Essais
« Le siècle de Louis XIV », par Jean-Christian Petitfils

« Le siècle de Louis XIV », par Jean-Christian Petitfils

27 mai 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Parfait connaisseur de la France de l’ancien régime, Jean Christian Petitfils, publie, avec le concours de vingt historiens, comme : Françoise Hildesheimer, Jean Paul Desprat, Jean François Solnon, Thierry Sarmant, Bernard Cottret, Joël Cornette, Lucien Bély, en autre, le Siècle de Louis XIV.

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louis XIV petit fils perrinLE SIÈCLE DE LOUIS XIV
C’est Voltaire qui, en 1751, proposa publiquement l’expression de « siècle de Louis XIV », qui depuis lors s’est imposée pour qualifier la période sans doute la plus longuement rayonnante de l’histoire de France de 1643 à 1715.
En effet, c’est en 1751, qu’un prêt nom de Voltaire, publia « le siècle de Louis XIV ».
Ce rayonnement n’alla pas certes sans ombres, et le bilan dressé ici ne dissimule pas, à côté des grandeurs du règne, les misères du temps.
De plus, loin d’être immobile, ce Grand Siècle fut une période, de maturation et de transformation de la société sous tous ses aspects.
Cet ouvrage en sept chapitres, aussi bien de la personne royale que du mode de gouvernement, de l’économie du royaume et de la religion que de la guerre, de l’entourage du roi que de la politique extérieure et des mouvements populaires, sans oublier les arts et les lettres.
LA DISSIMULATION C’ÉTAIT UN TRAIT SAILLANT DE SON CARACTÈRE
Au départ, Louis XIV, n’était pas quelqu’un de brillant, mais il se mettra en chemin plus tard.
La dissimulation était un trait saillant de son caractère (par exemple l’arrestation de Fouquet, fut soigneusement préparée avec ruse).
Aux demandes des courtisans, il répondait, toujours, par « j’aviserai ».
Le rituel de l’étiquette, qu’il perfectionna, lui servait de rempart, pour marquer ces distances.
Pour échapper aux regards des autres, il s’efforçait d’impressionner.

ABSOLUTISME OU MONARCHIE ADMINISTRATIVE
Le roi avait des devoirs envers dieu, et les lois du royaume, et envers ses sujets.
Ce n’est qu’à partir du 17 siècle, que l’on parle de monarchie administrative (le 30 avril 1598 signature de l’édit de Nantes).
Le pouvoir royal se situe au dessus, des divisions religieuses.
Une pratique gouvernementale s’instaure, qui correspond, à la volonté de faire régner l’harmonie, dans le royaume.
L’État Royal est placé en dehors du champ social.
Le roi assume : » la res publica », et échappe à la compétence des corps intermédiaire.

Les auteurs ont essayé de peindre, comme le disait voltaire, » non les actions d’un seul homme, mais l’esprit des hommes, dans le siècle le plus éclairé qui fût jamais ».
Il faut constater, la vitalité des travaux consacrés au roi soleil.
Ce livre propose une brillante synthèse éclairée, et sur de nombreux sujets comme celui sur la cour, où Jean François Solnon, constate, que la cour « n’est pas seulement, un lieu de plaisirs… et qu’elle s’est élevée au rôle d’institution politique ».
Ce même auteur souligne « le roi de France est un grand magicien, note le malicieux persan de Montesquieu : il n’a point de mines d’or comme le roi d’Espagne, son voisin ; mais il a plus de richesses que lui, parce qu’il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisables que les mines ».
Les princes étrangers cherchèrent à imiter, le roi soleil.
En revanche, l’étroite surveillance de la société, et un effacement des élites traditionnelles furent peu à peu moins acceptés des Français, qui désiraient une plus grande liberté, dès cette époque.
Comme le rappelle Thierry SARMANT, dans sa biographie de Louis XIV « La France, en adorant son Grand Roi, ne s’adorait-elle pas elle-même ».
Sacha Guitry, reprend cette idée, dans son film « Si Versailles m’était conté ».
Il convient de souligner, que peu de monarques ont suscité des jugements aussi contradictoires, on est passé de Louis le Grand à un roi impopulaire.
Voltaire a voulu faire de son » siècle », une histoire des mœurs, et substituer les faits aux légendes.
Ce travail collectif, de par la composition très élevée des rédacteurs, a atteint son objectif de connaissance et de vulgarisation.

« Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude,
Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs,
Et que ne peut tromper tout l’art des imposteurs »
Tartuffe Molière
Le Siècle de Louis XIV, dirigé par Jean Christophe Petitfils, éditions Perrin, avril 2015,456 PAGES, 23 euros.

visuel : couverture du livre

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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