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« Champs libres », entrez dans la douce clairière du Maif Social Club

« Champs libres », entrez dans la douce clairière du Maif Social Club

30 janvier 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Parler de la détresse écologique, encore, sensibiliser encore, c’est ce que Le Maif Social Club propose dès demain et jusqu’au 18 juillet.  Une expo comme toujours dans ce lieu que l’on aime tant, où il faut prendre le temps, et se balader… comme dans une forêt.

Depuis 4 ans, on a vu cet espace dans tous les états possibles, en cabane, en plein rêve… Cette fois, il  est de plein pied mais pieds nus ! Il faut se déchausser pour fouler le sol, qui est une oeuvre toute en tapis pensée par la scénographe Isabelle Daëron sous le commissariat de Julie Sicault Maillé. Les éléments se mêlent sur ce sol qui fait référence à la terre, à l’eau, à l’air.  Et devant chacune des 14 œuvres, ce tapis prend la couleur du thème travaillé par l’artiste.

Devant Lisp of tree de Olga Kisseleva ce sont des teintes vertes qui s’approchent. L’oeuvre est intime, elle est belle. Il s’agit de trois bocaux figurant la forêt amazonienne en feu. Le projet EDEN (Ethique durable écologie nature) vient sauver les plantes en voie d’extermination. Elle nous raconte qu’en France, elle a travaillé avec des scientifiques pour empêcher les Ormes de mourir. Ici, les trois verres sont les trois étages de la forêt, du sol jusqu’à la canopée. On peut la voir, on pourrait la tenir dans nos mains. Le petit est ici l’immense. Dans une résonance totale, juste en face en passant par une agora surélevée où il fait bon s’asseoir, on tombe en amour pour le glacier de Barthélemy Antoine-Lœff. Tipping point est un hommage sensible à la disparition du glacier Okjökull qui s’est éteint en 2014. Toutes les 30 minutes une goutte d’eau tombe sur ce morceau de glace lui aussi sous verre. Dans six mois, il sera un peu grand. L’oeuvre est d’une poésie folle, et en même temps si politique. Cette oeuvre montre que la chose la plus simple : la glace, n’existe plus là où elle est vitale. 

Vous l’aurez compris, la beauté ici planque les mauvaises nouvelles. A ce jeu, la ligne de fuite de Pekka Niittyvirta Timo Aho est furieusement efface. Lines est un néon placé à 1’50 du sol qui quand les eaux montent entre le Havre et Paris s’allume, et ce matin, à 9H30, il était allumé. Efficace.  Il est haut, bien trop haut pour que l’on puisse continuer à marcher pieds nus sur le sol. Il indique que dans quelques dizaines d’années si on ne fait rien, on sera submergés.

Alors pour se calmer, par exemple, on met sa tête dans les arbres de Vaughn Bell. Vraiment.  Ses vivariums ( Village vert)  sont construits sur place avec les écoles du territoire.  Ici, le Lycée polyvalent des métiers de l’horticulture et du paysage de Montreuil.

L’ensemble des 14 œuvres vient dire avec des matériaux différents, issus de la récup’ ( Stefan Shankland , Lucy + Jorge Orta, Laurent Tixador ) ou de la nature comment agir en tant qu’artiste pour ralentir la chute.  N’hésitez pas à entrer dans cet espace où l’on peut toucher, faire tourner les roues, s’asseoir par terre… C’est un lieu libre et vivant. Et pendant la durée de l’exposition, la programmation se gonfle de spectacles, d’ateliers et de performances.  Toutes les informations sont ici.

Visuels : ©Maif Social Club

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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