Pop / Rock
[Live report] Vampire Weekend au Casino de Paris

[Live report] Vampire Weekend au Casino de Paris

30 mai 2013 | PAR Juliette Hebbinckuys

Après la sortie de leur nouvel album Modern Vampire of the City le 14 mai 2013, il était évident qu’un concert à Paris s’imposait. C’est donc sur la scène du Casino de Paris que le quatuor New Yorkais avait décidé de faire son grand retour. Dans une ambiance hypster-fashionistas typiquement Est parisien, le groupe a réussi à envoûter un public conquis dans une salle pleine à craquer.

On assistait hier soir à un retour en force de Vampire Weekend, véritable référence dans le paysage rock indé des années 2000. Car depuis la formation du groupe en 2006, celui-ci fait partie de cette élite qui à elle-seule représente un courant musical, avec une voix reconnaissable entre toutes et un style personnel qu’ils qualifient eux-mêmes « d’Upper west side Soweto ». Entendez par là, un joyeux mélange de sons rock avec des sonorités africaines et pop, magnifiées par des textes recherchés même si un peu répétitifs. On dit souvent que c’est avec un troisième album qu’on sait plus ou moins définitivement si un groupe marquera le monde de la musique ou pas. Avec Modern Vampire of the City, l’essai est transformé pour  Ezra Koenig et sa bande. Album de la maturité, un peu plus doux, parfois plus lent, mais toujours aussi enivrant.

C’est donc avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons ces quatre joyeux lurons. Il fait chaud, l’ambiance est moite, ça ne sent pas la rose alors que le concert n’a même pas débuté, et la fosse ressemble vite à une marée humaine de lunettes carrées, de chemises à carreaux ou de baskets à talons. Qu’importe, ce qui nous rend si proches et si collés-serrés, c’est Vampire Weekend ! Et pour avoir la chance de les écouter, on est prêt à s’adapter. D’autant plus que malgré la chaleur étouffante,  le public est bon enfant et plutôt souriant.  D’ailleurs, dès que les lumières s’éteignent, la magie opère… C’est aux sons de « White Sky », de leur deuxième album Contra, que nous les retrouvons. Et déjà, les spectateurs en sont convaincus : le groupe est toujours bien présent, la voix de son leader toujours aussi captivante, et les sonorités toujours aussi minutieusement travaillées.

On enchaine avec la chanson « Cape Code kwassa kwassa », un de leur titre les plus connus.  Avec son faux air de James Dean,  Ezra Koenig vous emmène en balade, et il vous rend heureux. Jamais agressif dans sa musique comme dans sa voix, il alterne les airs et les percussions tribales avec un style résolument « indie rock ». Après deux chansons un peu faciles puisque déjà bien connues de leur public, le groupe enchaine avec  « Hanna Hunt », 6ème morceau de leur nouvel album. Mais qu’ils se rassurent, les titres de cet opus feront autant l’unanimité que les classiques qui ont fait leur succès. Car ce qui est remarquable, avec Vampire Weekend, c’est que chaque mélodie semble nouvelle, et que chacune des chansons qui composent leurs albums peut devenir un tube. C’est aussi le cas de « Step », où le clavier de Rostam Batmanglij prend tout son sens. La musique vous imprègne petit à petit, et la foule se met progressivement à chanter « I feel it in my bones, i feel it in my booones ».

Alternant les différents albums, on retrouve ainsi « Hochata », « Unbelievers », « Diane Young », ou encore « Everlasting arms ». On aime les envolées parfois lyriques du chanteur, mais toujours en toute subtilité. Le concert est un savant dosage de tous leurs sons, sans jamais ennuyer ou agresser le spectateur. Le groupe est sympathique, pas forcément bavard, mais a une présence folle. On ressent clairement l’alchimie entre tous les membres, et c’est agréable de ne pas se retrouver face à un chanteur et ses musiciens, mais au contraire une entité faite de différentes personnalités où chacun mérite sa place. Le public est en transe (dans les deux sens du terme) avec le début de « Oxford Comma », le premier titre plein de promesse qui a révélé Vampire Weekend. 6 ans plus tard, les fans de la première heure ne sont pas déçus. Il ne reste qu’une chanson avant la fin officielle du concert, et c’est « Obvious bicycle » qui conclut ce très beau set. Plus douce, plus calme, peut être plus chargée en émotions aussi, elle annonce une fin inéluctable.

Après 1h de show, les new yorkais s’en vont en nous disant « vous avez été très gentils, merci ! ». Nous aussi on vous remercie, mais revenez ! Qu’à cela ne tienne, après plusieurs minutes d’applaudissements et de cris hystériques, ils sont de retour. Mais le plaisir sera de courte durée : à peine deux chansons et les voilà déjà repartis vers de nouveaux horizons. Ils concluent, comme à leur habitude, avec leur titre « Cape Code Kwassa Kwassa ». Très sympathique, ça met la pêche, mais on aurait tellement aimé en avoir plus. 1h15 de concert, c’est trop court ! Surtout quand on a 3 albums dans sa discographie. Mais peut être qu’il vaut mieux un concert court mais de qualité plutôt que trop long et inégal. Une chose est sure, Vampire Weekend ne nous a pas déçus une seule fois de la soirée et si l’occasion se présente, on y retournera sans hésiter…

Visuel (c) : pochette de l’album

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Juliette Hebbinckuys

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