Actu

La sélection officielle du 72e festival de Cannes : les films d’Un Certain Regard

La sélection officielle du 72e festival de Cannes : les films d’Un Certain Regard

18 avril 2019 | PAR Geoffrey Nabavian

La prestigieuse section parallèle du Festival, qui a su régaler les cinéphiles en 2018 avec son Grand Prix, Border, vient elle aussi de dévoiler les films qu’elle donnera à découvrir lors de Cannes 2019.

A Cannes, la section Un Certain Regard se révèle experte lorsqu’il s’agit de dévoiler des oeuvres belles et inspirantes, en parallèle de la Compétition (dont l’édition 2019 a son programme résumé ici). En témoignent son Grand Prix 2018, Border (critique ici), ou ses cuvées des années précédentes : on garde de très beaux souvenirs du magnifique Béliers (critique ici, et interview vidéo du réalisateur ci-dessous), ou d’Un homme intègre (critique ici, et interview vidéo du réalisateur au bas de l’article – vidéos réalisées en collaboration avec l’EICAR), respectivement Grands Prix 2015 et 2017 de la section.

Attentes et événements 2019

Si on ne doit avoir qu’une attente (personnelle), on choisira ce nom : Albert Serra. Son nouveau film Liberté, annoncé comme une tentative de réflexion autour de R.W. Fassbinder et du libertinage au XVIIIe siècle, peut aisément faire saliver l’amateur d’avant-garde. Souvenir ému de La Mort de Louis XIV, présenté à Cannes 2016…  Notre interview vidéo d’Albert Serra en 2016, à l’occasion de La Mort de Louis XIV, ci-dessous.

Parmi les événements-phares de cette édition, on guette Bruno Dumont, et son nouveau film Jeanne. Adoré par certains cinéphiles grâce à La Vie de Jésus ou L’Humanité, et plébiscité par le grand public pour la série P’tit Quinquin et la comédie Ma Loute (critique ici), il offre une suite à son OVNI très stimulant Jeannette, l’Enfance de Jeanne d’Arc, dans lequel des acteurs non-professionnels déclamaient du Charles Péguy avant de se trémousser sur la musique electro hardcore de l’artiste IGORRR. Avec, cette fois à la musique, Christophe.

On remarque aussi le retour de Christophe Honoré (réalisateur, mais aussi metteur en scène du spectacle Les Idoles), en Compétition l’an dernier avec son mémorable Plaire aimer et courir vite. Dans Chambre 212, il retrouve Vincent Lacoste et Chiara Mastroianni, et convoque cette fois Camille Cottin dans son univers subtil.

Un autre événement, enfin, est la présentation du long-métrage d’animation Les Hirondelles de Kaboul, dirigé par la réalisatrice et actrice Zabou Breitman et la créatrice d’animation Eléa Gobé Mévellec, et adapté du roman de Yasmina Khadra. Avec au casting de voix, Swann Arlaud, Zita Hanrot, Simon Abkarian, Hiam Abbass…

Retours des enfants prodigues

Le russe Kantemir Balagov, révélation de la section lors de Cannes 2017 avec le très applaudi Tesnota – Une vie à l’étroit (critique ici, et interview vidéo du réalisateur et de son actrice principale d’alors ci-dessous), revient lui aussi cette année, pour présenter Dylda, qui s’annonce comme une histoire de femmes soldats juste après la Seconde Guerre mondiale.

Le franco-espagnol Oliver Laxe, lui aussi révélé à Cannes avec Mimosas, la Voie de l’Atlas, Grand Prix Nespresso de la section Semaine de la Critique en 2016, est présent également, avec Viendra le feu, ou l’intrigante histoire d’un pyromane.

Confirmations et nouveaux venus

Parmi les films présents cette année, on note aussi Vida invisivel, nouvelle réalisation du brésilien Karim Aïnouz (révélé à Un Certain Regard en 2002 avec Madame Sata, et revu ensuite à Berlin avec Praia do futuro, dont la critique est à lire ici), Zhuo ren mi mi, nouvelle oeuvre signée par le taïwanais Midi Z, très remarqué pour son odyssée dans la Birmanie Adieu Mandalay.

Et, du côté des nouveaux venus, Evge de l’ukrainien Nariman Aliev, le premier film réalisé par l’actrice canadienne Monia Chokri (révélée par Les Amours imaginaires, de Xavier Dolan) titré La Femme de mon frère, et celui de l’acteur-réalisateur américain Michael Covino, titré The Climb, ou encore Adam, réalisé par Maryam Touzani, actrice principale du film marocain Razzia et Liu yu tian, dirigé par l’acteur Zu Feng, vu dans Mystery de Lou Ye et dans Coming Home de Zhang Yimou.

Ainsi que Port Authority de l’américaine Danielle Lessovitz, avec Fionn Whitehead (vu dans Dunkerque et My Lady), film qui traite du voguing et de l’identité trans, Bull, premier film de l’américaine Annie Silverstein,  et Papicha de Mounia Meddour.

*

Ci-dessous, interview vidéo de Mohammad Rasoulof, Grand Prix de la section Un Certain Regard 2017 pour Un homme intègre :

Visuel : détail de l’affiche officielle du Festival de Cannes 2019 © Photo : La Pointe courte / 1994 Agnès Varda et ses enfants – Montage & maquette : Flore Maquin

L’empereur de Paris en DVD : Vincent Cassel en Vidocq animal
3e Scène : Jhon Rachid revisite l’Opéra avec « Le Fantôme »
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *