Chansons

L’interview stroboscopique : Juniore

L’interview stroboscopique : Juniore

05 août 2014 | PAR Bastien Stisi

Crépitements lumineux, rugissements scintillants, et coup de strobo sur Juniore, projet d’un garçon et de quatre garçonnes hébergé chez le francophile Entreprise et mené par sa chanteuse Anna Jean (ex Domingo). Lorsque François Hardy met le pied dans un western spaghetti…

N’est-ce pas un peu paradoxal d’appeler le second EP d’un nouveau projet La Fin du Monde ?

Anna Jean : C’est vrai, c’est peut-être un peu paradoxal ! Mais peut-être aussi que certaines histoires commencent par la fin…

Que ce soit dans le visuel de votre dernier EP, ou dans le timbre très moriconnien des morceaux qui le composent, on a la sensation ici d’une douce chevauchée menée par des cow-boys un peu cyniques, un peu yéyés, et travestis en garçonnes…

A. J. : Un western fantasmé dans la ville, rempli de soleils couchants et de pleines lunes, de saloons et de duels. Mélanger les genres et les époques, je crois que c’est une façon de vivre d’autres temps, d’autres lieux – se travestir, oui, pour changer le décor aussi !

Et votre western préféré, c’est lequel ?

A. J. : Sans hésitation : Les Cent fusils de Tom Gries. Parce que Raquel Welch et parce que Jim Brown. Et surtout parce que les westerns, c’est souvent des histoires de bonhommes. Celui-là, c’est un peu une exception.

« Christine », c’est la rivale de laquelle d’entre vous exactement ?

A. J. : Christine, c’est LA rivale. C’est celle contre qui on ne peut rien, celle qui fait tourner la tête de tous les garçons. Et des filles aussi.

Ana, que ce soit sur ton projet Domingo, ou sur tes différentes collaborations récentes (avec Jackson and His Computerband sur « Memory », avec Bot’Ox sur « Blue Steel » ou « The Face Of Another »), on t’avait jusqu’alors quasiment toujours entendu chanter en anglais (on exceptera ton featuring avec Jérôme Echenoz sur « Le Chrome et le Coton »). Juniore est-il d’abord né de cette volonté de passer à l’interprétation de paroles dans ta langue maternelle ?

A. J. : Oui, l’écriture de « Chrome et coton » avec Jérôme, c’était un tel plaisir que ça m’a donné envie d’essayer de continuer d’écrire en français. Et Juniore, c’est aussi la première fois que j’écrivais des chansons en pensant à des personnages. Un idéal féminin, peut-être, avec un humour grinçant comme Stella, fatales comme Brigitte Bardot et Barbarella, et dangereuses comme le gang de filles de La Barrière de la chair. L’idée était d’injecter le tout dans des chansons.

Et bien sûr, c’était un défi aussi, un exercice différent, peut-être plus difficile parce que c’est forcément plus personnel d’écrire dans sa langue maternelle.

Est-ce dans ce sens qu’il y a eu la collaboration avec Samy Osta (La Femme, Louis Chedid…), et la signature chez Entreprise, qui revendique haut et fort sa remise en avant d’une pop d’abord interprétée en français ?

A. J. : Samy Osta, qui a enregistré les deux 45T, c’était le producteur/réalisateur idéal, à la fois pour sa façon de jouer des époques, de brouiller les pistes et de réinventer la chaleur des productions d’hier avec les courants électriques d’aujourd’hui, mais aussi parce qu’on se connaît depuis toujours et qu’en plus, c’est lui qui m’a appris à jouer de la guitare. Et Entreprise, c’est vraiment comme une grande famille, des cousins qui se seraient rencontrés par hasard. Je me dis souvent que c’est une chance d’être bien entouré, d’avoir trouvé sa troupe, les gens qui partagent les mêmes idées. Pour le meilleur et pour le pire.

Il y eu un premier double single (« Christine » / « Dans le Noir »), et maintenant un premier EP (La Fin du Monde). Le premier album est-il envisagé ?

A. J. : Peut-être un album pour l’année prochaine… Inch’Allah.

Je cherche des sons pour remplir mon iPod…quelque chose à me conseiller ?

A. J. : Quelques suggestions :
Los Saicos – pour danser le twist péruvien
Dead Ghost – pour chantonner des airs rêveurs
Kevin Morby (avec Kate Le Bon) – pour plus de guitares rêveuses
Sick Hyenas – pour planer sur du rock psyché-germanique
Feu! Chatterton – pour se laisser charmer par les mélodies entêtantes de jeunes poètes urbains

Juniore sera en concert le 7 août du côté de LaPlage Glazart.

Visuel : (c) pochette de La Fin du Monde de Juniore

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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