A l'affiche
[Critique] « Real » Inception japonais intimiste de Kiyoshi Kurosawa (Tokyo Sonata)

[Critique] « Real » Inception japonais intimiste de Kiyoshi Kurosawa (Tokyo Sonata)

25 mars 2014 | PAR Gilles Herail

Bien qu’inabouti et trop touffu sur la forme et sur le fond, Real nous embarque dans un objet hybride mêlant romance, horreur, fantastique, science-fiction et onirisme. Surprenant.

[rating=3]

Sypnosis officiel : Atsumi, talentueuse dessinatrice de mangas, se retrouve plongée dans le coma après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Son petit-ami Koichi ne comprend pas cet acte insensé, d’autant qu’ils s’aimaient passionnément. Afin de la ramener dans le réel, il rejoint un programme novateur permettant de pénétrer dans l’inconscient de sa compagne. Mais le système l’envoie-t-il vraiment là où il croit ? Tokyo Sonata avait séduit la critique et le public (mais pas notre journaliste !) en 2009. Le réalisateur Kiyoshi Kurosawa revient ici avec l’adaptation d’un manga dont le postulat fait immédiatement penser à Inception. Une entrée dans le subconscient de la femme aimée, plongée dans le coma après une tentative de suicide pour comprendre les raisons de son acte et la ramener vers la vie. L’élément de Science Fiction permet l’intrusion d’un univers inconscient mêlant figures fantomatiques, réalité altérée et des règles spatiotemporelles bouleversées qui fluctuent au gré de l’évolution psychologique du personnage féminin. Real met en scène une ambiance de science-fiction froide et clinique où s’intègrent des apparitions horrifiques dans un mélange surprenant qui séduit malgré un budget limité.

Le réalisateur s’autorise un twist assez inattendu au milieu du film qui redessine les enjeux du scénario et emmène le film vers d’autres territoires. En maintenant l’élément de romance mais en s’aventurant sur des questionnements différents. La culpabilité. Les traumatismes d’enfance et les démons qui reviennent hanter les personnages principaux. Au lieu de suggérer, le réalisateur préfère mettre en image ses métaphores avec une créature mythique qui s’invite dans l’histoire. Le film devient alors un fourre tout quelque peu brouillon où le spectateur tente de suivre tant bien que mal un univers dont la cohérence est sans cesse chamboulée. Real a visiblement bénéficié d’un budget insuffisant au regard de ses ambitions visuelles et pêche parfois clairement par un manque de crédibilité. L’histoire d’amour, simple et pure, au centre du récit, laisse pourtant une chance au spectateur de rester immergé. Surprenant, ce film japonais est loin d’être parfait et certains trouveront le temps long sur les 2 heures que durent le film. Real reste malgré tout une véritable expérience, de découverte d’un 7ème art nippon dont les références et la manière de représenter les sentiments sont radicalement différentes. Pour les curieux prêts à laisser leur chance à un film ambitieux qui raconte aussi une belle histoire plus simple qu’il n’y parait.

Gilles Hérail

Real, un drame romantique de science-fiction de Kiyoshi Kurosawa, durée 2h07, sortie le 26 Mars 2014
Réouverture troublée du Carreau du Temple
[Critique] « Les gazelles » : Plaisir des yeux sans brillance
Gilles Herail

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture