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Top 20 des premiers albums d’artistes français que l’on attend en 2015

Top 20 des premiers albums d’artistes français que l’on attend en 2015

22 janvier 2015 | PAR Bastien Stisi

Ils sont français, on en a beaucoup parlé, ils n’ont pas encore connu l’aventure du premier album complet : voici ceux dont on attend impatiemment des nouvelles au cours de l’année à venir…

1. Feu ! Chatterton

Depuis Bashung, Darc ou Cantat, on aura rarement vu groupe capable de manier avec pareille dextérité l’alliance du verbe et de l’instrument, le tout au service d’une pop capable de s’échapper de ces barrières souvent auto-construites par d’autres. Esthétismes du passé (la poésie ainsi interprétée) et armements du présent (des instrus électriques et synthétiques), Feu ! Chatterton, dont on a pu voir le live se muter cette année au fil des dates, est l’incontournable révélation pop française de 2014. Ils sont également la plus grosse attente de 2015

2. Grand Blanc

Dans leurs bagages, le vent froid de l’Est de la France dont ils sont originaires. Dans leur sillage, la glorieuse filiation Curtis (le post-punk rageux) / Bashung (la pop en français) / Cabaret Voltaire (la cold-wave ombrageuse). Dans le paysage, un premier EP éponyme qui a déjà beaucoup fait parler, et un album, très attendu, à venir pour Grand Blanc, l’animal le plus vicelard et autodestructeur du label francophile Entreprise sur lequel les Messins sont hébergés…

3. Blind Digital Citizen

Trois ans après leur apparition sur la scène synthpop française, et après une flopée d’EP de plus en plus excités (cc Ravi, le dernier en date), les Parisiens de Blind Digital Citizen, hébergés comme Grand Blanc chez Entreprise (qui est aussi le label de Moodoïd, de Juniore et de Superets) feront paraître au mois de mars leur premier LP sur lequel on devrait retrouver les ambiances oniriques, vindicatives, épiques et brouillardeuses entrevues en studio, et aussi sur scène, où leurs lives débridés font toujours l’effet d’une trainée de poudre désormais arrivée à destination…« Le meilleur est à venir », disaient-ils hier sur leur confondant « War ». On y compte bien.

4. Kid Wise

On les avait vu enchanter il y a deux années la France entière (ou du moins, celle qui accorde une importance au terme d’indie…) avec leur single « Hope », mélange luxuriant et allongé de post-rock symphonique, d’injonctions pop et de grandiloquences dresseuses de poils. Désormais formidablement familiarisés avec l’exercice du live et portés par des compositions encore plus courageuses qu’hier, les Toulousains de Kid Wise préparent pour le 2 mars un album (L’Innocence) sans concessions FM (les tubes « Hope » et « Forrest » dépassent les 5 minutes…), qui zieutent dans tous les sens, et qui paraît destiné à construire le pont (français) entre la pop de stade et le post-rock de cave.

5. Flavien Berger

Grandement décérébré en live, et formellement cérébral en studio, Flavien Berger fait partie des artistes incontrôlables placés en quarantaine clinique chez les incorruptibles de Pan European (Koudlam, Buvette, Judah Warsky, Poni Hoax…) Ses deux premiers EP invitaient à envisager le voyage comme une expérience aussi apaisante que méchamment dérangeante. Si son premier album, sur lequel il nous disait travailler en interview, est du même niveau, celui-ci fera date. Et bien plus encore.

6. SAmBA De La mUERTE

Concrete Knives, Kuage (qu’il mène avec Gabriel Superpoze), et SAmBA De La mUERTE : le Caennais Adrien Leprêtre accumule les projets de la même manière que sa samba triste et joyeuse accumule les ambiances éthérées et folktronica. Instants de grâce et d’angoisse : les tribulations bipolaires construites sur un premier EP paru chez Combien Mille Records construisent un monde, tout en faisant le tour de celui que l’on connaît déjà. C’est donc un univers tout entier que pourrait bâtir un album que l’on attend pour continuer à rêver peinard.

