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[Critique] « Prisoners », thriller psychologique sombre et angoissant

[Critique] « Prisoners », thriller psychologique sombre et angoissant

08 octobre 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=4]

Denis Villeneuve est un réalisateur qui aime jouer avec le spectateur, il aime le faire douter de ce qu’il voit à l’écran. Avec « Incendies » en 2011, le réalisateur canadien avait lancé sa carrière en livrant un film complet, prenant aux tripes et surprenant du début à la fin. Avec « Prisoners », qui marque sa première incursion à Hollywood, il réussit à faire de même et délivre un thriller noir où le spectateur tente en vain de mener une enquête aux multiples rebondissements.

Le scénario de Aaron Guzikowski est une pure merveille, il arrive à tromper le spectateur grâce à ses nombreuses ficelles qu’il tire pendant tout le film pour nous surprendre et nous secouer moralement. Le film se déroule dans la banlieue de Boston où deux fillettes de 6 ans ont disparu. La thèse du kidnapping est privilégiée suite au témoignage de Keller Dover, le père (Hugh Jackman) de l’une des fillettes et l’enquête est menée par le détective Loki joué par Jack Gyllenhaal. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais relâché faute de preuve. Le père dévasté par la douleur se lance dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparues. De son côté, le détective Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable. On tient alors les bases d’un thriller qui va frôler avec les frontières du moral où il sera question de kidnapping et de torture.

Effectivement, « Prisoners » est bâti pour monter crescendo en intensité et cela pendant deux heures et demie. Durant tout le film, un dilemme moral s’impose : que peut faire un homme face au probable assassin / kidnappeur de sa fille ? Denis Villeneuve livre un drame saisissant avec comme trame principale la confrontation des troubles des parents à ceux de l’inspecteur chargé de l’enquête. De fait, le film ne laisse à aucun moment le spectateur tranquille. D’une part car l’histoire est prenante, riche en rebondissements et agrémentée d’une mise en scène palpitante, d’autre part parce que le propos du film fait réfléchir, un vrai thriller psychologique. Comment agirions-nous dans ces situations, dans ce labyrinthe aux émotions quintuplées par les événements? « Prisoners » met les personnages dans des situations extrêmes sans jamais les juger et laisse la tension monter jusqu’à un final qui retourne.

Le casting impressionne, Jake Gyllenhaal et Hugh Jackman en tête de liste. Ce dernier retrouve son niveau de jeu dramatique que l’on avait pu voir dans « Le Prestige » et rappelle qu’il n’est pas que la bête poilue des X-Men. Bien qu’ils soient cantonnés à des seconds rôles, Paul Dano, Terrence Howard, Viola Davis, Melissa Leo ou encore Maria Bello, viennent sublimer leurs scènes et font frissonner. Esthétiquement le film est superbe et dispose d’un traitement de l’image très sobre et d’une magnifique photographie de Roger A. Deakins (« Skyfall », « True Grit »). A l’image de son film précédent, « Prisoners » lorgne du côté de l’hyper réalisme où l’atmosphère de peur est bien palpable. Le nouveau film de Denis Villeneuve se hisse facilement dans le haut du panier du thriller américain et renforce l’attente de son prochain film, « Enemy » où l’on retrouvera à nouveau Jake Gyllenhaal.

« Prisoners », un film de Denis Villeneuve, avec Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis … Thriller américain, 2h33, au cinéma le 9 octobre 2013

visuels (c) SND

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Hugo Saadi

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