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Playlist de la semaine (141)

Playlist de la semaine (141)

05 décembre 2015 | PAR Bastien Stisi

Le retour dada-pop d’Animal Collective, le nouveau single de DBFC, le clip tout esthétique de De La Romance…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Animal Collective, « FloriDada »

Comme toujours porté par les ambiances dada-pop qui humectent ses albums depuis maintenant 15 ans, Panda Bear et les Animal Collective dévoilent « FloriDada », un titre qui dit ce qui gouvernera sans doute sur un onzième album à paraître en février chez Domino (Painting With) : les plages ensoleillées d’une Floride au sable coloré par des substances toxiques, et vues à travers l’œil dadaïste d’un Tristan Tzara qui aurait découvert, par un bienheureux hasard, sampleurs, vocodeurs et synthés fossoyeurs de logiques. Brillant.

2. DBFC, « Get It All »

Après l’excellent Leave My Room et son single du même nom, qui avait marqué la première collaboration discographique entre le Français Dombrance et le Mancunien David Shaw (sans son beat cette fois), DBFC revient convoquer la new wave du milieu des eighties (l’héritage Factory Records) et l’électro rock de la fin des nineties (l’héritage French Touch) avec l’efficace « Get It All », qui devrait au moins autant cartonner que son prédécesseur au moment où il sera invité à circuler sur les piste de danse. On donne tout donc.

3. De La Romance, « It’s Time »

Après l’excellent clip du single « Crazy Moon », romance complexe entre une statue faite de marbre et une humaine faite de chair (« le cœur a ses raisons que la raison ignore », disait Pascal…), Vincent Girault, à la tête de son projet d’électro pop sensible et sensuelle De La Romance, fait paraître le clip de « It’s Time », au moins aussi esthétique que le précédent et qui met en scène pour sa part la rencontre des 4 éléments primitifs (l’eau, la terre, le feu, l’air) autour d’un seul être, le mannequin androgyne Alex Wetter. Le premier album éponyme de De La Romance, lui, est disponible depuis le mois d’octobre.

4. Mini Vague, « Le choix de l’autre »

Mini Vague. Qu’il est joli, ce nom de groupe. Et qu’il colle bien aussi avec les ambiances surf-pop délicates et évoquées en Français, conçues par ce duo formé par un garçon (Samuel) et par une fille (Isabel), qui après avoir regardé du côté des Kills, ont tourné le visage vers l’autre côté de La Manche, et rappellent désormais, sur ce premier EP qui vient de paraître, autant la pop variétale et francophile entonnée par la voix des garçons (Aline, Daho, Pharaon de Winter) que par celle des filles (Granville, Pendentif, Autour de Lucie). Sur le rivage, un joli single qui n’hésite en réalité pas vraiment (« Le Choix de l’Autre »), et de jolies perspectives pleines d’écumes et de mirages ensoleillés.

5. Paupière, « Cinq Heures »

Après Fishbach il y a quelques semaines, le label Entreprise annonce la signature du trio canadien Paupière, deux filles (Julia et Éliane) et un garçon (Pierre-Luc) au service d’une new wave rétro et noctambule, évidemment chantée en Français (c’est la marque de fabrique du label), dans la lignée de Grand Blanc (collègues de label) et de Peter Peter (collègues de pays). On découvrira les déambulations synthétiques et french pop du trio en live, bientôt aux Bars en Trans, et en studio sur un premier EP prévu pour le 29 janvier.

6. Pain Noir, « Jamais l’or ne dure »

Il est sur la scène de La Gaîté Lyrique le 11 décembre 2015 et son premier album éponyme (Tomboy Lab / Un Plan Simple), sorti le 23 octobre dernier, est une révélation poétique et musicale. Après le texte foisonnant et doux-amer de son premier magnifique single « La Retenue »,  Pain Noir nous offre un autre instant bouleversant avec Mina Tindle dans une session acoustique pour Le Cargo. Une série de questions scandées à la guitare où leurs deux timbres donnent l’impression de valser les regrets de l’éphémère. (Yaël Hirsch)

7. Eyjafjöll, « Levitation »

L’Eyjafjöll, avant qu’il ne serve les desseins de ce groupe rennais dont on avait déjà noté la parution du très bon single « Shining in the Dark », hébergé sur l’album du même nom, est un massif volcanique localisé dans le sud de l’Islande. Et c’est sans doute afin de faire coordonner les hauteurs évoquées par cette étrangeté de la nature et les ambiances gravitationnelles et hautaines de ce projet-là qu’Eyjafjöll a choisi de se nommer Eyjafjöll. En témoigne, ce « Levitation » qui, bien qu’il pourrait aussi s’envisager dans le recoin d’une crique, conduira forcément très haut, et propose 9 minutes de synthpop psychédéliques, toxiques et magnétiques, porté par un clip en voiture qui déambule sur les routes comme l’on déambule, aussi (ce n’est pas le cas ici), dans les moments de doute.

Visuel : (c) Mini Vague

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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