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Covid-19 : La culture touchée en plein coeur

Covid-19 : La culture touchée en plein coeur

10 mars 2020 | PAR Clémence Varène

Dimanche soir, le Ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé une nouvelle mesure visant à freiner la diffusion du virus : l’annulation des rassemblements de plus de « 1000 personnes en milieu confiné ».

Alors qu’une première mesure mettant un stop aux rassemblements de plus de 5000 personnes avait déjà mis sur pause une partie de la vie culturelle française, avec l’annulation de nombreux événements comme Livre Paris, ou le Paris Manga et Sci-fi show, l’évolution rapide du coronavirus entraîne une nouvelle vague de fermetures. Dans les zones à risque, la très grande majorité des salles pouvant accueillir du public ont déjà fermé leurs portes, et ce, peu importe la taille. Cela entraîne des pertes colossales pour les petites salles et les petits producteurs qui, après les grèves de décembre, sont déjà souvent dans une situation délicate.

Actuellement, ce sont plus de 300 salles de spectacles à travers la France qui sont concernées par ces nouvelles mesures. Depuis dimanche, les décisions tombent, prises au cas par cas par les préfets. Ainsi, à Paris, la Philharmonie et la Salle Pleyel ont annulé tous leurs concerts. De même pour l’AccordHotel Arena de Bercy, qui a supprimé ou reporté tous ses concerts jusqu’à fin mai !

Mais alors quel coût pour ces lieux culturels ? Le remboursement des tickets, la mise entre parenthèse de performances, devoir recontacter tous les techniciens, voilà ce que redoutent les salles. Le Théâtre Chaillot, s’il n’avait pas trop souffert des grèves de décembre, se retrouve actuellement dans une situation délicate, avec un spectacle maintenu, un annulé, et un en attente de nouvelles décisions ministérielles et préfectorales. Joins par téléphone, le service de presse annonce qu’il n’y a « pour le moment aucun effet du Coronavirus tant que les représentations sont maintenues. » Comme dans la majorité des salles, les mesures sont prises au jour le jour, et le monde des arts reste en suspens.

C’est sans doute pour prévenir ces conséquences désastreuses que certaines salles, certains musées, pouvant pourtant accueillir plus de 1000 personnes, gardent pour l’instant leurs horaires et leur accueil habituel. Le Théâtre de l’Odéon, Orsay, le Palais de Tokyo… Ils ont choisi de rester ouverts, en incitant tout de même les personnes présentant des symptômes, ou revenant de zones à risques à rester chez eux. Pour braver la restriction du Ministère, ils limitent cependant le nombre de places en vente, afin de pas dépasser la barre des 1000. C’est la politique employée à La Villette. De même, Dorothée Mireux, attachée de presse au Centre Pompidou, explique que « la jauge maximale de 10 700 personnes, Bpi incluse », sera limitée pour ne pas dépasser plus de 1000 personnes dans chacun des différents espace. Elle ajoute cependant que pour l’instant, « [ils n’ont] pas de retour sur les pertes éventuelles ». Ainsi, toutes les mesures prises ne sont pas drastiques, avec des fermetures pures et dures de l’ensemble des locaux. Au Musée du Louvre, si les visites ne sont pas interdites, le nombre en est considérablement réduit. Seuls les visiteurs munis d’e-billets ou ceux bénéficiant de la gratuité sont autorisés à rentrer.

Mais plus que les mesures ministérielles, ce sont malheureusement les citoyens eux-mêmes qui, par soucis de sécurité, portent un coup à la culture. En effet, depuis le début de la crise sanitaire, les annulations venant des spectateurs sont nombreuses, et ces chiffres ne font qu’augmenter. Cette désertion artistique est un des facteurs de report d’expositions, de concerts, mais aussi de sorties de film. C’est le cas du tant attendu prochain volet de James Bond, Mourir peut attendre, dont la sortie, initialement prévue en avril, a été reportée à novembre 2020.

Face à ces difficultés hors du commun, le Ministère de la Culture a évoqué la mise en place d’un plan d’urgence pour venir en aide aux lieux impactés, selon le Syndicat Français des Artistes Interprètes. Mais si ce virus semble aussi bien sanitaire que social, il a pourtant certains effets positifs des plus surprenant sur la culture. Depuis fin janvier, les ventes de La Peste de Camus ont explosé, de même que les téléchargements du film Contagion, de Steven Soderbergh, numéro 1 sur iTunes fin janvier !

Visuel : © Creative Commons Flickr

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Clémence Varène

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