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[Cannes, Un certain regard] « Masaan » : une Inde attachante

[Cannes, Un certain regard] « Masaan » : une Inde attachante

26 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

A Cannes, le jeune réalisateur indien Neeraj Ghaywan nous a livré un premier film bien joué et bien filmé, qui peignait l’Inde actuelle des nécessiteux de manière parlante. On a juste regretté que son récit ne prenne jamais tout à fait corps… En salles le 24 juin.

[rating=3]


La première scène de Masaan plante le décor social du film. De façon énergique, et dure : la jeune Devi est surprise dans une chambre d’hôtel avec un garçon de son âge, et accusée d’être une prostituée. Les conséquences, qui impliqueront un policier véreux, seront terribles pour elle, et pour son vieux père. Dans Masaan, on va suivre également Deepak, jeune homme amoureux d’une fille d’une caste plus riche… Mais une fois notre première scène passée, tout devient plus lumineux : Neeraj Ghaywan veut nous rendre attachants ces Indiens nécessiteux, ou confrontés au problème des castes, qu’il décrit. Ce faisant, il ne fait pas assez varier son ton. Le film nous fait aimer des débrouillards joyeux. Dont on finit par se désintéresser un peu, car il ne leur arrive pas grand-chose… Et peut-être certaines scènes sont-elles trop chargées en sens social, telles celles où Jhonta (Nikhil Sahni), gamin qui assiste le père de Devi, plonge pour ramasser des pièces, tandis que les adultes parient…

Si le sens de l’image du réalisateur le fait parfois tomber dans l’effet superflu – les scènes élégiaques où la musique s’invite, notamment – il n’en reste pas moins qu’il dirige admirablement ses acteurs, notamment Sanjay Mishra, remarquable en père malchanceux, qui s’accroche aux croyances pour ne pas se noyer. S’il ne ne parvient pas à nous bouleverser, à nous entraîner dans un récit haletant, Masaan, de par sa générosité, nous fait passer un moment agréable. Qui nous fait nous poser des questions sur l’avancée actuelle de l’Inde, aussi…

Masaan, un film de Neeraj Ghaywan. Avec Richa Chadda, Sanjay Mishra, Vicky Kaushal, Nikhil Sahni.Bhupesh Singh. Drame, Indien. Durée : 1h43. En salles le 24 juin.

Retrouvez tous les films de la section Un certain regard dans notre dossier Cannes

Visuels : © Pathé Distribution

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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