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[Live report] Superpoze et l’intelligentsia de l’électro caennaise à la Flèche d’Or

[Live report] Superpoze et l’intelligentsia de l’électro caennaise à la Flèche d’Or

01 mars 2013 | PAR Bastien Stisi

L’intelligentsia de la musique électronique caennaise avait rendez-vous hier soir à la Flèche d’Or pour le lancement de la toute première édition des soirées « Animales », qui seront organisées tous les trois mois dans le club de la rue de Bagnolet, et qui présentait au public parisien la performance de l’émergent Superpoze, entouré de deux de ses modèles scéniques, Fulgeance et Debruit.

Jeu de lumière sobre et efficace, large attirail électronique étalé sur la scène, lumières qui s’assombrissent, et voilà la silhouette hyper énergique de Fulgeance qui intervient au cœur d’une salle pas encore tout à fait remplie, porteur d’hommages assumés (et incompris) aux communautés nerds et d’une électro hip-hop hyper efficace au sein de laquelle domine le puissant « Absolute Belta ». Chez Fulgeance le hip-hop, jumelé avec une black-music retravaillée, copine avec le dubstep, avec le bruitisme, et avec des résidus épars de sonorités évoquant l’électro très 90’ de Kavinsky, laissant ressortir quelques voix passées dans le filtre du vocoder et des beats grésillant qui portent à bout de boucles une foule convaincue et hocheuse de tête.

Plus tard, aux alentours de onze heures, cette même foule pourra s’onduler et se mouvoir sous les coups de boutoir de Debruit et de son trip-hop underground et sans frontières, aussi bien imprégné de samples orientalisés tout droit issus de la chaleur du Bosphore que de la downtown de Los Angeles, ou encore de l’authenticité de l’Afrique subsaharienne (« Nigeria What ? »). Mais il faut bien avouer qu’à ce moment-là, et malgré la dextérité de l’électro hybride de Debruit, le public de la Flèche d’Or se sera déjà considérablement réduit et éparpillé, rassasié de sensations trip-hop par  la véritable tête d’affiche de la soirée, que le public parisien était bel et bien venu voir en priorité.

Porté par une solide réputation scénique et par l’apparition de son pseudonyme aux côtés de celui des C2C, dont il assure ces jours-ci quelques premières parties, le caennais Superpoze est accueilli par une acclamation ronflante et appuyée, matérialisation sonore de l’ascendance prise ces dernières semaines par ce tout jeune dj d’à peine vingt ans…Porte-étendard, avec la complicité de son compère Fakear, d’une trip-hop normande prometteuse et florissante qui fait la joie et la popularité de la solide salle du Cargö, Superpoze fait raisonner son trip-hop énergique et désossé dans l’éther bétonné de la Flèche d’Or, conquise par la fraîcheur et par le talent brut de celui qui ne manque pas de rendre un hommage appuyé à ses congénères Fulgeance et Debruit, dont il assure que c’est le fait de les voir à de nombreuses reprises sur scène qui lui à donné envie de manipuler à son tour les platines…

Le beat héroïque de « London Alone », les effluves de guitares et de percussions hispaniques de « Monsta Mash », les boucles mystiques et les chœurs anachroniques de « Transylvania », le trip-hop léger et déstructuré de « The Iceland Sound » (qui n’est pas sans rappeler les glorieuses heures de Roudoudou et du mythique « Peace and Tranquility to Earth ») : un large aperçu des productions électronisées de l’artiste défilent sous les yeux d’une fosse charmée par le zèle rafraichissant de Superpoze et par son final en guise d’apothéose, qui voit le retentissement sonore d’un remix saccadé de l’immense tube « Iron » de Wookid, dont l’artiste laisse traîner les dernières notes percutées, glorieuses et grandiloquentes afin de conclure en beauté un set diablement convaincant et follement prometteur.

« A vingt ans, on a des réserves de printemps », chantait Léo Ferré. Voilà une nouvelle et un postulat qui raviront tous les amateurs de trip hop et d’électro complexifiée, pressés de savoir ce que leur réservent l’avenir et le talent émergeant de ce sampleur dont il va falloir suivre le parcours d’extrêmement près dans les prochaines semaines…

Visuel (c) : pochette de l’EP de Superpoze

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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