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[Chronique] « Stay Golden » de Tristesse Contemporaine : glacé et vénéneux

[Chronique] « Stay Golden » de Tristesse Contemporaine : glacé et vénéneux

16 septembre 2013 | PAR Bastien Stisi

Un peu plus d’un an après la sortie d’un premier opus éponyme très remarqué et quelques semaines après  la publication d’un nouvel EP (Woodwork), le trio cosmopolite et multilingue de Tristesse Contemporaine (l’anglais Maik au chant, la japonaise Narumi aux synthés, le suédois Leo Hellden à la guitare) revient avec Stay Golden, un second album empli de la même mélancolie cold-wave que son prédécesseur.

[rating=4]

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Toujours un max de tristesse dans le timbre pour le très étrange trio (la marque de fabrique fonctionne à merveille), et cependant beaucoup de joie en devenir pour les auditeurs : entre synthpop tamisée (« Fire », « Stay Golden »), rock tendu et agité (le très narcissique « I Do What I Want ») et krautrock vénéneux (« Waiting ») et/ou apaisé (« Most Times », qui par son caractère très aérien et camé rappelle l’âge des allemands de Popol Vuh), les mercenaires apatrides de Tristesse Contemporaine livrent à travers Stay Golden un voyage riche et massif, porté par l’élocution toujours aussi triste et groovy de Maik, le très charismatique et imposant chanteur à la tête d’âne effrayante.

Forcément écartelés entre Londres, Tokyo, Stockholm et Paris (les trois joyeux lurons nous font en effet l’honneur de résider dans la capitale hexagonale), il semblerait bien que quelques tympans aient également encore une fois largement trainé du côté de Berlin (le côté viscéralement krautrock), et peut-être même du côté de Détroit, si l’on en croit les plages technoïdes de plusieurs compositions (« Going Out », « Pretends », « Burning ») citant un tantinet les pionniers nord-américains du genre (Jeff Mills, Juan Atkins…)

Les blondasses en petite tenue qui ornementent la pochette de l’album ont beau afficher leur sourire le plus rayonnant, personne ne se méprendra pour autant : il ne s’agit bien ici que d’une tristesse épouvantablement fataliste et prosaïque. Il s’agit également d’un opus qui comblera de bonheur ceux qui ne conçoivent leur existence contemporaine qu’à travers un prisme résolument existentialiste. Agréable paradoxe.

Pour découvrir en exclusivité live le dernier album des trois énergumènes, rendez-vous le 24 septembre prochain du côté de la Gaîté Lyrique, un concert pour lequel vous pouvez réserver vos places par ici.

Tristesse Contemporaine, Stay Golden, 2013, Dirty/Record Makers, 33 min.

Visuel : (c) pochette de Stay Golden de Tristesse Contemporaine.

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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