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Playlist de la semaine (112)

Playlist de la semaine (112)

18 avril 2015 | PAR Bastien Stisi

Le retournement électro pop d’Alain Champfort, le clip bambin de Caribou, la disparition de Percy Sledge…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Alain Champfort, « Joy »

À 65 ans et pour son premier album paru chez [PIAS] Le Label (Miossec, Dominique Dalcan, Le Noiseur…) Alain Champfort signe après les très cinématographiques Une vie Saint-Laurent (2010) et Elles et Lui (2012) un retour absolument pop, lui qui exporte avec son surprenant single « Joy » son charisme de dandy docile sur des dancefloors synthétiques. On se croirait, sur ce morceau et au sein de cet album éponyme, chez Gaëtan Roussel ou chez le collègue de label Baxter Dury (l’humour gredin en moi), tellement l’ensemble baigne dans une pop qui apparaîtra un peu facile à la première écoute, et sans doute beaucoup plus maligne à la seconde. À écouter absolument pour mesurer le courage du bonhomme.

2. Last Train, « Leaving You Now »

Entre blues rock inquiet, grunge sévère et psychédélisme écorché, Last Train adopte un format pop pour expulser des tripes ce qui s’avère dérisoire. Et autant dire qu’à 20 piges (les cinq musiciens du groupe gravitent autour de cet âge), il demeure encore suffisamment de rage dans le cœur pour que le format EP (Cold Fever, leur premier, est sorti il y a quelques mois) ne soit pas suffisant pour se soigner de manière satisfaisante. Arrive alors un LP, à paraître dans les prochains mois chez Roy Music. Parce que ceci est le genre de train qu’il est nécessaire de ne pas louper, et parce qu’ils trainent une solide réputation live, il faudra constater ces dires-là, lors de l’une des 21 dates françaises du groupe en avril (sic).

3. Caribou, « Can’t Do Without You »

Après le clip de « Our Love », qui mettait en scène l’amour d’un couple du troisième âge, le second clip issu du dernier album de Caribou met en scène, avec « Can’t Do Without You » et quasiment un après la sortie de l’album, l’amour d’un enfant du premier âge. Cet amour, il est offert à ce poisson-chat volant que l’on imagine en peluche, issu d’un monde parallèle ou de l’imaginaire d’un bambin un peu trop déconnecté de la réalité terrestre. En attendant, on retrouvera le DJ canadien, dont on constate l’évidente évolution démocratisante, au Solidays, au mois de juin prochain.

4. Other Lives, « Reconfiguration »

Dans un parking souterrain désaffecté, deux hommes s’affrontent, et se préparent au combat comme s’ils devaient régler leurs comptes par le biais d’un duel d’un autre âge.  C’est à l’escrime que l’honneur se jouera, au sein d’un combat d’épée initialement engagé et virulent, qui évoluera en combat de break dance chorégraphique câlinant, avant que les armes ne reprennent le pouvoir et ne viennent terrasser leur adversaire paradoxal d’un soir. Très drôle et très beau, le clip est celui de « Reconfiguration », issu d’un nouvel album nommé Rituals (et le duel est un, de « rituels »…) placé entre le psychédélisme pop, aérien et terrien d’Alt-J, de Glass Animals ou de Wild Beats.

5. Nicolas Comment, « L’ange du bizarre »

À mille lieux des tendances new wave qu’on associait à Nous Étions Deux, son premier album conçu en 2010 avec Marc Collin et paru chez Kwaidan Records, Nicolas Comment, qui traine à ses basques une multitude de collaborations marquées « chanson française » plus prestigieuses les unes que les autres (de Bashung à Christophe, de Jacques Higelin à Gérard Manset), fait paraître Rose Planète, un album consacré à l’étude d’une relation amoureuse terminée parce que ternie. La démarche rappelle celle de Simon Campocasso sur le premier album de son projet Le Noiseur (Du Bout des Lèvre), et charme par la sincérité et la dextérité de son phrasé lettré. Entre Godard, le Doinel de Truffaut, Biolay et Gainsbourg.

6. Vismets, « Dreamers »

On les connaissait proches de leurs compatriotes de Goose, vecteurs d’une électro pop maligne, bombeuse de torse et briseuse de nuque. Tour de magique, ABRACADABRA (c’est le nom de leur nouvel album) et voilà ces rêveurs-là plein de paillettes dans les yeux et de fleurs dans les cheveux, et le regard tournés vers la décennie 65-75 déifiée. Le format est toujours pop, mais le son carré psyché, lui qui trouve son origine dans les mélodies magiques et déconstruites de Tame Impala, d’Os Mutantes, de Temples. Métaphore fabuleuse, et quelques folies à venir : au Social Club le 5 juin, et au Glazart le 10 juillet.

7. Percy Sledge, « When A Man Loves A Woman »

« When a man loves a women »… qui n’a pas emballé là-dessus, un jour, une boum d’après-midi, en ayant pioché au choix dans la discothèque des parents ou des grands-parents ? L’éternel crooner à la voix éraillée s’en est allé le 14 avril à l’âge de 73 ans laissant derrière lui des slows mémorables tels que « Warm And Tender Love », « It Tears Me Up », « Out Of Left Field »… Il fut le soulman sans qui le quart d’heure américain n’aurait eu aucun sens. Pour la peine on dansera un peu joue contre joue. Amélie Blaustein Niddam

Visuel : (c) pochette de Rose Planète de Nicolas Comment

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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