Musique
L’interview stroboscopique : Ballast

L’interview stroboscopique : Ballast

06 avril 2015 | PAR Nausicaa Ferro

Trio (clarinette, basse, batterie) klezmer / fusion, s’inspirant de David Krakaueu ou Tool, le groupe Ballast sort son premier album -en partie né du financement participatif- qui sonne comme une balade au coeur d’un scénario de film sans âge, où la mélancolie danse avec les éclats de rire.

Vos inspirations sont multiples (klezmer, jazz fusion, musique de film, musique contemporaine), mais qu’est-ce qui rend Ballast unique ? 

Ballast : Souvent l’originalité d’une musique réside dans la synthèse ou la fusion des éléments hétéroclites qui la constitue, mais comme nous n’appartenons à aucune des traditions dont nous nous inspirons, nous ne sommes pas garants de celles-ci et du coup nous sommes libres de les utiliser comme nous voulons, voire de les détourner sans contrainte. Je prends l’exemple du titre Straight ahead. C’est un morceau pop rock avec un son de synthé un peu psychédélique dans lequel la clarinette sonne malgré tout klezmer. Du coup, on n’est plus dans la tradition. La musique de Ballast n’est pas du klezmer traditionnel qu’on aurait cherché à actualiser en le « coloriant » avec du rock, de la pop ou du jazz, mais bien une création originale (j’espère) qui intègre des éléments de style empruntés à des traditions en les plaçant hors de leur contexte habituel. C’est d’ailleurs pour cette raison que notre répertoire est essentiellement constitué de compositions et que lorsque nous reprenons un traditionel nous le jouons de manière traditionnelle sans le « ballastiser ». Ce qui nous rend spéciaux c’est aussi le jeu de clarinette de Julien qui navigue entre classique et klezmer, et le jeu de Sylvie qui vient de la percussion classique, ce qui lui donne une couleur de timbre particulière.

Votre nom de groupe, Ballast… qu’est-ce que ça veut dire ? Et pourquoi avoir choisi pour votre album le titre Straight Ahead (un des morceaux de l’album)? 

Ballast : Pour le nom de groupe, on a fait un brainstorming tous les trois. On voulait un rapport avec le voyage, le train, le dépaysement… On a trouvé que Ballast ça claquait bien. Réflexe de musicien. Et pour le titre du disque, en fait on a écrit tous les morceaux de l’album sur des petits bouts de papiers qu’on a tiré au sort et c’est Straight ahead qui est sorti en premier. Sans blaguer ! Là encore on trouvait que ça sonnait bien et puis ça nous correspond bien ce coté « on avance malgré tout », car en 2010, dans sa première mouture, la formation était clarinette (Julien), percussions (Sylvie), guitare (Michel) et un contrebassiste. Ce dernier ayant jeté l’éponge au bout d’un an, nous avons redistribué les rôles. Michel est passé à la basse et nous avons engagé un guitariste avec qui nous avons tourné pendant une petite année. Suite à son départ, nous avons essayé de recruter un ou une quatrième larron. Sans succès. Du coup, nous avons décidé de rester en trio ce qui a nécessité pas mal d’adaptation… mais finalement, cela a permis à notre musique d’être plus directe parce que plus dépouillée.

Maintenant que votre album est sorti, de quoi avez-vous envie ? 

Ballast : Nous avons plein d’envies… On a commencé par la scène et c’est ce nous motive le plus. Donc nous souhaitons faire le plus de concerts possible.

Je cherche des sons pour remplir mon I pod, que me conseillez-vous ?

Ballast : Tool. Super groupe qui n’a pas vraiment accroché avec le public européen et c’est dommage. Le sacre du printemps de Stravinsky. Le dernier album de Thierry Maillard, The Alchemist, un régal !

Ballast, Straight Ahead, prochain concert à Lacroix-Saint-Ouen le 11 avril.

© visuels : Ballast

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Nausicaa Ferro

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