avec les Eurockéennes notamment autour de Bachar Mar Khalifé. Un écovillage qui évolue, comme tous les ans, avec de nouveaux ateliers et animations, des propositions entièrement dédiées au public sourd et malentendant, un camping réaménagé et sa chaine de tri sélectif grandeur nature, ses navettes gratuites toujours plus nombreuses, …

Votre programmation est très éclectique. Pourquoi ce choix?
Plusieurs raisons à cette programmation éclectique…
Donner à tout le monde la possibilité de s’y retrouver,
Permettre de mixer les publics, et ainsi provoquer des rencontres improbables,
Offrir la possibilité au public de faire parler son sens critique, d’être étonné, surpris, d’aimer, d’adorer, de détester,
Permettre à tous de découvrir un artiste ou un style, par hasard, dont il n’aurait jamais imaginé qu’il lui plairait un jour … de donner envie aux gens de découvrir, d’être curieux en se disant que la musique live fait vivre des instants uniques.
Pourquoi avoir décidé de mettre en avant le régional dans votre programmation musicale ?
Terres du son est un festival de territoire, qui souhaite le valoriser et être une vitrine de ce qui s’y passe… En parallèle, nous voulons offrir aux groupes locaux et régionaux la possibilité de se produite devant un nouveau public, dans de bonnes conditions techniques. Il y a aujourd’hui près de 500 groupes en Touraine et près de 1500 sur le territoire régional, un foisonnement de projets donc, mais aussi de nombreuses structures d’accompagnement reconnues sur le plan national comme Jazz à Tours, Tous en scène, ou la Fracama, avec qui nous collaborons pour offrir des places de choix aux artistes qu’ils accompagnent.
Le local se retrouve aussi autour des concerts : pouvez-vous nous en parler ?
Nous souhaitons montrer le meilleur de notre territoire, que ce soit sur la dimension artistique ou sur les questions de l’alimentation, l’art, ou les projets associatifs. Ainsi, nous avons obtenu le label « Tours cité de la gastronomie » pour valoriser nos actions autour des circuits courts et la qualité de nos restaurations et nos partenariats avec les vignerons « natures » de la région. Cette attention, nous la portons à la fois en interne pour notre organisation (près de 10 000 repas) et pour le public avec l’espace Touraine sur le village proposé par 12 paysans locaux, ou encore l’espace de restauration « Candéloco » sur la prairie avec ses plats et son bar 100% locaux. Nous offrons aussi aux artisans créateurs locaux une place de choix au cœur du village pour montrer leurs créations, et promouvoir leur activité. Enfin, toutes les associations présentes sont du cru, elles animent le village et la prairie, exposent leurs actions et font participer les festivaliers à différents ateliers qui mettent en scène leur projet.
Quelle est votre politique d’accueil vis-à-vis du public? 
L’accueil des publics est un point déterminant dans la réussite d’un festival, la fidélisation de son public, et la condition sine qua none pour offrir un moment privilégié à notre public. De nombreux espaces de détente et de nombreuses animations parallèles (espace « libre » avec de nombreux jeux, des ateliers « jeune public », des projections de film DD, des expositions …) sont proposées, un éco-village en accès gratuit est pensé comme le poumon vert de l’événement pour venir découvrir des paysans et artisans créateurs locaux ou encore des associations engagées dans la défense de l’environnement. Un important travail sur la décoration et la scénographie du site est également réalisé avec l’intervention de nombreux plasticiens, graffeurs, bricoleurs, ingénieurs lumière …
Un engagement dans une démarche éco-responsable depuis des années. Au-delà des traditionnels gobelets et toilettes sèches, mis en place depuis 2007 sur le festival nous proposons de nombreuses actions autour des différentes thématiques environnementales : l’alimentation, l’énergie, les transports, les déchets, la sensibilisation. Le festival réalise tout les ans un bilan carbone permettant d’améliorer sans cesse la démarche. L’idée n’est pas d’être irréprochable car cela serait bien trop contraignant mais de faire toujours mieux et de limiter notre impact au maximum. L’objectif est avant tout de sensibiliser notre public aux enjeux environnementaux et plus largement au développement durable au-delà de l’approche écologique, sur les aspects économiques et sociaux
C’est dans ce sens qu’un gros travail est fait autour de projets permettant de multiplier les liens avec les structures d’insertion (IME, ITEP, les publics en difficultés financières et sociales), en amont du festival sur des projets spécifiques (ateliers de décoration, confection de jus de pomme local, fabrication d’un instrumentarium à partir d’objets de récupération, …). Mais aussi, un gros travail sur l’accessibilité des publics avec des aménagements facilitant l’accueil des publics handicapés (adaptation des guichets, transports spécifiques, communication en braille et conception des supports réadaptée, accès carrossables, plateformes,…) et des propositions artistiques qui leur sont dédiées (spectacles en langue des signes, débats signés, colonnes vibrantes, boucles magnétiques, …).
Pour piloter ces actions, le festival a fait le choix depuis 2013 d’embaucher une personne à temps plein en CDI et un service civique.

Visuels : ©Maxime Hillairaud

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Laetitia Zicavo

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