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La sélection cinéma du 26 mars

La sélection cinéma du 26 mars

26 mars 2014 | PAR Marie Boscher

Votre semaine cinématographique est placée sous le signe des rapports. Violence, intransigeance, doute, simplicité, force, passion : tous les aspects des relations entre les êtres sont traités dans les films de la semaine qui vous entraînent par monts et par vaux pour les ausculter.

Pour commencer la semaine, Aimer, boire et chanter, l’ultime film d’Alain Resnais qui nous a quittés le 1er mars dernier. Un film au titre plein de l’énergie du réalisateur et qui sonne « comme un appel joyeux à profiter des choses de la vie ». L’histoire de George Riley, qui du fond de sa campagne du Yorkshire reste malgré sa maladie, un séducteur. Auprès de ses amis de toujours (interprétés par Sabine Azéma, André Dussolier, Hyppolite Girardot, Sandrine Kiberlain, Caroline Silhol, …) et dans leur troupe de théâtre, George bouscule l’ordre établi des couples et réorganise la vie de tous. Adapté de la pièce d’Alan Ayckbourn, le film est empli du flegme anglais et des couleurs gaies si chères à Alain Resnais. Une sortie de scène élégante pour le réalisateur et revigorante pour le spectateur. Toute La Culture vous proposait de gagner vos places pour le découvrir.

[Aimer, boire et chanter d’Alain Resnais. Avec Sabine Azéma, Hippolyte Girardot, Caroline Silhol. Comédie française, 1h48] [rating=4]

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La réalisatrice des Gamins raconte ici l’histoire d’une bande de copines dont l’héroïne, Marie, est fraîchement célibataire et découvre la vie nocturne de ses copines et la chasse aux Jules qui s’opère chaque week-end. Une comédie « girly » pour trentenaires, sympathique quoique réchauffée. On pense bien sûr à Tout ce qui brille ou à Bridget Jones qui ont déjà éculé le thème de la trentenaire qui vit son célibat comme une tare. A voir entre copines dans le même état esprit que la bande de Marie.

[Les Gazelles de Mona Achache. Avec Camille Chamoux, Audrey Fleurot, Anne Brochet. Comédie française, 1h39] [rating=2]

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Romance toujours, mais dramatique pour le dernier film de Kiyoshi Kurosawa. Koichi est le petit-ami d’Atsumi, une talentueuse dessinatrice qui a tenté de mettre fin à ses jours et se retrouve dans le coma. Fou d’amour et dans l’incompréhension totale face au geste désespéré de son aimée, il va rejoindre un programme novateur qui permet d’entrer dans l’inconscient d’Atsumi pour tenter de comprendre et de la ramener au réel. Un synopsis qui rappelle Inception et qui promet des twists de scénarios aussi fous mais n’a apparemment pas bénéficié du même budget. Mais la pureté de l’histoire d’amour et l’ambition de l’expérience rehaussent les quelques maladresses du film.

[Real de Kiyoshi Kurosawa. Avec Takeru Sato, Haruka Ayase, Jô Odagiri. Romance fantastique japonaise, 2h07] [rating=3]

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Le blockbuster de la semaine, c’est le second volet de Captain America, le soldat de l’hiver. Steve Rogers aka Captain America se retrouve pris dans une conspiration après qu’un de ses collègues du S.H.I.E.L.D. se soit fait attaqué. Avec Black Widow, campée par Scarlett Johansson, et Le Faucon, tous trois tentent de révéler le complot et se retrouvent face à un nouvel ennemi, le Soldat de l’Hiver. Un film qui respecte les codes du blockbuster à l’américaine mais qui pêche parfois par un scénario prévisible et linéaire.

[Captain America 2, le Soldat de l’Hiver d’Anthony et Joe Russo. Avec Chris Evans, Scarlett Johansson, Sebastian Stan. Film d’action américain, 2h08] [rating=3]

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Dans De toutes nos forces, Jacques Gamblin campe le rôle de Paul, un père qui se noie dans le travail pour oublier la pesanteur de son quotidien. Chez lui, un fils handicapé, Julien, loin de l’image du fils sportif qu’il se faisait. Une mère sur-protectrice et envahissante jouée par Alexandra Lamy. Suite à un licenciement et un défi lancé par son fils, Paul se retrouve à jouer à nouveau le rôle de père qu’il a longtemps fui. A deux, ils vont s’entraîner et se rapprocher pour tenter de relever le pari fou de réaliser le marathon Ironman de Nice. Un film à la construction classique mais dont on peut difficilement ignorer la force émotionnelle. A travers un jeu d’acteurs simple et touchant, le film pourrait bien vous faire verser votre petite larme.

