Musique
[Live report] Jeune loup de terre, Jean-Louis Murat explose les coeurs de La Maroquinerie

[Live report] Jeune loup de terre, Jean-Louis Murat explose les coeurs de La Maroquinerie

12 septembre 2014 | PAR Bérénice Clerc

Jean-Louis Murat revient accompagné de The Delano orchestra avec Babel, nouvel album, chez PIAS, disponible le 13 octobre pour toutes les oreilles. Le 10 septembre il proposait un concert unique à la Maroquinerie où les mots, leur force, la puissance musicale et la sobriété régnèrent face à une foule humide et dense.

L’été prend ses quartiers à Paris, la Maroquinerie est pleine, un sous sol où la musique respire, les spectateurs debout, attendent un verre à la main le rare Jean-Louis Murat. Comme un loup en forêt il faut guetter sa venue, ne pas le rater et puiser dans son regard bleu vif, aux profondeurs abyssales, la beauté à fréquenter en musique et en verbe puissant.

Des cris sortent déjà de la foule, les fumigènes habillent l’espace de mystère. The Delano Orchestra s’installe, chanteur au centre, Jean-Louis Murat entre à jardin. Comme un enfant en chemise sifflant sur ses terres promises, il fait naître la musique et libère les mots en ombre et lumière de l’aube à la nuit il n’y a qu’un pas, un exil éphémère à partager avec les spectateurs comme un festin.

Jean-Louis Murat pourrait rentrer d’une traversée en mer, descendre d’un tracteur, arriver d’Auvergne à pied, il est là debout, s’amuse, prend plaisir et donne toute son énergie comme si c’était la dernière fois, une urgence rare à vivre la mélancolie, verser des larmes de joie et crier son chagrin à bout de souffle.

Hors du temps, ses mélodies résonnent sur des accords de superbes guitares, un rock hard à la batterie caressé par le violoncelle, les murmures féminins, le piano, les trilles de la trompette. Un tout se forme, se sépare, se croise, se superpose, s’encastre, s’éloigne, se retrouve avec simplicité et sobriété.

Pas de faux blabla de chanteur à succès, les chansons filent comme des frelons en quête de miel, les rythmiques s’emportent, universel électron libre, Jean-Louis Murat emporte la foule sautillante.

Une odeur de praline flotte dans l’air, embruns de cigarette électronique, les cheveux collent aux fronts des spectateurs et des musiciens, la nuit voit le jour et donne naissance à Babel.

Gravé dans les cerveaux des spectateurs chanceux, il sortira en double disque et triple vinyle le 13 octobre. Depuis quelques jours il est possible d’entendre le romantique et mélancolique « J’ai fréquenté la beauté » gratuitement en ligne.

Jean-louis Murat  parle de « Babel » « Il y a un disque de chansons pour danser et rigoler et un disque de chansons tristes. Je suis une chanson triste à moi tout seul » !

La musique reprend, parfois The Delano Orchestra chante accompagné par Jean-Louis Murat, tout est cohérent, rien ne suinte, pas de débordement, la sécheresse essentielle du son et des mots choisis sans hasard, l’amour et la tendresse brûlés par la vie, le visage rongé par l’existence, sculpté par les rires et les larmes.

Le monde est fou et pourtant il reste Jean-Louis Murat, le troupeau s’agrandît et pourtant certains loups sortent pour lécher l’humain, soigner ses plaies et semer leur poésie même si elle semble parfois vaine.

Sur scène les chansons font danser les filles et les garçons, chaque mot donne envie d’être écouté, disséqué et vécu comme un conte de paysan à la voix unique. « Chant soviet », « Frelons d’Asie », « J’ai fréquenté la beauté », « Long John » « Chacun vendrait des grives » et « Chagrin Violette » tournent déjà dans nos têtes chanceuses.

Un beau concert, volcanique, équilibré, un beau moment scénique et musical un emportement sobre, une performance comme devraient être tous les concerts.

Jean-Louis Murat est un pays, il ne connaît pas la sécheresse créative, son franc parler et sa musique roulent et voyagent pour le plaisir de ses fans et de ceux qui le découvriront bientôt.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

3 thoughts on “[Live report] Jeune loup de terre, Jean-Louis Murat explose les coeurs de La Maroquinerie”

Commentaire(s)

  • Remarquable commentaire qui saisit parfaitement le personnage « MURAT » … artiste essentiel s’il n est …

    septembre 12, 2014 at 15 h 26 min
  • Turinay

    Concert génial, c’est du pur Jean-Louis c’est à dire grandiose.

    septembre 13, 2014 at 0 h 07 min
  • Dave

    Bonjour,
    Pas mal pour  » toute la culture  » d’ écrire Maroquinerie avec 2 n; ;)
    Journalisme -2.0

    septembre 13, 2014 at 11 h 32 min

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