Musique

Playlist de la semaine (107)

Playlist de la semaine (107)

14 mars 2015 | PAR Bastien Stisi

Le retour électro pop de Tame Impala, Pabovani de nouveau dans les bras de Melody, le 3e EP de Santoré…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Tame Impala, « Let It Happen »

Vérification faite, ceci est bien le dernier Tame Impala. Issu du prochain album du groupe australien (qui paraîtra donc dans l’année) « Let It Happen » interloquera de manière conséquente ceux qui auront pris l’habitude de planer sévèrement sur les émanations chamaniques du brillant Lonerism et de ses prédécesseurs. Avec « Let It Happen », la bande de Kevin Parker (dont certains, on s’en souvient, occupent le temps avec le projet Pond), propose en effet un étrange cocktail électro pop longiligne de trip inhabituel, qui suggère une évolution magistrale. Le morceau dure 8 minutes. Et c’est une bonne chose : car celui-ci laisse le temps à l’auditeur attentif de passer la phase « ô sacrilège », afin de se précipiter presque immédiatement sur une autre, celle qui consiste à hurler « ô bonheur ».

2. Moodoïd ; Melody’s Echo Chamber, « Le Lac d’Or »

Retour à la source (d’or) pour Pablo Padovani. Avec « Le Lac d’Or », le chanteur pailleté parle encore avec lui-même, et surtout, avec son passé récent. Avant de fonder le succulent projet Moodoïd et sa pop psyché à sonnettes, on se souvient en effet que celui-ci était le guitariste de Melody’s Echo Chamber, une Melody avec qui Pablo et ses musiciennes aux chromosomes XX collaborent, le temps d’un morceau envolé et envoûté, que l’on entendra peut-être le 3 avril à La Défense, à l’occasion de l’édition 2015 du Festival Chorus.

3. Raphaël, « Somnambules »

Alors qu’on attend le nouvel opus du chanteur à la voix rocailleuse pour le 20 avril chez EMI, le premier titre éponyme « Somnambules ». Fidèle à sa griffe, la chanson à texte mélancolique au rythme de balade sauvage, Raphaël joue du paradoxe avec ce premier titre qui mêle univers de l’enfance (grelots, chorale de juniors) et romantisme maudit post-adolescent du thème. On a envie de répondre à son injonction « rattrape-moi » et d’écouter l’album, dont le visuel slalome aussi entre l’enfance et l’âge adulte. (Yaël Hirsch)

4. Lenparrot, « A Fake Prophet »

Entre ses collaborations autour des projets Pegase et Rhum For Pauline (tous issus de la talentueuse scène pop nantaise), Romain Lallement trouve le temps de rêvasser dans ses propres pensées, et s’apprête à sortir au mois d’avril son tout premier EP sous le nom de Lenparrot. Aquoibonism paraîtra au printemps chez les téméraires et défricheurs d’Atelier Ciseaux, et laisse entrevoir, par le biais de ses premiers extraits (on écoute ici le venteux et éthéré « A Fake Prophet »), la vitalité d’une dream / nightmare pop, céleste et envoûtée, qui rappelle les étirements semblables de Dorian and the Dawn Riders ou de Grindi Manberg. On notera aussi le travail, remarquable, du collectif A Deux Doigts, en charge de l’identité visuelle d’un groupe auquel il contribue à léguer cette part de mystère qui permet, toujours, de pouvoir constituer les plus curieuses chimères.

5. Santoré, « Teyssandier »

Sur la lancée de leurs deux premiers EP poptronica et délicats, les deux frères Gouny (qui forment Santoré) continuent de se rappeler avec tendresse les travées nostalgiques de l’enfance, et sont sur le point de faire paraître (le 7 avril) leur troisième disque, nommé Silverado. Toujours la même sensation parfaite : l’extrait s’avère doux comme une séance de psychanalyse dont tout le monde sortirait grandi : le psy au regard déviant et le patient sur le divan.

6. Eve & The Travelers, « Travelers »

Eve and The Travelers est un groupe montpelliérain de pop folk rêveuse et intimiste. Leur premier EP Landscapes est sorti en septembre 2014 et nous invite « de pied en cap » au voyage. Au détour de différents paysages sonores, chaque chanson dévoile avec sincérité les univers d’Eve et des ses trois voyageurs. S’inspirant de la vie, ils nous livrent avec simplicité leur vision du monde, avec ses doutes et ses plaisirs. La chanson « Travelers » évoque l’excitation et l’émerveillement liés au voyage, mais aussi le partage, l’ivresse et l’amour. C’est un « mélange de toutes ces choses qui navigue sur une mélodie un peu funambuliste » nous confie Eve. Elle inspire un moment d’innocence sur une plage, la contemplation d’un coucher de soleil…comme nous le suggère avec justesse le clip réalisé par Jofrey La Rosa du collectif Nerd Dogs. Constance Delamarre.

7. JUDY, « We Love You, Slag »

Entre les grandiloquences mijaurées de Rich Aucoin, la synthpop pouponne de Juveniles, les percussions tribales de Vampire Weekend et les rendez-vous propres aux meilleurs instants de Phoenix, les Rémois de JUDY perpétuent l’idée selon laquelle la pop « indie de masse » fonctionne délibérément bien du côté de la Champagne-Ardenne (on se rappelle que les Shoes, Yuksek et autres The Bewitched Hands sont également originaires du coin). Un premier EP est sorti au mois de janvier, sur lequel est hébergé le tube, facile et quand même efficace, que l’on évoque là. Que celui qui n’a rien contre le revival pop eighty et les refrains mobilisateurs de foule tournent l’oreille par ici, et pensent à convoquer ces garçons-là pour accompagner les rayons qui commencent  de nouveau à éclairer les journées.

Visuel : (c) A Deux Doigts

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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