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Tops cinéma 2015. Notre sélection des meilleurs films français de l’année

Tops cinéma 2015. Notre sélection des meilleurs films français de l’année

05 décembre 2015 | PAR Gilles Herail

Toute La Culture entame sa série des best-of ciné 2015 avec la catégorie du cinéma français. Souvent caricaturé (à tort) comme un petit milieu refermé sur lui même délaissant difficilement le cadre des grands appartements bourgeois de la capitale. Nos chroniqueurs ciné vont tenter de vous faire changer d’avis en partageant leurs 5 coups de cœur hexagonaux de l’année. 

Gilles

Fatima. Philippe faucon réalise un film incroyablement sensible nous invitant à découvrir l’intimité d’une femme maghrébine à qui personne ne prête attention. Fatima nous parle avec beaucoup de finesse du décalage d’une mère immigrée face à ses filles nées en France et de son ressenti face aux humiliations du quotidien dont elle est victime, cachée derrière un voile de pudeur et d’invisibilité.

Microbe et Gasoil. Michel Gondry nous livre un road movie initiatique drôle et décalé, à son image. Un vrai petit bonheur.

Réalité. Quentin Dupieux poursuit son exploration du non-sense avec une nouvelle fable surréaliste hilarante et perchée, aux frontières du réel.

Marguerite. Catherine Frot brille dans un rôle qui semble avoir été écrit pour elle. Dans une tragicomédie bouleversante sur une passionnée de lyrique chantant comme une casserole.

L’Hermine. Une comédie dramatique magnifiquement écrite et brillamment interprétée. D’une absolue délicatesse.

Olivia

Trois souvenirs de ma jeunesse. Arnaud Desplechin livre un film d’amour et de tourments identitaires absolument bouleversant.

L’Astragale. Brigitte Sy filme avec délicatesse la cavale et l’attente amoureuse de Leïla Bekhti/Albertine Sarrazin.

L’Ombre des femmes. Un Philippe Garrel particulièrement réussi, une histoire simple, touchante, vivante.

Caprice. Emmanuel Mouret au meilleur de sa forme pour une partition charmante et un brin cruelle (lire notre interview d’Emmanuel Mouret).

Belles Familles. Un retour en beauté de Jean-Paul Rappeneau avec une saga familiale romanesque et émouvante

+ (oui, ça fait 6 films, mais je n’en ai choisi que 3 dans la catégorie films américains) un très grand film, La Sapienza d’Eugène Green, vu au coeur de l’été, longtemps après sa sortie: l’amour et le deuil trouvent une résolution à travers l’architecture et une belle forme de sagesse pratique. Avec la sublime Christelle Prot et Fabrizio Rogione (un habitué des films des frères Dardenne)

Yaël

La loi du marché de Stéphane Brizé. Pour le performance éblouissante de Vincent Lindon, pour l’âpreté d’un sujet traité avec les tripes et sans mélodrame et aussi pour la scène filmée à la caméra de supermarché qui est en elle-même une leçon de cinéma. Beaucoup d’émotion au Festival de Cannes.

Trois souvenirs de ma jeunesse. Réflexif mais à chaque minute dans une minutieuse fraîcheur, ce film est un tout grand Desplechin.

La Belle saison. Un film d’éducation sentimentale porté par deux actrices magnifiques (Cécile de France et Izia) et où Catherine Corsini réussit l’alchimie difficile d’accorder intimité et politique, sans la moindre fausse note. Un des grands films de l’année, passé sous silence car sortie en été. A (re)découvrir.

Meurtre à Pacot de Raul Peck. Alors que le réalisateur est en tournage sur les années du jeune Marx, ce meurtre à Pacot présenté à la Berlinale et sur arte est vénéneux, sourd et magnifique sur le deuil d’après le séisme à Haiti. Un film puissant.

Sandra

Avril et le monde truqué de  Franck Ekinci, Christian Desmares, d’après Tardi. Pour l’intrigue originale, les personnages attachants et la réalisation sans faille de ce film d’animation qui transporte le spectateur dans un Paris uchronique et steampunk.

Adama et le monde des souffles de de Simon Rouby. Adama est un conte moderne puisant dans la magie et les mystères de l’Afrique pour traiter un sujet aussi dur que les soldats des contingents coloniaux pendant la Première guerre mondiale. Le jeune Adama est très attachant et les progression scénaristique parfaitement menée.

Tout en haut du monde de Rémi Chayé (pas encore sorti). Un scénario original sur la conquête du grand Nord, une héroïne pleine de courage et de détermination. Un film poétique à la facture surprenante mais envoûtante.

Géraldine

21 nuits avec Pattie, des frères Larrieu, ou l’art de parler sexe cru dans l’amour de la langue, tout en érotisant la littérature… avec la sublime Mathilde Monnier, silhouette évanescente qui revient hanter les vivants en dansant sur les tables.

Comme un avion, de Bruno Podalydès, autre film qui parvient à réunir la nature, la qualité du récit et la fantaisie, comme un viatique pour aborder la cinquantaine sans renoncer à ses rêves de gosse.

Les deux amis, de Louis Garrel, un premier long qui tient ses promesses, malgré quelques scènes superflues. Le récit est transcendé par la beauté et le talent de Golshifteh Farahani, et la tendresse maladroite de Macaigne. A noter, Christophe Honoré a participé à l’écriture du scénario.

Geoffrey

Je ne peux en retenir que deux :

Un jeune poète. Premier long-métrage, très bref, de Damien Manivel, et expérience d’une simplicité d’abord plaisante, puis troublante. Radical, mais aussi ensoleillé, plein de vie et de vérité.

TRAILER • Un jeune poète from william laboury on Vimeo.

Love. On a pu tellement être trompés par la promotion et la polémique ayant entouré ce dernier film de Gaspar Noé. Point de pornographie ici : Love est un récit d’apprentissage, mélancolique, vénéneux et très beau. Gaspar Noé ne se croit pas plus malin que son sujet. Ne méprise pas ses personnages. Sait regarder ce qu’il filme. Spéciale dédicace à certains de nos cinéastes internationaux les plus en vue. Radical, certes, mais humain.

Playlist de la semaine (141)
[Réédition] Van Morrisson : « Astral Weeks » et « His Band and the Street Choir »
Gilles Herail

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