7. Bloum

Le collectif parisien Bloum, mélangeur d’électronique, d’acoustique, d’images et de rêveries synthétiques, donne la sensation d’hésiter, toujours, entre la récitation d’une synthpop de club et d’une dreampop de songes. C’est qu’il s’agit ici d’une électro pop pour rêveurs somnambules, avec lesquels on passerait bien une nuit (ou même mille et une), tant on a l’impression de voguer ici dans un espace temps parallèle, là où la new wave SF d’hier rencontre avec douceur l’électro sophistiquée d’aujourd’hui.

8. Pérez

Après Lescop et Yan Wagner, voici Pérez, ex-leader d’Adam Kesher, héritier plus sombre de Daho chez qui la pop se fait dandy et bandit, déprimante et bandante, passéiste et moderne. Et en tout point fascinante. Comme cet album que l’on attend avec impatience pour le début de l’année 2015, et qui devrait confirmer la bonne entente de deux termes jadis violemment opposés : celle du langage de la variété naïve et jouisseuse, et celle de la synthpop aux égarements technoïdes.

9. Fakear

On l’avait découvert il y a deux ans avec Morning In Japan, cette merveille d’electronica vivifiée dans lequel les beats ambiances « Soleil levant » explosaient, avec douceur, comme des fleurs de lotus sur un cours d’eau soudainement devenu un poil plus agité…Après un passage réussi quoique plus grave du côté de Damas (l’EP Dark Lands), on aurait eu tendance à accuser Fakear de ne pas franchement se renouveler, et de taper (sur ces pods colorés qu’il maltraite et caresse en live) avec ses productions suivantes là où tout le monde avant tendance à l’attendre. Demeure donc l’interrogation autour d’un album, qui ne devrait plus tarder à venir, et sur la capacité de son géniteur à reproduire aujourd’hui les petites merveilles qu’il était capable de créer hier.

10. Thylacine

Entre Rone, St-Germain, et ses compères de la jeune scène intellectro française (Fakear et Superpoze notamment, avec qui il vient de poser quelques titres sur un éphémère projet à six mains), l’Angevin Thylacine dépose quelques lueurs lumineuses, jazzy et planantes sur quelques beats élancés. Électro de tribu, jazz de cave, electronica de carnet de voyage : l’arrivage d’un album complet devrait confirmer la tendance de ce pensionnaire des Beaux-Arts à contenter de la même manière les cuisses gonflées et les neurones éveillés.

11. Santoré

Electronica royale et house cotonneuse : le projet des deux frères Antoine et Mathieu Gouny, qui se font ici appeler Santoré, revisite l’enfance non pas sur le divan, mais sur un tendre dancefloor ouvert d’esprit, capable de laisser pareil espace à l’électronique et à l’organique. Leur premier EP Tabou, sorti il y a quelques mois, est une merveille absolue. La tête dans les toiles, on attend l’annonce d’une prochaine sortie avec l’impatience d’un gamin sensible et débordant de vie.

12. Camp Claude

Construit avec ce qui se fait de mieux sur la scène cold-wave européenne (soit deux têtes de Tristesse Contemporaine), Camp Claude est le projet de la photographe / graphiste / modeuse Diane Sagnier, qui transforme ici la cold-wave en groove-wave, et la pop décomplexée en ode à la sensualité minaudée. Efficace comme un léger ouragan synthpop bien produit et parfaitement retranscrit.

13. Radio Elvis

Le rock poétique et lettré de Pierre Guénard (le pseudonyme de Radio Elvis) est épris de voyage (du corps et de l’esprit), et le revendique. Dans les textes d’un premier EP (Juste Avant La Traversée) constamment empli d’un vagabondage du verbe et des sens, dans ces mélodies qui s’allongent, changent de chemin en cours en route, s’égarent dans des montées splendides (« Le Continent »), trouvant sa voie au-delà d’un rock qui prend le large du convenu, et brasse dans le même océan pop, variété, et poésie ferréenne. Et si on ose pousser le voyage sur les champs de demain (et donc d’un premier album ?), on ne sera pas surpris d’y retrouver ce continuateur tout jeune de Bashung et de Cantat.

