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Cannes 2014 : une ouverture vraiment classe

Cannes 2014 : une ouverture vraiment classe

14 mai 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Lambert Wilson en maître de cérémonie, ça le fait, et totalement. Belle prestation, virevoltante et éloquente, et belle ouverture, toute en extraits palpitants et en tenues brillantes.

Ouverture Cannes 2014La lumière se fait sur la scène du Palais des Festivals, Lambert Wilson s’avance et… tiens, les sous-titres sortent… On flaire la plaisanterie: on ne va pas se faire piquer le plus grand festival du monde, quand même ! Ah, des blagues sur les français. Avec pour conclusion : le fait immuable que cette cérémonie cannoise se déroulera, encore et toujours… dans la langue de Molière. Ouf. Trêve de boutades, on revient au naturel. On craint le sérieux… Ah mais non, encore une pirouette: Lambert Wilson poétise sur le cinéma ! C’est lui qui y est, lorsqu’il contemple ce public qui l’écoute.

C’est un vrai film, ensuite, qui se déroule sous nos yeux. Il énumère les règles à suivre, en termes d’apparence, pour les actrices pendant le Festival. Avalanche d’adjectifs, chutes, rythme… il maîtrise l’éloquence, Lambert Wilson. Mais il disserte aussi sur l’une des fonctions de Cannes: le glamour ! Il en appelle au dernier rang, où chacun a sa chance… Puis à des fantômes de cinéastes, qui viennent d’accueillir parmi eux Alain Resnais… Ah, mais on s’en rend compte: ils ont été palmés dans le temps, ces spectres ! Non, il ne faut pas les oublier, au profit de la technique, qui envahit de plus en plus les écrans ! Et hop, Henri Langlois surgit ! « Mystère et miracle ». On y va ! Cannes, on te suit !

Place au jury. L’encore jeune Nicolas Winding Refn, Leila Hatami et sa tenue brillante, Jia Zhangke, qui fait déjà plus son âge… Ah, Sofia Coppola et ses vêtements trop courts ! Oh, la sud-coréenne Jeon Do-Yeon, bien belle… Gael Garcia Bernal imberbe, rajeuni… Et… ouiii, Carole Bouquet, encore une fois très très classe dans sa robe blanche. Carole Bouquet qui n’éclipse cependant pas Willem Dafoe, qu’on adore.

Qui est là pour les saluer ? Suprême félicité : Michael Nyman ! L’immense compositeur, auteur de tonnes de musiques de films ! Magnifique idée. Il interprète ici un morceau de la bande originale de La Leçon de Piano. Et forcément, les images de la filmographie de Jane Campion, présidente de notre jury, lui succèdent. Des emportements féminins, puis des figures d’hommes nerveux ou attristés… L’occasion de voir les mêmes acteurs, ceux de ses films, sous plein de visages différents… Et puis…

Quel flash ! Notre présidente arrive en bleu fluo ! Tenue d’artiste, assurément. Dans son discours, elle rappelle que rien n’aurait été possible pour elle sans Cannes. Après vingt-huit années de venues, elle est honorée de se trouver là. Ses images alternent avec le visage, un peu trop rempli de botox, de Nicole Kidman, assise dans la salle.

Suivent quelques extraits des films présentés cette année. Damian Szifron l’argentin ou Naomi Kawase peuvent-ils remporter un Prix de la mise en scène ? Les images font rêver. Et pour finir, quelques happenings. Lambert Wilson qui improvise une danse, au milieu du public, avec Nicole Kidman qui ne s’y attendait pas ; Chiara Mastroianni et Alfonso Cuaron, entrant pour déclarer ouvert le Festival, faisant l’annonce et espagnol et italien, puis en anglais et français ; et Lambert Wilson entonnant, avec quelques courageux, un « Happy birthday to you » énergique à l’encontre de Tim Roth et de Sofia Coppola. Merci à sa classe naturelle. Et aux co-auteurs de ses textes : Jérôme Commandeur ou Michèle Reiser notamment. Vive Cannes !

Visuel : Chiara Mastroianni et Alfonso Cuarón © FDC / CD

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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