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[Critique] « Godzilla » : un pétard mouillé trop hésitant dans ses intentions

[Critique] « Godzilla » : un pétard mouillé trop hésitant dans ses intentions

14 mai 2014 | PAR Gilles Herail

On attendait beaucoup de ce premier grand blockbuster de l’année précédé d’une plutôt bonne réputation. Cherchant à relancer la franchise à la manière d’un Rise of the planet of the Apes, Godzilla échoue à concilier l’intime et le spectaculaire en restant en permanence le fessier entre deux chaises. Déception.

[rating=2]

Synopsis officiel: Godzilla tente de rétablir la paix sur Terre, tandis que les forces de la nature se déchaînent et que l’humanité semble impuissante…

Des bonnes intentions, il y en avait manifestement beaucoup au sein de l’équipe qui a cherché à relancer la franchise Godzilla. De bons acteurs sur le papier, un réalisateur venu de la science-fiction fauchée indépendante qui allait on l’espère amener de la fraîcheur et de l’humanité comme Marc Webb avait pu le faire dans The Amazing Spiderman 1 et 2. Cette nouvelle direction fonctionne plutôt bien dans la première partie qui fait monter la tension avant que la bête n’arrive avec un esprit très années 1990 pas désagréable. Des scientifiques, de l’énergie nucléaire, un peu de Japon, on est vaguement intéressé par ce qui s’annonce être un spectacle efficace. Mais le sauce ne prend pas devant un film que l’on regarde souvent avec une forme d’indifférence polie. Les personnages meurent tous plus rapidement que les autres, rendant impossible toute adhésion aux enjeux et aux destructions qui se déroulent en arrière plan sans réellement émouvoir quiconque. Godzilla lui même n’est qu’une star éphémère, rentrant dans l’eau aussi vite qu’il en est sorti après avoir massacré un peu trop facilement ses deux adversaires ailés. Godzilla n’est pas une catastrophe, énervera peut être moins que les flamboyants Roland Emmerich et Michael Bay. Mais Gareth Edwards semble incapable de choisir entre le spectaculaire pur, le navet grandiloquent mais sympathique (avec drapeaux américains et valeurs familiales) et le film catastrophe intimiste et viscéral. Et ne récole donc qu’un sentiment de frustration exacerbé par quelques fautes de gout surprenantes, notamment dans l’incapacité à terminer correctement le film. Godzilla reste un personnage mythique comme le Kong, mais il en faudra un peu plus pour redonner du peps à une franchise qui parait aujourd’hui un peu obsolète. On n’en attend le nouveau Xmen qu’avec encore plus d’impatience.

Godzilla, un film catastrophe et de monstres de Gareth Edwards avec Aaron Taylor Johnson, durée 2H03, sortie le 14 mai 2014

Visuels : (c) DR

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Gilles Herail

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