Pop / Rock

[Live report] Goose à la Gaîté Lyrique : canonnade tonitruante d’électro-rock musclé

[Live report] Goose à la Gaîté Lyrique : canonnade tonitruante d’électro-rock musclé

25 avril 2013 | PAR Bastien Stisi

control control control

Qu’attendait-on précisément d’un concert de Goose, ce quatuor originaire du plat pays belge plus bruyant et énergique que la canonnade raisonnante de Waterloo, dans les travées isolées et expertisées de la Gaîté Lyrique ? Que le groupe fasse se mouvoir les bobos et les hipsters familiers des lieux dans une même frénésie rock et technoïde, avec la même force scénique qu’il l’avait fait déjà lors de la première partie de Vitalic au Zénith, en décembre dernier. Bingo.

Certains de nos camarades, merveilleux prophètes accoutumés aux vibrations scéniques des belges les plus bruyants de la scène électro rock actuelle, avaient vu juste en enfilant dans leurs oreilles quelques écouteurs et quelques Boules Quies destinées à atténuer les conséquentes résonances à venir…La surdité est donc l’affaire de tous.

Chez Goose, il n’est en effet nullement question de compromis ni de favoritisme : si les rétines s’émiettent sous les coups de force des néons baladeurs et des stroboscopes épidermiques qui s’excitent sur scène sans interruption aucune, les tympans sifflent avec insistance et ne survivent pas davantage, asphyxiés sous la mitraille rock et technoïde balancée bruyamment par quatre belges venus rappeler au Monde ce que le terme « bêtes de scène » implique de plus vrai et de plus brutal.

Vecteurs d’un rock gonflé aux amphétamines électro calibré pour les espaces larges et étendus (pour des stades immenses, idéalement…), qui donne davantage l’envie de bomber le torse avec fierté que de se trémousser avec sensualité, les quatre garçons de Goose, tout de noirs vêtus, enchaînent avec une efficacité redoutable les morceaux de leurs trois albums studios, avec une préférence affirmée pour les titres du dernier opus en date, le terriblement rock Control Control Control.

Guitares lourdes et électriques, synthétiseurs gueulards et new-wave, batterie sonore et insistante, vocalité pop et héroïque, les tubes s’allongent pour faire durer plus encore un plaisir profondément ressenti par une foule rendue complètement ivre par les coups de buttoirs répétés d’un show qui, lorsqu’il ne se macule pas d’égarements métaleux et transcendant (l’excellent « Control »), propose quelques touches d’électro disco synthétique convaincante.

Le jeu de lumière forme des nappes blanches, vertes et rouges sur la scène et sur la fosse. Les tubes « Audience », « Words » ou « Synrise » évoquent des familiarités musicales au profane. La Gaîté Lyrique a chaud, et ce n’est pas l’électro punk inflammable de « Bring it On » qui calmera cette suffocation corporelle et mouvante.

Si le show ne varie guère et propose inlassablement des mélodies temporisatrices constamment ponctuées par de lourdes envolées d’électro-rock grandiloquentes, la performance du quatuor ne faiblira pas pour autant, et manquera même de plonger la Gaîté Lyrique dans une folie furieuse et fascinante lors de l’interprétation à rallonge d’un « Can’t stop me now » merveilleux de dynamisme et de maîtrise pop.

Après un rappel arrangeant, le concert sera ponctué par une bacchanale assommante de larsens synthétiques et guitareux, qui ne semblera jamais devoir se terminer, à l’image des sifflements récurrents dans nos tympans, qui ne nous ont pas encore quitté, quelques heures après le terme de la performance de ces belges timbrés et diablement dynamiques…

Visuel © : pochette de Control Control Control de Goose

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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