14. Caandides

Attention, ces sucreries-là rendent heureux : non pas parce que leurs mélodies nostalgiques et voyageuses (entre WU-LYF et Beaty Heart) contiennent en elles les substances de la came vilaine, mais plutôt parce qu’elles se montrent efficaces comme un bonbon juteux et sympa, qui parvient, malgré la grande dose de sucre qu’il contient à ne pas incruster de caries dans les dentitions. Par contre, Caandides colle sévèrement à l’esprit, il faut le savoir…

15. Hollydays

Avec le duo fémino-masculin Hollydays, et son EP tout fraîchement sorti en forme de bestiaire pop (l’objet se nomme Des Animaux), on engage des vacances sur des dancefloors où l’on se parle en français, et avec un vocable aux alphabets multiples : la pop se fait ici tribale, sensible, synthétique, noire et claire, et la bestiole est à ranger dans le même enclos (sans verrou pour le fermer) que le premier album de La Féline, que le « Safari Disco Club » de Yelle, que Véronique Samson, que France Gall. Pas besoin de crème solaire sur le corps de Hollydays, car cette pop-là tape sévère sans pour autant cramer les tympans. Et la peau devient belle.

16. Le Noiseur

Entre Biolay, Gainsbourg et Delerm, Le Noiseur est le dernier spécimen pop français sorti par la division label de [PIAS] (qui héberge déjà les plumes pertinentes de Miossec, de Jean-Louis Murat, de Florent Marchet, de Dominique Dalcan…) Ballades au piano, ambiances érotico rétro, libido, désir et voluptés : son premier album, qui succédera au très beau EP Sexual Tourism, sortira cette année.

17. Paradis

Parfait Tirage en 2011, puis Hémisphère en 2012, et maintenant Garde le pour toi : Paradis prend son temps pour construire son petit Eden, aérien et terrien, et nous donne une bonne raison, enfin, de vouloir rallier les cieux. Alors oui, c’est le Paradis, et surtout le bonheur, sur le dancefloor d’abord, et aussi dans les textes, puisque Simon Mény et Pierre Rousseau remettent au goût du jour l’idée d’une house sweety, décomplexée et susurrée dans la langue de Tellier. Dans le ciel, il y a donc une nouvelle bande-son, et à l’horizon, un tout premier album en préparation, pour le discret et rafraîchissant duo.

18. Superpoze

De la même famille musicale que Thylacine et Fakear (ces deux-là partagent aussi une origine caennaise), Superpoze se sert de son trip hop énergique et désossé pour, lui aussi, permettre à l’auditeur l’égarement de l’âme et des jambes. Plus discret aujourd’hui malgré des débuts plus que prometteurs, le Caennais est également responsable du projet Kuage, qu’il partage avec Adrien Leprêtre (mentionné pus haut avec SAmBA De La mUERTE).

19. Cléa Vincent

Entre la pop variétale d’hier (France Gall, Lio) et l’électro pop douce-acide d’aujourd’hui (Yelle, Pendentif), la Française Cléa Vincent trouve sa place dans une alcôve disco pop faussement naïve et vraiment addictive. Signée chez l’indé et scientifiquement sucréMidnight Special Records (Caandides, This Is Avalanche, Alice Lewis…) après une douloureuse expérience du côté du major Universal / Polydor, Cléa Vincent devrait y faire paraître cette année son premier album, après une première tentative avortée et jamais publiée chez le géant major de la rue des Fossés-Saint-Jacques…

20. Dorian & the Dawn Riders

Dorian and the Dawn Riders est le projet solo d’une entité humaine, de ses fantômes, de ses nappes d’electronica déversées sur une pop progressive et cauchemardesque. Si quelqu’un sort vivant de cette escapade bouleversante, on aboutira au premier album que Dorian annonçait préparer il y a quelques semaines…

Et aussi…

Juniore, Princesse, Ambrose, Le Vasco, Inigo Montoya, Peter Pitches, Cliché, Dear Pola

Visuel : (c) pochette de Feu ! Chatterton

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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