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[Critique] Minari de Lee Isaac Chung : Rien de nouveau sous le soleil de l’Americana

[Critique] Minari de Lee Isaac Chung : Rien de nouveau sous le soleil de l’Americana

18 juin 2021 | PAR quentin didier

Le réalisateur américain d’origine sud-coréenne implante son nouveau film au beau milieu de l’Arkansas, état rural des Etats-Unis où il a lui-même grandi. Ce drame suit les déboires d’une famille sud-coréenne qui tente de rejoindre les deux-bouts. Mais n’a-t-on pas déjà vu maintes fois l’American Dream prendre place dans ces immenses champs sauvages ?

Avec un passage remarqué dans d’importants festivals (Sundance, Deauville puis les Golden Globes et les Oscars) Minari arrive déjà avec une solide réputation. Produit par le studio Plan B Entertainment qui fait les beaux-jours du cinéma d’auteur américain (The Tree of Life, Twelve Years a Slave, Moonlight, Vice et tant d’autres), il s’inscrit cependant dans un paysage cinématographique déjà bien balisé. Celui des œuvres étiquetées sous le label ‘’indépendant’’ par opposition aux blockbusters plus bêtes et méchants. Des œuvres finalement elles aussi très codifiées et dont le nombre ne manque pas.

Des champs déjà maintes fois parcourus

Malheureusement le film de Lee Isaac Chung n’apporte rien de neuf dans le paysage du drame indépendant américain. C’est en effet loin d’être la première fois que l’on découvre l’histoire d’une famille qui s’installe au beau milieu de nulle part, avec pour rêve de repartir à zéro et de conquérir le monde à leur manière. Jacob (incarné par Steven Yeun) promet à sa famille que la ferme qu’il vient d’acheter avec quasiment toutes leurs économies, tournera un jour du feu de Dieu. Mais son travail acharné dans les champs de l’Arkansas peine à payer. Alors les superbes paysages de l’Americana (nom donné à l’esthétique de l’Amérique rurale) se laisse contempler, métaphorisant les songes et les passions des personnages. La réussite est pour Jacob et sa famille encore loin, elle est aussi difficilement atteignable que le sol est difficile à dompter. Une jolie thématique socio-culturelle (trop) régulièrement parsemé dans les mélodrames américains.

Un soupçon d’originalité

Monica (Han Ye-Ri), épouse et mère de deux enfants, commence à perdre patience et espoir. Le mal du pays qui l’affecte est soulagé par l’arrivé de sa mère, un personnage excentrique qui vient bouleverser un quotidien de plus en plus rude pour la famille. Youn Yug-jung s’offre l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle avec une prestation décalée et partiellement efficace. Elle créée un choc de cultures avec ses coutumes typiquement coréennes, alors que le reste de sa famille tente de vivre à la façon américaine. Cependant rien de bouleversant pour le spectateur, le film suivant un schéma déjà tout tracé où espoirs se confondent avec illusions. C’est malheureusement de la même manière que les mélodrames comme celui-ci se confondent et s’oublient aisément, attentes rimant avec déjà vu et déception.

Visuel : ©Dossier de presse

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quentin didier

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