[De toutes nos forces, de Niels Tavernier. Avec Jacques Gamblin, Alexandra Lamy, Fabien Héraud. Comédie dramatique française, 1h30] [rating=3]

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La réalisatrice Nora Holofcener présente cette semaine son dernier film, All about Albert, dont l’affiche est tenu par le regretté James Gondolfini et Julia Louis-Dreyfus. C’est l’histoire d’Eva, une masseuse qui rencontre dans la même soirée Marianne, une cliente avec qui elle va se lier d’amitié, et Albert qui va devenir son amant. La pétillante Marianne passe ses journées à déblatérer sur les défauts de son ex-mari, ce qui fait beaucoup rire Eva jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive que l’ex-époux n’est autre qu’Albert… Un triangle relationnel savoureux qui ne tombe pas dans le vulgaire et offre une bulle d’air légère, en toute simplicité.

[All About Albert, de Nora Holofcener Avec James Gondolfini, Julia Louis-Dreyfus, Toni Colette. Comédie américaine, 1h33] [rating=3]

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Loin de ses travaux pornographiques pour lesquels il s’est fait connaître, Bruce LaBruce propose dans Gerontophilia un regard sensible sur la sexualité du jeune Lake. Âgé de 18 ans, ce dernier se rend compte qu’il est sexuellement attiré par les hommes beaucoup plus âgés. Alors qu’il travaille dans une maison de retraite, il tombe sous le charme de M. Peabody, fringant monsieur de 82 ans. Un voyage surprenant sur un sujet qui étonne, mais que Bruce LaBruce traite avec tendresse, sans chercher à choquer. Toute La Culture proposait en partenariat avec Epicentre Films de gagner vos places pour le découvrir.

[Gerontophilia, de Bruce LaBruce. Avec Pier-Gabriel Lajoie, Walter Borden, Katie Boland. Comédie romantique canadienne, 1h22] [rating=3]

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Nommé 8 fois à la Berlinale 2013 et vainqueur de l’Ours d’argent de la meilleure contribution artistique, Leçons d’harmonie est un drame qui raconte la froide vengeance d’un garçon sur un camarade racketteur. Le jeune réalisateur Emir Baigazin traite ici de la violence comme le rituel d’une contrée où la bestialité des hommes est exacerbée par un climat bouillonnant.

[Leçons d’harmonie, d’Emir Baigazin. Avec Timur Aidarbekov, Aslan Anarbayev, Mukhtar Andassov. Drame kazakh, russe et allemand, 1h44]

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Après s’être interrogée sur la place du travestissement dans les comédies musicales, Toute La Culture a sélectionné le documentaire de Jeffrey Schwarz sur le drag-queen Divine. Né Harris Glenn Milstead, Divine est obèse et se vêt d’habits féminins outranciers. Mais Divine n’en a que faire : d’icône marginale à star de renommé internationale, il est resté fidèle à ce qu’il était. Égérie du réalisateur John Waters, il est présenté ici par un collaborateur du réalisateur qui pouvait raconter mieux que quiconque l’histoire de ce personnage hors du commun.

[I am Divine, de Jeffrey Schwarz. Avec Divine, John Waters, Ricki Lake. Documentaire américain, 1h30]

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Enfin, de sortie également cette semaine, Sacro GRA, un documentaire de Gianfranco Rosi. Lion d’Or à la Mostra de Venise de 2013, le réalisateur signe ici un reportage haut en couleur sur les personnages qui habitent les alentours du périphérique romain. Le GRA (Grande Raccordo Anulare) est le réceptacle historique des marginaux de Rome. Gianfranco Rosi y a rencontré le dernier pêcheur d’anguilles de la ville, un botaniste déjanté ou encore un aristocrate et sa fille qui conversent allègrement dans leur petit logement.

[Sacro GRA, de Gianfranco Rosi. Documentaire italien, 1h33]

Visuels : photos et affiches officielles des films.

L’interview stroboscopique : Grindi Manberg
[Critique] « Captain America 2, le soldat de l’hiver », nouvel épisode en demi-teinte
Marie Boscher

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