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[Live-Report] L’électro touch de Tristesse Contemporaine au Badaboum

[Live-Report] L’électro touch de Tristesse Contemporaine au Badaboum

07 avril 2017 | PAR Laetitia Zicavo

Mélodie impeccable, esthétique musicale glacée à souhait, fidélité aux morceaux enregistrés : voilà les ingrédients que l’on retrouvait hier au Badaboum, où se produisait le groupe Tristesse Contemporaine. Entre wave électro et influence rock, le groupe revenait nous présenter, entre autres, son nouvel album Stop and Start, sorti en janvier chez Record Makers.

Très électro, volontiers conceptuelle, la première partie était assurée par le producteur DIY, Apollo Noir, qui venait présenter les sons de son premier opus A/N, et parvient à animer progressivement la salle parisienne qui se remplie peu à peu de curieux arpentant l’espace du Badaboum et profitant du bar qui ne désemplie pas.

Un accueil enjoué est fait au groupe cosmopolite à leur arrivée sur scène. Narumi Herisson s’installe derrière son clavier, Leo Hellden prend sa guitare et le chanteur Maik Gifft, qui a laissé tomber son masque fétiche d’âne étrange, campe derrière le micro. Avec l’aide d’un batteur qui rejoint la formation cosmopolite, ils nous entraînent dans leur univers rock industriel teinté d’électro qui avait déjà séduit Toute la Culture au Loves Music Festival et à La Gaîté Lyrique en 2013. Avec leur allure ultra hipster et un public acquis à leur cause, il ne fait déjà aucun doute que le quartet trash va mettre de l’ambiance ce soir.

Incision à vif : ils ne perdent pas de temps et enchaînent les morceaux avec, comme transition, quelques mots du chanteur Maik dans un anglais so british. Avec l’ultra vitaminé « Dem Roc » , le groupe insuffle une nouvelle dynamique dans le rythme effréné du concert, le morceau efficace et mordant nous laissant découvrir la voix de Narumi. Les titres tirés du nouvel album rendent bien compte des différentes influences du quatuor : de la pop/rock nostalgique des années 80 ( « Girls » , « No Hope » ) à la wave électro moderne et banchée, leur nouvel opus apporte avec justesse la mélancolie combinée à l’optimisme que l’on retrouve notamment dans « Ceremony » .

Tristesse Contemporaine maîtrise la mélodie, c’est certain. Voix nonchalante et paroles lancinantes : un savant mélange qui opère son effet sur le spectateur. La transe n’est pas loin pour les plus réceptifs. Rien n’est laissé au hasard, le public peut retrouver leur mélodie découpée au scalpel dans des morceaux phares comme « Daytime, Nighttime » ou « Empty Hearts » qui enflamment la foule. Après un rappel de trois titres, le groupe clôt son concert avec son fameux « 51 Ways To Leave Your Lover » accueilli par un public maintenant chauffé à blanc.

On regrettera cependant le manque de prises de risque. Les morceaux restent complètement fidèles aux versions enregistrées. Si à quelques reprises, des regards et sourires complices furent échangés entre Narumi Herisson et Maik Giffts, Leo Hellden semblait éteint et nous a offert le minimum. Le tout manquait un peu d’improvisation. On retrouvait bien sûr leur méthode revendiquée : « deux accords/un minimum d’instruments/un maximum de réverb » . Mais si le concept de less is more fonctionne très bien sur les titres eux-mêmes, la formule appliquée au live manque un peu de surprise.

Cela ne retire rien au dynamisme du concert. On a ce que l’on est venu chercher : des morceaux aux sonorités faussement glacées, qui se révèlent acidulées et chaudes ; des rythmiques à couper au couteau, une ambiance planante. Tristesse Contemporaine c’est un style clair et net, presque géométrique dans ses mélodies épurées. Une performance efficace.

Visuels : © LZ

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Laetitia Zicavo

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