Arts

L’artisanat d’art à Forcalquier, un rayonnement provençal

L’artisanat d’art à Forcalquier, un rayonnement provençal

29 mai 2019 | PAR Emilie Zana

Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, propose depuis avril 2019 un nouvel itinéraire artistique permettant de découvrir les créateurs et artisans d’art implantés sur son territoire à travers la Route Numérique des arts. L’occasion également de découvrir un lieu historique et culturel d’exception.

Il fait bon vivre à Forcalquier, Forca pour les intimes. En dehors d’un air extrêmement pur, y règne une atmosphère à la fois paisible et animée, voire stimulante. Les marques du passé médiéval de ce village nous plongent dans l’Histoire, que ce soit grâce à la chapelle Notre-Dame-de-Provence (datant de fin XIXe) sur l’ancienne citadelle de la ville offrant une vue panoramique époustouflante, ou encore avec le Couvent des Cordeliers, fondé au 13e siècle, abritant aujourd’hui L’Université européenne des saveurs et des senteurs. Cet aménagement fait d’ailleurs écho au riche programme culturel de Forcalquier, en phase avec son temps et pour tous les goûts :

Un marché régional tous les lundis donne un avant-goût des « saveurs et des senteurs » de la Haute-Provence, du nom de La Route des saveurs et des senteurs, itinéraire touristique créé en 2011 permettant d’allier plaisir des sens et savoir-faire local.

La ville organise également pendant l’été et depuis 9 ans le festival Cooksound, mettant un point d’honneur sur le caractère éco-responsable du festival qui propose également des produits locaux de qualité et abordables. Le programme de cette année sera Funk, Groove and Soul, et se tiendra du 18 au 21 juillet au Couvent des Cordeliers.  

 

Un nouvel itinéraire artistique

Mais la grande nouveauté cette année à Forcalquier, c’est La Route numérique des arts, un itinéraire artistique créé en avril 2019 permettant de valoriser le savoir-faire unique d’une centaine de créateurs et artisans d’art implantés sur le territoire. Les circuits mis en place sont thématiques, et permettent de découvrir non seulement un savoir-faire d’excellence, mais également un mode de vie propre à ces artisans qui ont pour beaucoup la particularité de dégager une force tranquille impressionnante et bienveillante. Les ateliers, lieux de création par excellence, sont souvent une annexe de l’habitation de l’artisan, et deviennent un lieu de partage lorsque des cours et des stages y sont organisés tout au long de l’année. Cet itinéraire permet également de se rendre compte du quotidien de ces artisans d’art, qui s’adaptent, s’exportent, se réinventent malgré leur situation géographique relativement isolée.

Nous sommes partis à la rencontre d’un florilège d’artisans au savoir-faire et à la singularité remarquables, qui nous ont accueillis chaleureusement à Forcalquier même et dans les environs. Voici un petit aperçu de ces mines d’or et d’art :

Sylvie Hooghe est céramiste. Elle n’utilise pas de tour mais assemble les pièces entre elles, ce qui donne à ses objets un aspect à la fois brut et délicat. Elle est récemment revenue de Chine, où elle a utilisé différentes techniques et a d’ailleurs rapporté de son voyage des pièces fabriquées avec de la porcelaine locale. Elle organise un marché de la céramique le 20 juillet et propose également dans l’année des cours pour adultes.

Myriam Ait Amar, également céramiste, utilise quant à elle un tour pour créer des pièces douces et épurées et dont elle magnifie les irrégularités par de fines dorures ou par de jolies empreintes de dentelle. On peut retrouver grâce au salon Maison&Objet quelques unes de ses pièces dans des magasins de décoration, comme Les Autruches ou Les Fleurs, tous deux situés à Paris.

Vanessa Krolikowski et Romuald Sourisse, relieurs et doreurs spécialisés dans les reliures islamiques et maîtrisant également les reliures japonaises et européennes, sont installés au Garage L, un ancien garage où ce sont désormais des livres dont on prend soin. Combinant techniques et matériaux anciens et modernes en fonction de la demande et de l’effet recherché, ces artisans s’appliquent avec passion et ingéniosité à analyser, restaurer ou inventer et recréer tous types de support et d’écriture ; des partitions, un livre à forte valeur sentimentale, des documents historiques à reproduire pour les musées… Ils proposent également des stages et formations, que vous pouvez retrouver ici.

Visuels : Démonstration de Vanessa Krolikowski sur des marques pages Geisha de sa création durant laquelle elle fait « chanter sur l’éponge » ses outils préalablement chauffés, dans le but de vérifier que la température est idéale pour l’application de la dorure, à droite : création originale de Romuald Sourisse. 

On retrouve Ans Barillé, généreuse vitrailliste qui travaille en musique dans le hameau du Rocher d’Ongles. Sa formation rigoureuse, à l’origine en restauration du patrimoine, l’a mené à se rediriger vers la création. Elle découpe le verre, le colore, assemble les pièces qu’elle monte au plomb et soude aux intersections… tout en jouant avec la transparence et la texture du verre mais aussi de la couleur, ce qui donne des vitraux créatifs et colorés. Elle donne également des cours, et fait partie d’une association d’artisans qui organise cette année un Symposium Artistique du 1er au 7 juillet, lieu de rencontre et de création où seront réunis plusieurs artistes locaux et européens. 

Au village reculé de Saint-Michel l’Observatoire, c’est au tour du maroquinier Alain Bayle de nous présenter son travail. Cet artisan confectionne des articles uniques et de qualité, faits-main : sacs, ceintures (et notamment la ceinture sans boucle TipTop, son produit phare), accessoires décorés par de jolies coutures… Il récupère le cuir chez le tanneur et le travaille à l’aide d’outils de maroquinerie et d’outils traditionnels de sellerie, activité qu’il apprécie particulièrement étant lui-même ancien cavalier. 

Enfin, Isabelle Martin, tourneuse sur bois, nous parle des différents bois (majoritairement locaux) avec lesquels elle aime travailler, et qui pour elle « font appel à tous les sens » ; en regardant, touchant et écoutant le bois qui tourne, Isabelle apprend à le connaître. Elle atteint l’épaisseur désirée et joue avec sa transparence et sa couleur, tout en mettant minutieusement l’accent sur les marques du bois, fruits du hasard, qui donnent à ses créations un caractère unique

 

Au beau milieu d’une nature luxuriante, ces artisans font de Forcalquier un lieu inspirant, bouillonnant d’activités artistiques, et participent à son rayonnement. 

 

Quelques adresses, à Forcalquier et alentour : 

#irresistiblealpesdehauteprovence

#visit04

www.alpes-haute-provence.com

 

Visuels : © Anaïs Joly (Forcalquier et Librairie Le Bleuet). © M Shellard (Rocher d’Ongles). Ateliers des artisans © EZ

Snail Mail & Soccer Mommy : de l’Indie à La Maroquinerie
Alice In Chains : Une messe noire sous haute tension  dans un Olympia sold out ! 
Emilie Zana

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *