Essais
Gérard Gengembre : Balzac, Le forçat des lettres

Gérard Gengembre : Balzac, Le forçat des lettres

15 septembre 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Professeur émérite de littérature française à l’Université de Caen, Gérard Gengembre enseigne également à l’Université de New- York à Paris. Il a notamment publié Le Théâtre français au XIXe siècle, Napoléon, l’Empereur immortel et Le Roman historique. L’universitaire vient de consacrer un nouvel ouvrage à Balzac (1799-1850), lequel a récemment fait l’objet d’une publication chez Perrin.

Gérard Gengembre, Balzac. Le forçat des lettresNé à Tours en 1799, l’auteur de La Comédie humaine s’affirma comme le créateur du roman réaliste moderne, alors que ses parents rêvaient pour lui d’une carrière de notaire. Parce que ses premiers ouvrages ne plurent pas vraiment, il dut collaborer avec de nombreux journaux pour vivre de son art. Il publia alors ses romans par feuilletons dans diverses revues. Extrêmement ambitieux, il se lança en 1825 dans l’édition, ce qui le ruina pour un temps.

LE « NAPOLEON LITTERAIRE »
Cependant, ses idylles le firent entrer dans le monde de l’aristocratie, ce qui lui permit de débuter une carrière d’écrivain à la mode. A partir de 1829, des œuvres comme Les Chouans et la Physiologie du mariage le rendirent célèbre. En 1831, il publia Peau de chagrin.

Ce fut vers 1833 qu’il initia la Comédie humaine, une série de romans retraçant la vie et les trajectoires de personnages unis par les liens du sang ou de l’amitié. Ce faisant, Balzac s’affronta au XIXe siècle. Il s’efforça de l’embrasser pour mieux le saisir et de le mettre à nu par les voies de la fiction.

Balzac tenta aussi des incursions dans d’autres genres littéraires, devenant tour à tour journaliste, épistolier et dramaturge, mais sa fortune fut extrêmement inégale… Jamais le théâtre ne fut un terrain favorable pour le grand écrivain, lequel subit à chaque fois des déconvenues. Autant par nécessité que par un important besoin de reconnaissance sociale, le « Napoléon des lettres » fut un travailleur acharné, un « forçat » ainsi qu’il l’indiquait lui-même.

Avec cet ouvrage érudit et très plaisant, Gérard Gengembre donne à lire la trajectoire d’Honoré de Balzac dans toute sa complexité et dans toute sa démesure.

Gérard Gengembre, Balzac. Le forçat des lettres, Perrin, 2013, 392 p., 24 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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