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Oscars 2014: foin des résultats, vive les nominations !

Oscars 2014: foin des résultats, vive les nominations !

16 janvier 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Inattendu, fraîcheur et risque se mêlent dans la liste de ces nominations. On salue l’intelligence des sélectionneurs, qui ont su citer de vrais talents et de vrais styles, à mille lieues du convenu et du tiède.

OscarsEt non : une larme de Barack Obama ne vaut pas une nomination. La biographie d’un grand homme politique ? Un peu trop vu et revu. Un Coen ? Déjà fait. Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal ? On peut faire plus sexy. Peter Jackson ? On va pas encore lui en donner onze ! Vous l’aurez peut-être compris : Le Majordome, Mandela : un long chemin vers la liberté, Inside Llewyn Davis, Prisoners et Le Hobbit : la Désolation de Smaug ne font pas partie, pas plus que leurs interprètes, des nommés aux Oscars en 2014. En lieu et place de ces valeurs sûres, des choix plus audacieux.

On peut parier que le meilleur film et le meilleur réalisateur iront à 12 years a slave, réalisé par Steve McQueen. Steve McQueen ? Voyons, l’artiste contemporain passé à la réalisation ! l’auteur de Hunger, film sur Bobby Sands et sa grève de la faim dans les geôles irlandaises, qui révéla Michael Fassbender en 2008. Et de Shame, où il s’amusa, en 2011, à faire de ce même Michael Fassbender un « sex-addict ». Surtout, ne lui parlez jamais de Steve McQueen, l’autre. Il risquerait de se mettre très en colère, et de vous confier le rôle principal de son prochain film, au sujet sulfureux comme toujours.

Les autres nommés appartiennent à une génération de réalisateurs qui entrent dans leur pleine maturité. Ont-ils leur chance cette année ? Alexander Payne, l’intimiste, le sensible, après ses nominations en cascade pour Sideways et The Descendants, obtiendra-t-il quelque chose de conséquent avec Nebraska  ? David O. Russell le goguenard, auteur de Fighter et Happiness Therapy,  sera-t-il consacré, après son ascension, qu’il doit en partie à ses acteurs, avec American bluff ? Les délires de Spike Jonze, réalisateur de Dans la peau de John Malkovich, séduiront-ils encore dans Her ? En tout cas, ces nominations vont à de véritables auteurs, dotés de styles personnels. Et on retrouve même Jean-Marc Vallée le québecois ! Le réalisateur de C.R.A.Z.Y. (2005), qui revient cette année avec un film au sujet passionnant et provocateur, Dallas Buyers Club.

Du côté des acteurs, même fraîcheur. Matthew McConaughey, interprète de Dallas Buyers Club et ancien bellâtre repenti, poursuit en beauté sa demande de pardon. Jared Leto est enfin revenu de Mars : on le salue. Leonardo vaincra-t-il ? Peut-être pas. Que le chemin est long ! On ne demande qu’à voir le jour où il recevra enfin un Oscar : dans dix ans si possible, histoire qu’on obtienne le plus beau des effets… Et un cas singulier : Julia Roberts, qui joue les seconds rôles ! La roue tourne très vite.

Notre ami Marty se glisse parmi cette jeune génération. Preuve de ce qu’on a constaté il y a quelques jours : il a toujours 30 ans, le bougre ! Ca conserve, le cinéma, quand on le pratique avec la plus extrême des passions.

Que peut-on dire pour conclure ? Vive Stephen Frears ! Il n’est pas sûr que le discret britannique, réalisateur de Philomena, en salles actuellement, obtienne la suprême récompense. Mais ces nominations font figure d’hommage vis-à-vis de sa brillantissime carrière. Jugez plutôt : My beautiful laundrette (1986), Les Liaisons dangereuses (1989), Les Arnaqueurs (1991), Héros malgré lui (1993), Madame Henderson présente (2005), The Queen (2006), Tamara Drewe (2010)… Stephen Frears, symbole du style et de l’indépendance –un peu relative, studios obligent, mais bon- qui court dans ces nominations ? Vive lui !

Vive les français également : Ernest et Célestine, excellent film d’animation, et Avant que de tout perdre, court-métrage. Enfin, enfin, croisons les doigts pour que La Grande Bellezza, magnifique film injustement boudé à Cannes, reçoive l’Oscar du meilleur film étranger. On ne sait pas ce que tout cela va donner, mais on le crie quand même: vive les Oscars 2014 ! Vive le cinéma qui avance !

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

One thought on “Oscars 2014: foin des résultats, vive les nominations !”

Commentaire(s)

  • somapraba

    Joli et optimiste ,
    merci

    janvier 19, 2014 at 21 h 29 min

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