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[Quinzaine des Réalisateurs] « Trois souvenirs de ma jeunesse » : Desplechin brille et révèle deux jeunes talents

[Quinzaine des Réalisateurs] « Trois souvenirs de ma jeunesse » : Desplechin brille et révèle deux jeunes talents

17 mai 2015 | PAR Hugo Saadi

Avec Trois souvenirs de ma jeunesse, un faux préquel de Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) datant de 1996 avec toujours Mathieu Amalric,  Arnaud Desplechin multiplie les genres : romance, teen movie, drame et même espionnage. Le premier coup de cœur de la Quinzaine des Réalisateurs.

[rating=4]

Trois souvenirs de ma jeunesse est donc un mélange de genres surprenant et parfaitement dosé. Mais c’est aussi et surtout le questionnement de trois bases fondamentales d’une relation amoureuse : l’amour, la haine, la reconquête. Pour cela, le réalisateur français ouvre son film sur le personnage de Paul Dédalus, interprété adulte par Mathieu Amalric, rentrant du Tadjikistan. Quelques péripéties plus tard, le voilà face à André Dussolier, haut gradé de la DGSE, obligé de se confronter à son passé et à le dévoiler. Trois chapitres s’ouvrent alors : son enfance chaotique marquée par la mort de sa mère, la Russie, passage de témoin de l’adolescent à l’adulte et enfin Esther, partie la plus dense et la plus émouvante. Avec ces trois ensembles, Desplechin cherche à montrer les histoires qui font de nous ce que nous sommes maintenant.

Grâce à une mise en scène fluide, de superbes voix off, une construction en puzzle et des dialogues aiguisés, le réalisateur français trouve là un sujet qu’il affectionne et maîtrise avec brio. Le 3ème chapitre de ses souvenirs, où il met en scène la relation tumultueuse entre Paul et Esther se savoure dans sa totalité, ne présentant aucun temps mort, le spectateur se délecte des aventures des jeunes adolescents. Les scènes face caméra dont Desplechin raffole, permettent au public de se sentir entièrement concerné et de prendre part aux triangles amoureux aux angles bien nombreux.

Trois souvenirs de ma jeunesse c’est surtout la révélation d’une jeunesse d’acteurs et notamment Quentin Dolmaire et Lou Roy-Lecollinet, incroyables. Ils sont beaux, forts, durs l’un envers l’autre, mais dégagent un amour si puissant que l’on en viendrait presque à les envier. L’ensemble du casting rend le film d’une légèreté qui fait plaisir à voir, quant à Amalric, fidèle à lui-même, toujours parfait dans les films de Desplechin (6ème collaboration déjà !).

Admirablement monté et mis en scène, le nouveau film du français est le premier long-métrage de la Quinzaine des Réalisateurs à marquer autant les esprits, et ce bien longtemps après le générique de fin.

Trois souvenirs de ma jeunesse, un film de Arnaud Desplechin avec Quentin Dolmaire, Lou Roy Lecollinet, Mathieu Amalric. Drame français. 2h. Sortie au cinéma le 20 mai 2015.

Retrouvez tous nos articles sur le 68ème festival de Cannes dans notre dossier Cannes 2015.

Visuels © Jean-Claude Lother / Why Not Productions

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