Pop / Rock
[Chronique] « Man it Feels Like Space Again » de Pond, ou comment explorer l’espace sans quitter son salon

[Chronique] « Man it Feels Like Space Again » de Pond, ou comment explorer l’espace sans quitter son salon

03 février 2015 | PAR Pierrick Prévert

Si vous avez toujours rêvé de chevaucher une licorne le long d’un arc-en-ciel à travers la galaxie et de faire jaillir des lasers de vos mains mais que, pour des raisons légales ou médicales, vous évitez la drogue, vous pouvez toujours vous consoler en écoutant le dernier album des Australiens Pond signés chez Modular Recordings (Tame Impala, Cut Copy, Architecture in Helsinki…)

[rating=4]

Originaires de Perth, capitale de l’État d’Australie-Occidentale, où la scène psyché-rock foisonne de groupes et de projets solos aux membres partagés et aux relations incestueuses, comme les très connus Tame Impala et autres Mink Mussel Creek, GUM, ou encore The Silents, tous de « la famille » du manager australien Spinning Top, le groupe Pond nous livre ici un troisième album intitulé « Man it Feels Like Space Again », très coloré, aux sonorités virevoltantes à travers l’espace et le temps.

Mais venons-en aux titres. Dès l’ouverture, sur « Waiting Out for Grace », le groupe interroge d’une voix plaintive : « Don’t it make you wonder how god found the time ? » avant d’enchaîner sur un riff qui semble surgir tout droit des années 70 — Woo ! — pour ensuite faire exploser les sons et les formes autour de nous et terminer dans un final en forme de feu d’artifice de guitare distordues et de synthétiseurs.

Après cette introduction, les rythmées et très efficaces « Elvis’ Flaming Star », dont le titre est une allusion transparente au western du même nom et « Zond », cette seconde étant en quelque sorte le pendant électro-pop de la première, paraissent cependant bien sages. Les surprises seront plutôt à chercher du côté des ballades « Holding out for you », qui amènent une profondeur inattendue à l’ensemble avec son final dyslexique, ou de « Medicine Hat », qui commence à la guitare sèche sous la forme d’une ballade blues folk puis s’envole après que le groupe ait trouvé le bouton magique qui sature les guitares et fait couler les sonorités aériennes.

Pour décoller franchement, on pourra surtout compter sur les morceaux « Sitting Up on Our Crane » et ses grandes nappes de synthé, ainsi que le très joliment bordélique « Man it Feels Like Space Again » qui clôturera l’album après nous avoir fait voyager sur des planètes insoupçonnées. Et nous resterons là, en pleine redescente, bien incapables de nous souvenir de combien de parties et de motifs musicaux il était composé. Prenez garde cependant à respecter la posologie.

Pond, Man it Feels Like Space Again, 2015, Modular People, 45 min.

Pierrick Prevert

Visuel : (c) pochette de Man it Feels Like Space Again de Pond

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Pierrick Prévert

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