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Playlist de la semaine (89)

Playlist de la semaine (89)

01 novembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Le retour sans intérêt de Marilyn Manson, le nouveau projet encore plus brutal de Paul Régimbeau (aka Mondkopf), et la pop toute fraîche de Néo-zélandais très familles… la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Marilyn Manson, « Third Day Of A Seven Day Binge »

Après une collaboration plutôt réussie l’an passé aux côtés de Mr Oizo sur le single pervers « Solid » (« You look like shit when you dance »), le crooner néo-métal Marilyn Manson annonce la sortie d’un prochain album studio à paraître en 2015, et introduit le tout par le biais d’un titre qui copine avec le banal, porté par un clip absolument sobre, soit tout le contraire de l’état manifesté par ce premier extrait évoquant le troisième jour d’une semaine de cuite. L’heure de gloire ce cette idole-là fut le début des années 2000. Et la gueule de bois, sans doute, pour ceux qui n’auraient pas vu vieillir le rock faussement crade d’un artiste qui devra continuer à s’appuyer sur les traces du passé pour continuer à exister.

2. Extreme Precautions, « Untitled 03 »

Avec son nouveau projet Extreme Precautions, qui intervient quelques mois seulement après la sortie de son apocalyptique album Hadès sous le nom de Mondkopf, le Français Paul Régimbeau remet un coup de pompe grandiose dans les portes de l’Enfer, et y déverse une electronica hardcore et vénéneuse, dont les quelques dangereux élans technoïdes semblent avoir été conçus pour que l’on puisse s’échapper du lieu délétère au plus vite. Sauf que l’on y reste, dans un album à la brutalité abyssale composé en une semaine (et sans doute sous camisole), qui puise dans le bruitisme heavy, dans les distorsions des machines et dans les chants sectaires pour se faire le premier épisode d’un projet qui porte merveilleusement son nom…À ne mettre que dans les tympans les plus avertis. Ou dans les esprits suffisamment rongés pour être encore capable d’encaisser la violence du monde…

3. Streets Of Laredo, « Slow Train »

Le dimanche, lors des repas de famille organisés par la famille Gibson (Daniel, Dave et Sarahjane en sont issus), on imagine un grand bol coloré rempli de champignons hallucinogènes destinés à être saisis à grande poignée. Le premier album de Dylan qui tourne sur une platine vinyle, bientôt suivi par celui d’Edward Sharpe, puis par celui de MGMT. Au mur, une carte de Brooklyn, indiquant la destination que les futurs membres de Steets of Laredo rejoindront bientôt, échappés de leur Néo-Zélande natale dont ils auront tout de même pris le temps d’adopter la rêverie envolée propre aux figures récentes du pays (ceux émanant de l’excellent label Future Classic, par exemple). Streets of Laredo fait de la pop comme certains affirment que les rêves sont des expériences à conter comme les autres. Leur premier album vient de sortir chez Dine Alone Records. « Slow Train » en est le nouvel extrait, celui qui permettra à tous de prendre le wagon de la pop qui rafraîchit sans pour autant refroidir.

4. Aquilo, « I Gave It All »

Peut-être trouvera-t-il enfin une raison d’ôter cette capuche et ce bonnet qui lui cachent le haut du visage, en même temps que cette mine d’âme torturée qui semble irréversiblement lui coller à la peau. Avec Aquilo, le producteur / chanteur SOHN pourrait en effet avoir enfin trouvé les compagnons de spleen qui manquaient à son existence, un duo qui évoquera également aux amateurs de post-dubstep versant R&B les jolies pleurnicheries d’How To Dress Well, de Jeremie Whistler ou d’Oscar and The Wolf. Des compagnons, ou plutôt, des poulains, si l’on considère que le duo britannique n’a pas encore dépassé les vingt piges, un projet dont on attend l’EP chez Oskar Recordings (le label des bizarres In The Valley Below), et dont on peut déjà écouter le très mélancolique « I Gave It All »

5. Hollydays, « Des Animaux »

Avec le duo fémino-masculin Hollydays, et son EP tout fraîchement sorti en forme de bestiaire pop (l’objet se nomme Des Animaux), on engage des vacances sur des dancefloors où l’on se parle en français, et avec un vocable aux alphabets multiples : la pop se fait ici tribale, sensible, synthétique, noire et claire, et la bestiole est à ranger dans le même enclos (sans verrou pour le fermer) que le premier album de La Féline (sorti cette semaine), que le « Safari Disco Club » de Yelle, que Véronique Samson, aussi, dont le tandem reprend avec efficacité le classique « Bahia ». Pas besoin de crème solaire sur le corps de Hollydays, car cette pop-là tape sévère sans pour autant cramer les tympans. Et la peau devient belle.

6. DBFC, « Leave My Room »

Dombrance, David Shaw (ex Black Strobe), Antoine Reininger, Guillaume Rossel, des ennemis imaginaires : DBFC est le combo d’entités multiples (humaines et fantasmées donc) regroupées au sein d’un objectif : celui de proposer une électro schizophrène, ombrageuse et pop qui cite le Tyler Durden de Fight Club dans le clip, et la techno 90’ dans le son d’un premier EP (Leave My Room) qui fera bomber les torses en même temps qu’il confondra les logiques. Les insomniaques et les bipolaires pourront retrouver l’étrange quatuor bien loin de leur piaule, aux Transmusicales de Rennes du mois de décembre.

7. Blind Digital Citizen, « Ravi (Briff remix) »

Pas besoin d’attendre le lendemain pour songer à l’apocalypse. Quelques heures avant le dévoilement du premier extrait de son nouvel EP, l’hyper attendu Ravi, les Français de Blind Digital Citizen passent par la case du remixe de leur morceau éponyme (dont l’original va s’avérer diaboliquement génial, on en reparlera), par le collègue Briff, qui livre l’extrait d’une bande son narrant le désordre, la réalité, la tristesse du convenu. Nouvelle manifestation de la belle ouverture d’esprit du label Entreprise (pop zinzin avec Moodoïd, variet’ spaghetti avec Juniore, new wave du bitume avec Grand Blanc…), l’électro pop martiale, punk et poétique de Blind Digital Citizen s’apprête à livrer dans les mois à venir l’un des albums les plus excessifs conçus depuis bien longtemps. Et celui-ci devrait s’avérer très grand.

Les morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel : (c) pochette de I d’Extrême Precations

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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