Musique
Playlist de la semaine (108)

Playlist de la semaine (108)

21 mars 2015 | PAR Bastien Stisi

Les dérives vestimentaires (et cérébrales) de Björk, la jouissance qui arrive enfin pour les Blind Digital Citizen, le premier album de Circé Deslandes…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Björk, « Lionsong »

Pas à un délire esthétique prêt (on se souvient de son très alambiqué / inaudible Biophilia, parut il y a quatre ans), l’Islandaise Björk se fait danseuse-araignée pour les services de son dernier clip « Lionsong », issu de l’album Vulnicura (sorti en digital en janvier, et en physique via Believe il y a quelques jours). Gracieux quoiqu’anxiogènes (ceci pourrait aussi résumer la musique de la Scandinave…), les mouvements corporels de Björk contrastent avec les thématiques évoquées dans ce huitième album studio, personnel et universel, exclusivement consacré à l’étude d’une relation amoureuse désormais ancrée dans le passé et produit par le Sud-Américain Arca (Kanye West, FKA Twigs). Cet été, on la verra aux Nuits de Fourvières le 20 juillet, et à la Sainte Route du Rock le 15 août. On pourra aussi voir le clip (ou artwork animé) vaginal et écœurant de « Family ».

2. Blind Digital Citizen, « Dvek »

« Ravi », l’avant-dernier single des Blind Digital Citizen, se montrait sexuellement explicite (« quand est-ce qu’on baise ? ») afin de manifester, notamment, l’empressement du groupe de voir la parution de son premier album après des années de préparation (confidence d’interview). Dans « Dvek », ce dernier single parut cette semaine, l’annonce est tout autre et l’orgasme proche (« regarde-moi en face quand tu jouis ») : c’est que ce premier album, pompeusement intitulé Premières Vies, paraîtra le 30 mars prochain chez Entreprise.

3. Circé Deslandes, « Ta Bite »

Signée chez le très alternatif label Nuun Records (Musique Post-Bourgeoise, Bertrand Bonello, Asia Argento…), Circé Deslandes s’apprête à sortir son premier album studio le 24 mars prochain. Sur Mon Ventre est un Caveau, dont on soupçonne la référence irrévérente au « My Body is a Cage » de Peter Gabriel, on y retrouvera des odes lascives à l’organe masculin (« Ta Bite »), des balades intimistes sexo-homicidaires (« Testostérones »), et globalement une pop française variétale ultra-réaliste qui dépeint le vrai sans la vision alternée par les conventions morales. Absolument indispensable.

4. Eyjafjöll , « Shining in the Dark »

A l’image du clip de l’excitant single « Shining in the Dark », qui engouffre l’œil extérieur dans une forme de bacchanale disco noire animée par des escargots fêtards (sic), la syntpop psyché-cool de ces Rennais au nom de village scandinave mêle le bizarre (ces samples distordus et changeants) et le rassurant (ces lignes rythmiques évidentes). Distribués par Pschent (l’ancienne maison de Perez et de Tristesse Contemporaine), Eyjajfjöll fera paraître son premier album chez Nazca Lines le 25 mars prochain.

5. Agua Roja, « Summer Ends »

18°c sur la capitale cet après-midi. Les pieds plus légèrement chaussés, les manches retroussées, et les lunettes de Soleil sur le nez. En cet instant, l’annonce de la sortie du premier EP d’Agua Roja tombe à pic, puisque l’on se souvient des horizons mélancoliquement estivaux qui imprègnent le tube phare de ces trois Français (une fille au chant, deux garçons aux instruments). Un tube mis en clip ci-dessous, qui reprend les clichés de vacances (forcément) qui n’avaient pas trop l’air désagréable. Avec encore quelques degrés de plus (on sait qu’il y fait très chaud lorsque les humains s’y regroupent en nombre), on les verra au Point Ephémère le 30 mars à l’occasion de la sortie de cet EP encourageant, qui rappelle, les accents du Nord de la France en moins, la surf-pop naïve et tendre de Granville.

6. Zaza Fournier, « Garçon »

« Garçon » est le premier extrait du troisième album de Zaza Fournier Le Départ (sortie le 16 mars chez Veryrecords). Après avoir été très femme face à « Mon homme » et s’être glissée dans la l’identité travestie de « Mademoiselle », la plus élégante des titis de la chanson française nous la joue Tomboy. Toujours avec accordéon, bon texte, voix profonde et grâce. Une « garçon » très réussi, réaliste, pop, sur fond coloré très pop, et déjà presque classique. A fredonner sans modération. Note : la tournée de Zaza Fournier passe par l’Européen le 5 mai prochain. Yaël Hirsch

7. Max Cooper ; Tom Hodge, « Fragments of Self » 

Avec Caribou, Max Cooper incarne cette frange de musiciens électroniques ayant fait leurs l’application des arts mathématiques et géométriques avant de se lancer dans l’élaboration d’une electronica azimut qui ne refuse jamais une petite expédition live. À ces équations électro, le Londonien ajoute pour sa part une touche symphonique, lui qui se montre, toujours, aussi à l’aise derrière une table de mixage que devant un piano à queue. L’EP sorti ces derniers jours est une nouvelle collaboration avec Tom Hodge, avec qui on l’avait déjà vu travailler sur l’EP Fragmented Self. Assisté par un nouveau live visuel dont on devine déjà toute la gracieuse complexité, on pourra écouter ces nouvelles associations le 6 avril, et le voir au Yoyo du Palais de Tokyo le 24 avril prochain.


Visuel : (c) Agua Roja

« Le Jardin englouti » : L’Opéra de Lyon ose la 3D pour un résultat qui fait son effet !
Un musée virtuel pour contrer Daech
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture