Cinema

[Séance de minuit] « Amy » : beau portrait intime, riche en risque et en cinéma

[Séance de minuit] « Amy » : beau portrait intime, riche en risque et en cinéma

17 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Ce samedi 16 mai, à minuit, ce documentaire sur Amy Winehouse a été dévoilé aux festivaliers de Cannes. On l’avait vu en avant-première le matin, on savait donc qu’en plus d’être instructif, et émouvant, il présentait des qualités inédites.

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Avec Amy, Asif Kapadia, réalisateur de The warrior et Far North, signe un nouveau documentaire, après Senna. Mais Amy est également un film, un vrai, avec ses originalités. C’est une scène prise, on ne sait pas, au caméscope domestique, ou au portable, qui nous accueille. On en verra bien d’autres. Captées par les équipes de tournée, les amis, ou les spectateurs de concerts… Amy, ou un film d’intimité. Les invités, tous présents en voix off, nous diront que celle de la chanteuse, morte au milieu de l’été 2011 à 27 ans, fut piétinée…

Ceux qui racontent notre artiste soul s’étendent, longuement, sur leur expérience avec elle. Rien ne sera dit au futur : que des faits, rien que des faits. On adore voir défiler cette vie, qui permet de redécouvrir Frank, album remarquable ayant précédé Back to black. Ou de revoir la chanteuse dans ses interventions télé, naturelle à souhait. Juste avant l’ombre, et les terrifiantes images du concert à Belgrade, en 2011… L’inventaire des petits amis est fait, mais à la manière d’un drame : certains eurent un rôle dans la déchéance d’Amy… Et on aime les propos passionnants du pianiste Sam Beste – qui dit que pour Amy, un concert devait se faire façon jazz, dans un club de petite taille – ou du producteur Nick Shymansky.

Bien sûr, on se prend à fredonner « Tears dry on their own », ou les classiques « Rehab », « Back to black » et « You know I’m no good ». Obtient-on, au final, quelques secrets de fabrication des chansons de notre diva ? Oui, car le film prend le temps d’évoquer des morceaux précis. Leur origine, leur importance dans la carrière d’Amy… Et, cerise sur le gâteau, les paroles s’invitent sur l’écran.

En fin de compte, ce documentaire apparaît comme un objet très actuel, et peut-être inédit. On finit par le voir comme un journal filmé de la vie d’Amy : un collage de vidéos faites au portable, de messages sur répondeur, de photos intimes… Avec, en insert, des plans de photographes mitraillant violemment notre star. Ces incursions, couplées avec un sens du rythme très efficace, peuvent aussi le faire ressembler à un quasi film de fiction… On arrête là. A vous d’épuiser cet objet riche et grisant.

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Amy, un documentaire réalisé par Asif Kapadia. Durée : 2h07. En salles le 8 juillet.

Retrouvez tous les films de Minuit dans notre dossier Cannes

Visuels : © PROKINO Filmverleih GmbH

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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