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Playlist de la semaine (110)

Playlist de la semaine (110)

04 avril 2015 | PAR Bastien Stisi

Le grand retour de We Are Match, la parution enfin actuelle du nouvel Autour de Lucie, le nouvel épisode de la trilogie vidéo réalisée par Julien Carot…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. We Are Match, « Speaking Machines »

« Speaking Machines » marque le retour des We Are Match, isolés depuis un an (et tous en collocation…) dans une banlieue lointaine afin d’y composer leur premier album, largement attendu depuis le petit succès qui avait occasionné leur couronnement sur la scène tremplin des Inrocks Lab, un nouveau morceau plein d’une pop progressive, ambitieuse, mélodique, rythmique et féline (on aurait employé le terme même sans leur association visuelle récurrente à la figure du chat.) Ils présenteront ce premier album et ce « Speaking Machines » (accompagné ici d’un clip noir, blanc, et figuratif) au Café de la Danse le 7 avril prochain, introduits par le rock cultivé de Radio Elvis, nouvelle signature du label francophile de [PIAS].

2. Autour de Lucie, « Détache »

En 2013, en ouverture d’un concert (très moyen) donné par Aline à L’Alhambra, Autour de Lucie manifestait son retour sur scène après une dizaine d’années de mutisme, et dévoilait « Ta Lumière Particulière », un morceau censé introduire de peu la sortie d’un nouvel album. Deux ans plus tard, et après quelques péripéties manifestent, ce cinquième album se dévoile enfin, toujours pénétré par ce zéphyr de fraîcheur reliant classicisme pop et chansons en français. Ici, Valérie Leulliot et Sébastien Lafargue proposent « Détache », petit tube sincère et bien orchestré qui donnera aux fans la sensation qu’il n’aura finalement pas été si mal de patienter jusqu’ici. L’album, qui sort le 20 avril, sera présenté en avant-première à la Maroquinerie le 9 avril prochain.

3. Arandel, « Solarispellis Part II »

Dans le clip de « Solarispellis Part 1 », on suivait le quotidien banal d’un habitant terrien débarqué sur une planète qui, au contraire, ne paraissait pas banale (la Lune, où un autre territoire du système solaire). Dans celui de « Solarispellis Part 2 », ce même terrien, embarqué dans une expédition de reconnaissance aventureuse, se retrouve suivi par une sorte de hérisson reptilien et rampant, semblable à un rouleau de printemps plein de poils marrons. Finalement devenus complices (comme dans Le Petit Prince, finalement), ces deux êtres s’apaisent l’un près de l’autre comme s’ils avaient toujours été de bons amis, sous les regards interrogés d’une armée d’autres larves poilues…Reste à savoir ce qu’il adviendra du curieux tandem et de cette planète inconnue, dont le réalisateur Julien Carnot livrera la suite (et la fin, puisqu’il s’agit d’une trilogie) dans le clip à venir de « Solarispellis Part 3 ». En attendant, il faut continuer à écouter le très bon second album d’Arandel, paru chez InFiné en janvier.

4. Amarillo, « Long Gone »

Dernièrement apparus dans l’intimité branchée du Silencio, puis dans celle du Perchoir quelques jours plus tard, les Français d’Amarillo prennent le large dans le clip de « Long Gone », ce morceau issu de leur premier EP paru chez le label à hélices (microqlima) – qui héberge aussi Cliché et Moon –, qui voit le quintet circuler à bords d’un engin marin sur des eaux dessinées dans un 3D très Windows 98. Une fois échappés des griffes de quelques obstacles dont la dangerosité rappelle plus Super Mario de Nintendo que L’Odyssée d’Homer, voilà les garçons passés, en une fraction de seconde, du bleu de l’océan à celui du ciel. Tout cela est magique, et rappelle, parce qu’il y a la présence de ces ritournelles pop, douces et mélodiques, les morceaux les plus fédérateurs des sacro-saints Beatles. Et ce parallèle n’est peut-être pas un hasard : car cet engin paraît bien être un curieux sous-marin, et car Amarillo, en espagnol, est l’équivalent de la couleur jaune…

5. Rouge Congo, « Seoul »

Dans une cité rémoise au réservoir électro pop décidément stupéfiant (Brodinski, Yuksek, The Shoes, The Bewitched Hands, About The Girl…), il convient désormais d’ajouter le nom de Rouge Congo, quatuor encore en âge d’entonner des refrains pas difficiles sans pour autant passer pour un produit falsifié. Cette pop-là évoque le voyage géographique (« Séoul », « Sultans ») et temporel (on est ici en territoire eighty), et implique les idées de refrains rendez-vous, de tentatives progressistes, de gimmick judicieusement sélectionnés. On suivra le fort potentiel « pop addiction » de ce quatuor-là (mené par le chant couplé d’un duo de chanteurs), et on les découvrira en live à l’occasion des Inouïs du Printemps de Bourges, fin avril.

6. Daven Keller, « Slogan »

Sans doute lassé de demeurer aussi souvent dans l’ombre des autres (le type a produit les fadasses Dombasle et Matmatah, mais aussi le 100% VIP dégénéré Katerine), et parce que ses premiers albums ne sont pas non plus parvenus à faire se bousculer les foules aux guichets de stades de foot (on parlera d’albums « confidentiels »), Daven Keller s’autorise l’occupation du devant de la scène à l’occasion de la sortie de son clip « Slogan », un clip durant lequel l’œil du spectateur ne pourra quitter des yeux ce Français et son matériel percussif frappé du lever au coucher du Soleil, des champs près des éoliennes aux toits des immeubles. Comme une métaphore d’une obstination enfin payante : après les sorties de Réaction A et de Réaction B, Réaction C – qui cite Daho autant que Perez – paraît en effet être l’album qui devait enfin lui offrir la visibilité qu’il mérite.

7. Vendredi, « Adonis »

Sur « Adonis », Charles et Pierre-Elie de Vendredi (qui ont introduit le concert de Glass Animals il y a deux semaines à la Gaîté Lyrique) superposent les samples et les influences, récoltées au croisement des parcours constitutifs du label Nø Førmat (qui héberge ce second EP Sola Nocte), et naviguent entre les territoires de Bonobo, de Matos et de Bobmo. L’envie de se perdre, soudain, avec ou sans Robinson pour nous refiler un prénom stupide, sur une île déserte, sur laquelle ne résiderait que réalité évacuée et rêveries aérées.

Visuel : (c) pochette de Tomorrow Well’s Be Long Gone d’Amarillo

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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