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Playlist de la semaine (86)

Playlist de la semaine (86)

11 octobre 2014 | PAR Bastien Stisi

Le nouveau morceau épique et forestier de Kid Wise, la pureté clippée du fabuleux projet folk Fink, et l’arrivage modernisé du Brésilien Lucas Santtana…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Kid Wise, « Forest »

Triple actu pour les Français de Kid Wise : outre leur date au Point Éphémère du 14 octobre et la signature sur The Wire Records, une nouvelle division d’Universal Music France nouvellement créée et dont ils sont d’ailleurs la première recrue, les Toulousains viennent de faire paraître le clip de « Forest », qui présente un versant de la jeunesse bien plus positif que ce que nous avait proposé leur premier clip vidéo (celui du magistral « Hope »). Ici, la pop progressive et pointilliste est portée par la voix toujours baroque, parfois même nouvellement vocodée, du leader et chanteur Augustin Charnet, ainsi que par des onomatopées pop en guise de rendez-vous fédérateurs qui ne retirent rien à la grandeur d’un morceau qui ravira les amateurs d’épique et de solos guitareux. La suite de l’aventure Kid Wise, pour sa part, sera sur le premier album complet du groupe, prévu pour le début d’année 2015.

2. Fink, « Shakespeare »

Comme certains franchissent le stade de l’écriture pour parvenir à celui de la littérature (Shakespeare en l’occurrence), Fin Greenall et son projet Fink amènent le folk éthéré (qui était initialement chez eux de l’électro sensibilisée) vers le sentier de l’idéal, et présentent le nouvel extrait de leur crépusculaire et raffiné sixième album Hard Believer. Dans le clip de « Shakespeare », il est donc question d’un couple (la plupart y verront évidemment une référence à Roméo et à Juliette), dont les membres s’engagent, chacun de leur côté, dans une danse à vocation cathartique et réparatrice. Câlins tout tristes, chorégraphie, et une date à noter dans l’agenda : celle du 26 novembre, et du concert du groupe de dub folk britannique au Trianon parisien.

3. Lucas Santtana, « Let The Night Get High »

Prophète pop folk en son pays (celui où l’on n’écoute donc pas que de la salsa et des chants de supporters), le Brésilien Lucas Santtana caresse l’ambition, avec la parution de son troisième album Sobre Noites E Dias, de le devenir également en Europe, où ses sonorités locales mêlées à des influences considérablement plus occidentales (synthés digitaux, boîte à rythmes, suaves pulsions électro…) ont déjà attiré l’oreille de Vincent Ségal, de Féfé et de Fanny Ardant, qui figurent tous à l’affiche d’un disque que l’on pourra, aussi, découvrir du côté du Café de la Danse le 3 décembre prochain à l’occasion du festival organisé à la gloire des dix ans du label No Format sur lequel l’artiste auriverde est hébergé. En attendant, envisageons l’ailleurs et les contrées lointaines, tout en gardant un pied collé ici, sur les pavés (et les sonorités) que l’on a l’habitude de fréquenter.

4. Fyfe, « Holding On »

Dans la lignée du producteur, chanteur et soul pleureur SOHN, dont il a d’ailleurs dernièrement assuré la première partie au Café de la Danse, le Mancunien Fyfe perpétue la tradition de ces artistes léguant à la cité ouvrière du Nord de l’Angleterre son sceau cafardeux et industriel (les artistes labélisés Factory, Money, No Ceremony ///, WU LYF, Stay Positive…), et poursuit avec son nouveau titre « Holding On » l’élaboration d’un premier album sur lequel devrait persister, bientôt, un brouillard post-dubstep aux contours magnifiquement vaporeux. On le retrouvera, de nouveau de passage à Paris, le 9 décembre du côté du Divan du Monde.

5. Slow Joe & The Ginger Accident ; Yaël Naim, « Cover Me Over »

Après avoir tout essayé dans sa vie, Slow Joe, que d’aucuns appellent affectueusement le « clochard de Goa » a été une révélation aux Transmusicales de Rennes en 2009. Avec son complice, le français Cédric de la Chapelle, il sort son premier album unanimement acclamé Sunny Side Up. Et enchaîne sur plus de 150 dates de concert. En 2014, il est de retour avec le Ginger accident et Lost for Love, « l’album de la maturité ». A 71 ans il était temps ! Premier extrait acoustique de ce nouveau disque sorti chez Tôt ou Tard à la fin du mois dernier, « Cover me Over » met en valeur la voix de crooner de Slow Joe en contrepoint du filet puissant de la belle Yaël Naïm. Le blues est là, délicieusement sale de grâce. Et la magie opère à nouveau, comme plongé dans le moiteur d’une full moon party de Goa. (Yaël Hirsch)

6. First Hate, « In My Dreams »

Récemment découverts à Vilnius (les hasards des parcours…) au sein de la très branchée Theatro Arena, où ils effectuaient la première partie du Lost Tour de leur compatriote danois Trentemoller, le duo First Hate plonge la tête en avant à travers la vague revival eighty, et en ressort avec un mélange de Kraftwerk (le statisme froid du type au synthé), de Depeche Mode (les mélodies new wave fracassées), de Joy Division / Ian Curtis version Closer (la voix grave et la gestuelle épidermique du chanteur en live). Mille fois revisitée, la synthpop glaciale du tandem du Nord s’entoure ici toutefois d’une singularité, d’une sincérité aussi, tellement expressive, que l’on ne pourra s’empêcher de demeurer attentif aux horizons de ce groupe encore ultra confidentiel dont on peut cependant découvrir un premier EP, ainsi que de la vidéo kitsch à mourir de leur très sensible single In My Dreams., paru il y a quelques semaines.

7. Superpoze ; Stwo, « Untitled »

Figure centrale de l’émergente et très excitante scène intellectro caennaise avant l’explosion fulgurante du tapeur de pads Fakear, Gabriel Superpoze revient pointer le bout de son électro vagabonde, rêveuse et concoctée pour piste de danse mesurée, et propose sa collaboration avec le Parisien Stwo à travers un morceau sans titre mais avec beaucoup de perspectives, paru il y a quelques jours sur le label de Superpoze Combien Mille Records, le collectif qui accueille également le sublime SAmBA De La mUERTE (mené par le claviériste de Concrete Knives Adrien Leprêtre). Et comme la cité caennaise est décidément une ville où les talents se confondent et se démultiplient avec une verve consanguine, le label verra aussi prochainement la sortie du premier EP de Kuage, qui n’est autre que le projet regroupant Superpoze et Adrien Leprêtre…Tout ce petit monde, enfin, sera à la Maroquinerie, le 15 novembre prochain.

Les morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel : (c) Eléonore Verger

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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