Chansons

« Garçons! » : Zaza Fournier, Chloé Lacan et Cléa Vincent font traverser le temps et le genre à la chanson au Café de la Danse

« Garçons! » : Zaza Fournier, Chloé Lacan et Cléa Vincent font traverser le temps et le genre à la chanson au Café de la Danse

25 janvier 2018 | PAR Yaël Hirsch

Ce mardi 23 janvier 2018, Garçons, le projet parallèle de Carmen Maria Vega, Zaza Fournier et Cléa Vincent, célébrait la sortie de son disque au Café de la Danse. Lancée en 2016 aux Trois Baudet, cette véritable comédie musicale revisite des chansons françaises des années 19580 à 1970 avec humour, une vraie mise en scène,  beaucoup de voix et autant de jeux de genres que de jeux de jambes. Hier soir, Carmen Maria Vega n’étais pas sur scène et la voix et la présence Chloé Lacan complétait le trio de femmes habillées en Garçons. Un spectacle délectable, beau et drôle à revoir dès le 7 février toujours au café de la Danse.

[rating=5]

Les ombres chinoises, la boite à rythme donnent le La d’une soirée masculine et rétro. Grimé en femme, Raphaël Thyss plante le décor avant que le triumvirat de la soirée n’arrive, toutes habillées en garçons de café pour se plaindre avec classe de « Toi le Venin », sur une chanson de Lucien Jeunesse  Sur une note plus bossa, chacune prend place à son instrument  : Cléa Vincent au clavier, Zaza Fournier aux cordes et Chloé Lacan au chant au centre de la scène pour dire à la femme volage « réfléchis bien » : « si ce soir tu me quittes, je te prendrai au sérieux. Zaza Fournier prend le devant de la scène et l’accordéon pour entonner un conjuguant et délirant « Si tu t’en irais » très musette, repris en chœur et en percussions par ses deux comparses.

Petite fugue dans le noir et rythme au clavier commence et l’on quitte le yé-yé pour quasiment du singspiel pour un « Isabelle » phrasé et mimé, qui joue finement sur la différence des sexes. En trio très claquette et mains dans les poches, trilles et chœurs, chacune chaque garçon chante ensuite le départ : « Je ne t’aime plus » râle Zaza Fournier en Eddy Mitchell d’aujourd’hui. Suit l’ironique « Ça va, ça vient de Bobby Lapointe : « T’es plus jolie que jamais – sauf le cœur ». Tout est dit.

Noir de nuit et déplacement des décor pour une ambiance plus électro et une reprise Dark de « Est-ce ainsi que les hommes vivent » de Ferré. Zaza Fournier attrape son yukulele et les trois garçons toujours très soutenus par le génial Raphaël Thyss entonnent le – très entraînant (mais néanmoins subtilement souligné au glockenspiel)  tube de Philippe Lavil – « Avec les filles je ne sais pas « .  Et moi je reste là à me mordre les doigts… »… Une petite rengaine bien de saison et très applaudie …

La bande son se fait ensuite plus forte et sur une série de messages personnels rétro, les trois garçons matent leur madame musicienne par une fenêtre projetée sur du tissus. Pause, et liesse puis mol’on tombe dans un « Mortel ennui » chante par Cléa Vincent, dans un spleen bien gaulé et aussi mat qu’ironique. Plus musette avec un petit couac génialement assumé de Zaza Fournier, le floral « J’adore Marguerite » nous enchante de pétales ….

Après un joli monologue exigé soliste sur le droit des hommes à la sensiblerie de la soie, Chloé Lacan et Cléa Vincent au clavier font une puissante et bouleversante reprise de « Ma Fille » de Serge Reggiani. Puis en jeux d’ombre et en clavier léger les trois garçons passent le fardeau des « Chagrins d’amour » a un(e) autre. Dans un style plus léger, Cléa Vincent cherche l’âme sœur sur des rythmes afro-cubains avant que l’orgue noir ne balaie tout pour un « Et maintenant… » stellaire. Petit aparté de voix de cinéma macho par Gabin et Audiard et puis l’on arrive dans un fard bluffant pour un « Avec le temps » en apesanteur.

Enfin, en final exotique, l’on joue au jeu de domination et de micro avant un petit air latino  de Dario Moreno « Eso es el amor ».

Apres des applaudissement s dithyrambiques et une reprise de « Maladie d’amour » rythmée par le yukuléle de Zaza Fournier, l’on se dit au revoir. Mais le spectacle rejoue le 7 février au Café de la danse avec Carmen Maria Vega.

visuels : Mélodie Braka et YH / affiches

Infos pratiques

Association Arsène
Studio Théâtre (STS)
Café de la Danse

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