Actu
Chantal Thomas entre à l’Académie française

Chantal Thomas entre à l’Académie française

29 janvier 2021 | PAR Lise Ripoche

Elle est la dixième femme à prendre place sous la Coupole historique de l’Académie, fondée par Richelieu en 1635. Écrivaine et essayiste, Chantal Thomas cultive un style raffiné, qu’elle applique avec polyvalence autant à l’autobiographie qu’à l’essai historique, au roman et qu’à l’épitaphe. 

 

La dixième

Le 28 janvier 2021, Chantal Thomas reprend le fauteuil numéro 12 laissé vacant en 2017 par Jean d’Ormesson, et devient la dixième femme à intégrer la prestigieuse Académie française, parmi lesquelles l’illustre Marguerite Yourcenar et la philologue et philosophe Barbara Cassin. Obtenant la majorité absolue dès le premier tour, Chantal Thomas se fait reconnaître parmi le panthéon des auteurs français, grâce à son oeuvre pluridisciplinaire et pointue, transmettant par ses ouvrages son amour de la langue et de la culture française.

 

« Je vous écrirai, je vous décrirai »

Chantal Thomas est née en 1945 dans le Bassin d’Arcachon, et grandit auprès d’une mère éprise d’une liberté farouche, qui lui apprend à aimer se transir dans les eaux de l’océan. Cette enfance, qu’elle raconte en 2017 dans le roman autobiographique et intimiste Souvenirs de la marée basse, elle la quitte bientôt pour partir, et éprouver par la distance le besoin d’écrire. « Le voyage fait de chacun un écrivain : au revoir, je vous écrirai, je vous décrirai ce qui nous sépare. » énonce-t-elle dans Comment supporter sa liberté. 

A partir de là, les livres deviennent sa maison. Elle écrit dans Souffrir « Le petit toit que forment les livres lorsqu’on les entrouvre, tranche tournée vers le ciel, est le plus sûr des abris ». Chantal Thomas se fait connaître du grand public avec son livre les Adieux à la reine, récompensé du prix Fémina en 2002 et adapté au cinéma par Benoît Jacquot. Dix-huitièmiste de formation et de coeur, elle se passionne très tôt pour le personnage de Casanova, à qui elle dédie Casanova, un voyage libertin paru en 1985. Sous le patronage de celui qu’elle nomme son « maître en signifiance », Roland Barthes, elle réalise une thèse sur le Marquis de Sade, autre figure mythique de la marginalité, longtemps placé à l’anathème à cause de la crudité de son oeuvre. Chantal Thomas s’emploie donc, grâce au raffinement de son style et à sa profonde intelligence des textes à légitimer l’étude académique de ces personnages relégués aux marges de l’histoire pour leur aura de scandale. Dès lors, son élection à l’Académie Française. 

visuel (cà Laetitia Larralde

 

 

 

Gérardmer 2021 : « Aquariens » et « Sous la mousse », quand l’eau (re)devient terrifiante
Beata Umubyeyi Mairesse remporte le Prix des Cinq continents
Lise Ripoche

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture