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Björk, l’intelligence artificielle et la météo

Björk, l’intelligence artificielle et la météo

24 janvier 2020 | PAR Zoé David Rigot

Björk n’est jamais à court d’idées saugrenues et époustouflantes, peut-être parce qu’elle n’arrête pas d’expérimenter. Du haut du volcan islandais ou dans Utopia, déjà elle tentait de trouver un moyen de créer avec les entités naturelles et les paysages. Elle s’attaque cette année à l’intelligence artificielle, qui par ses capacités peut amener l’invisible et le non-humain à participer à la création d’une oeuvre d’art.

Dans son dernier album Utopia (2017), Björk célébre la liberté retrouvée, la féminité, et la sororité dans tous ses états. C’est un album magique et étonnant dans lequel la flûte ancestrale est omniprésente : c’est Pan dans toute sa splendeur, divinité de la nature, qui l’accompagne sans cesse. Avant tout, c’est un album écologique qui tente de re-lier l’espèce humaine au monde et à l’univers duquel elle semble s’être éloigner.

Expérience musicale et visuelle inoubliable, ses concerts mêlent toutes sortes de disciplines artistiques telles que des vidéos, des costumes, et des installations ahurissantes, autour de musiciens virtuoses. C’est unique en son genre, et ça ne plait pas à tout le monde.

 

 

En septembre 2019, Björk et Andrew Thomas Huang (artiste et réalisateur de certains des clips de Björk – dont celui-ci dessus – qui a obtenu un Grammy Award pour ce travail, d’ailleurs) réalisent un projet de réalité virtuelle : c’est Vulnicura VR, l’espace  virtuel de l’album du même nom sorti en 2015.  Ce projet fait le tour du monde dans des musées et expositions, aussi il est maintenant disponible sur la plateforme Steam.

 

 

Cette année, Björk commence de nouvelles expériences, cette fois avec l’intelligence artificielle. En fait, il s’agit de Kórsafn (en islandais kór = chorale + safn = archives), un projet de création d’une bande son pour l’hôtel Sister City, à New York, en collaboration avec Microsoft. À partir d’une caméra installée sur le toit de l’hôtel, l’intelligence artificielle est capable de générer des compositions musicales. Celle-ci part de la météo en observant la ligne d’horizon : elle capte les nuages, les oiseaux et les avions, le temps qu’il fait, le cycle du soleil. Chaque jour, elle produit quelque chose de nouveau en accord avec son environnement. À cela, Björk mêle 17 ans d’archives de chorale dont les arrangements sont interprétés par Hamrahlíðarkórinn (la chorale Hamrahlíð), une chorale islandaise dont elle a fait partie étant plus jeune. Cette chorale interprète les choeur d’Utopia et était en tournée avec le spectacle Cornucopia.

 

 

La bande son de cette incroyable collaboration était audible dans le hall d’entrée de l’hôtel jusqu’en décembre, et on peut toujours l’écouter  en direct ici ! Un curieux moyen de se téléporter sur un toit de New York et d’entrée dans la musique expérimentale de ce projet aérien.

 

Visuels :

Image de garde : All creative commons.

Galerie : pochettes des albums Debut, Homogenic, Volta, et Utopia.

 

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