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Gérardmer 2021 : « Aquariens » et « Sous la mousse », quand l’eau (re)devient terrifiante

Gérardmer 2021 : « Aquariens » et « Sous la mousse », quand l’eau (re)devient terrifiante

29 janvier 2021 | PAR Manon Bonnenfant

Après les pépites françaises et canadiennes, place aux courts-métrages de cette nouvelle édition du Festival de Gérardmer. Parmi notre sélection : Aquariens et Sous la mousse, tous deux reliés par la thématique de l’eau. Pour le meilleur, mais aussi et surtout pour le pire. Aquaphobes s’abstenir ! 

Aquariens (Alice Barsby)

Alice Barsby signe ici son premier court-métrage. Aquariens, c’est le nom donné à ce nouveau monde balayé par de gigantesques marées. Et dans ce monde, un couple d’irréductibles refuse de quitter le littoral. Seul leur fils tente de les convaincre de partir tant qu’il en est encore temps. Une atmosphère pesante s’installe dès les premières secondes : l’eau, la mer, est impitoyable, elle aura repris ses pleins droits sur l’homme quitte à l’engloutir et le piéger comme des poissons dans un aquarium. Les personnages et leur rapport à l’eau divergent : pour les parents, « c’est beau » mais pour le fils, « c’est le monde qui crève. » C’est ce paradoxe de vie/mort qui est abordé dans Aquariens, l’eau comme une emprise sur les humains, à la fois ensorcelante, oppressante, terrifiante. On appréciera la présence d’une musique électro psychédélique, dont les notes épousent parfaitement la montée de la marée, inexorable, vorace.

Sous la mousse (Ollivier Briand)

Le « moment du bain » n’aura jamais été aussi effrayant. Yvan (Lysandre Robic), six ans et gardé par une baby-sitter peu investie (Hélène Vienne), découvre un monstre dans son bain. Oscillant entre comique enfantin et pure épouvante, Sous la mousse explore en réalité les différents regards sur le monde portés par l’enfance d’un côté, et l’âge adulte de l’autre. L’innocence, l’insouciance, l’expérience « directe » de l’enfant versus les bagages et projections de l’adulte. Quels rapports Yvan et la baby-sitter entretiennent-ils chacun face au monstre de la baignoire ? Les effets spéciaux ont bénéficié d’un long et fastidieux travail post-tournage (usage de marionnette), et le résultat est un hommage amoureux aux The Thing, La Mouche, Predator ou encore Alien. Préparez-vous à un final chargé en hémoglobines. De quoi ravir les aficionados du genre !

Aquariens et Sous la mousse sont encore disponibles jusqu’à dimanche soir, ici

Visuel : © Festival Gérardmer

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Manon Bonnenfant

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