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Un Tour du « Monde » scénographié par Robert Carsen à l’Opéra Bastille

Un Tour du « Monde » scénographié par Robert Carsen à l’Opéra Bastille

21 septembre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Pour fêter ses 70 ans le Monde, quotidien du soir fondé en 1944 par Hubert Beuve-Méry et que près de 30 000 foyers achètent tous les jours en France, a organisé un grand festival de deux jours sous le toit prestigieux de l’Opéra Bastille. Au cœur de conférences et débats, hier soir, samedi 20 septembre le spectacle Le Monde en scène, mêlait vidéos, chorégraphies, performances et musiques de créateurs venus du monde entier. Un festin de jeunesse et d’images qui a duré plus de 2 heures. Toute La Culture, évidemment, y était.

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Accueillis dans la nef de l’Opéra Bastille par une grande projection de l’artiste japonais Sohei Nishino, le public a soudain vu la scène s’animer dans un feu d’artifice de bouchées et de création contemporaines.

C’est le danseur et acrobate canadien Alexander Lane qui a ouvert et fermé le bal sur une musique de Amon Tobin en dansant avec des cercles. Côté danse,  nous avons été gâtés avec notamment un solo très graphiques datant de 2003 du japonais Hiroaki Umeda, jouant avec le stroboscope et le noir et blanc d’une projection vidéo;

Et surtout, avec une création qui a nous a coupé le souffle : le danseur de flamenco Israel Galvan, chaussons rouges aux pieds bondissant et martelant une version pianoforte du Sacre du printemps interprétée par Sylvie Courvoisier, notre coup de coeur et moment de grâce absolue!  La musique, elle, est allée puiser aux sources de l’Afrique (Lulendo, Seun Kuti) de l’Orient (Trio Joubran) et de jeunes virtuoses classiques (Serena Wang, 10 ans à peine, prodigieux Raphaël Sévère dans Artie Shaw et mention spéciale à la coupe de cheveux décalée de Jean Rondeau clavecinant Scarlatti) et lyriques (Julie Fuchs revisitant Debussy à la sauce années folles). Le contemporain était aussi à l’honneur avec le compositeur allemand Joseph Moog et le gothique jamais démodé avec l’autrichienne Soap and Skin.

L’art vidéo (sexy Laure Prouvost dans le drolatique Swallow) était à l’honneur, et ce même pour parler musique, avec des reprises de succès (entrée très réussie de « Iron » de Woodkid après un monologue d’Hamlet déclamé en VO par l’anglais Eric Kofi-Abrefa, « jeunesse talking blues » de Fauve fait toujours son petit effet, et Chinese man a incorporé un peu d’animation et de BD au tour de piste de la soirée).

Enfin la performance la plus applaudie de la soirée était probablement la création hip-hop irésistible des talentueux G-Nerd et Ron Myles.

Une fois ce florilège goûteux, volontiers très jeune et international digéré, n’hésitez pas à profiter du reste du festival tout ce dimanche sur les 3 sites de l’Opéra de Paris : de l’éducation à Dieu, de Alain Badiou à Daniel Barenboim en passant par Edgar Morin, ils sont nombreux et passionnants à s’exprimer sur notre « Monde » (billets à réserver sur le site du monde à 13 euros la séance. Enfin, le fans de musique ne rateront pas le concert du 23 septembre à l’Olympia, avec à l’affiche : Christine ans the Queens, Jean-Louis Murat, Arnaud Fleurent-Didier et Maissiat.

vsiuel : yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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