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Une édition 2019 spacieuse et animale de la FIAC

Une édition 2019 spacieuse et animale de la FIAC

17 octobre 2019 | PAR La Rédaction

La Foire d’Art International d’Art Contemporain de Paris (FIAC) ouvre, jeudi 17 octobre, ses portes au public. 178 galeries d’art moderne et contemporain attendent les visiteurs sur deux étages sous la nef du Grand Palais. Derrière les requins et le grand bleu qui s’affichent sur les murs et dans le métro, c’est un univers élégant mais aussi volontiers animal que nous avons repéré, accroché sur les murs de cette édition 2019.

Par David Hanau et Yaël Hirsch

En effet, toutes galeries confondues, l’animal est assez bien vu ou en tout cas repérable, cette année, sur les murs souvent blancs de la FIAC. Il est parfois gros et maladroit comme celui de Jonathan Meese chez Tim van Laere ou carrément ironique et sauvage comme l’irrésistible cochon « habiter la vie » de Gilles Barbier chez Nathalie et Philippe Valois. Mais le plus souvent, il est élégant et domestiqué ; c’est le cheval rouge hyper-référentiel de Markus Lupertz chez Michael Werner ou l’adorable petit chien au pied de la commode de Hans Op de Beeck chez Krizinger. La faune est à l’honneur mais aussi la flore – sans aucune mention inélégante des offrandes à Paris de Jeff Koons – notamment à travers les plantes immenses, joyeuses et vénéneuses de Yayoi Kusama chez Victoria Miro.

Autre tendance notable, dans le mouvement très puissant de réaffirmation de la peinture, on trouve une forme d’abstraction primaire concrète, de confrontation avec la matière couleur. Les tableaux d’Andreas Eriksson chez neugerriemschneider, semblent ainsi répondre aux œuvres de Kenziro Okazaki chez Blum & Poe, et provoquer les grands formats de Sam Gilliam à la Pace Gallery. Ces rebonds abstractionnistes rendent également très actuel le solo show de Mimmo Rotella chez Cardi.

Dans une mouvance parallèle, une certaine idée du flou semble se propager à travers les œuvres d’Isabelle Cornaro représentée notamment par Balice Hertling.

Trois événements animent l’édition 2019 de la FIAC : l’arrivée du galeriste David Zwirner à Paris, qui expose très brillamment à la FIAC ses Tillmans, Levine (superbe série « after Degas ») et Arruda, ainsi qu’un espace entièrement dédié au design avec 5 galeries dont Kreo Patrick Seguin Eric Philippe, Lafanour et Jousse et, pour la 6e fois, une pile impressionnante de boîtes de « vache qui rit », designées par Daniel Buren.

L’art moderne a la part belle puisque Gagosian, lui-même, nous a arrangé une chambre French Riviera très « luxe, calme et volupté » et grands maîtres début 20e, avec une grande baie poétique, au cœur de la Foire. La vue, c’est aussi ce que propose Perrotin, avec un joli effet de presque miroir quand une image du Louvre par JR nous cueille dès l’entrée.

Du coté des stars montantes, on appréciera l’art pauvre et élégant de Tadashi Kawamata chez David Nash et chez Kamel Mennour. Et le Prix Marcel Duchamp de cette année, Eric Baudelaire, est présent chez Barbara Wine.

Côté monographies, ne manquez pas le petit coin d’exposition aménagé pour Alain Burlex (exposé en ce moment au CCOD de Tours chez Nathalie et Philippe Valois). Et l’on se régalera de sublimes et nombreux Matta chez Gmurzynska. De même que, carrément contemporain, l’on se glissera avec joie dans l’installation très réussie et très ironique de Alex Da Corte « The superman » chez Sadie Cole. Le cercle ésotérique de Jennifer Giudi chez David Kordansky est haut en couleurs. La série de sculptures protéiformes d’Eva Rothschild, présentées par la 303 gallery, hypnotise. On se laissera téléporter au loin par Ouattara Watts chez Cécile Fakhoury. On regardera de près, la série de Julien Creuzet chez Document. Enfin, à l’étage, l’on découvrira le dadaïsme tardif de Ardesshir Mohassess chez Dastan.

La plus belle scénographie de cette cuvée 2019 est réalisée par in situ avec les œuvres encapsulées de Marcel van Eeden, Mark Dion et Damien Deroubaix.

Les galeristes français et internationaux exposent souvent sobrement leurs pépites : L’on trouve des œuvres de Ed Ruscha, Candida Hofer et Donald Judd chez Thomas Zander, Anish Kapoor et Kader Attia chez Regen Project, Un superbe Keith Haring chez Skatstedt. Et l’on retrouve Raymond Hains, Loris Gréaud et Charles Gaines chez Max Hetzler, Chillida et Guston chez Hauser & w-Wirth, une Marilyn grandiose de Urs Fischer chez Nahmad, des Masson, Esteve et De Stael chez Applicat Prazan, des Longo, Gormle, Yan Pei-Ming chez Thaddeus Ropac, on trouve des Hartung (actuellement à l’honneur au Musée d’Art Moderne réouvert) et des Dubuffet chez Mazzoleni. Et l’on reste bouche bée devant un Diptyque nocturne impressionnant de Tapies chez Lelong. Chez Nathalie Seroussi, le choix est aussi de roi avec un beau Jacques Villeglé et un merveilleux Kounellis.

Cette année, laissez-vous emporter par le programme « Hors les murs », qui offre de très belles expériences. Au Petit Palais, on se laissera captiver par l’installation d’Erik Dietman (galerie Papillon), provoquer par les nus ironiques de Dewar & Gicquel (Clearing), et on attrapera un torticolis pour admirer l’œuvre laser de Matt Copson (High Art). À proximité, la sublime expo de Giuseppe Penone au Conseil Economique Social et Environnemental – Palais d’Iena incite à une contemplation méditative qui résonne puissamment avec la splendeur du bâtiment d’Auguste Perret. Sur la place de la Concorde, outre les « baraques » de Jean Prouvé (Galerie Patrick Seguin), laissez-vous envouter par l’installation de Carlos Cruz Diez (Galerie Philippe Gravier). Aux Tuileries, ne manquez pas le champignon magique de Sylvie Fleury, l’installation quasi vaudou de Tomi Ungerer, ou la très poétique installation « Qui sème le vent » de Pierre Ardouvin. Et bien sûr on terminera en beauté sur la place Vendôme pour contempler l’immanquable Pumpkin de Yayoi Kusama.

Nos dix découvertes et coups de cœur de cette édition 2019 de la Fiac sont :

1. Un Chaplin irrésistible par Kippenberger et Böckler chez Draxler

2. Les encres fantomatiques de Miriam Cohn chez Jocelyn Wolff

3. Les clichés de David Goldblatt chez Marian Goodman

4. Le bocal fou de Korakrit Arunanondchai Chez clearing

5. Les impressions minutieuses de Rachel Rose chez Gavin Brown

6.L’installation vidéo hors norme de Alex Da Corte chez Sadie Coles HQ

7.L’horloge infernale de Philippe Parreno chez Gladstone

8.Les grands formats jubilatoires de Aaron Garber-Maikovska chez Gladstone

9.L’installation de Tomas Saraceno chez Esther Schipper

10.La sculpture mystérieuse de Roni Horn chez Xavier Hufkens

Cette fin de semaine et ce week-end, ne manquez pas la FIAC, ses offs (lire notre article), ses « hors les murs » et ses « Projects » disséminés dans la ville

Infos pratiques
Jeudi 17 octobre : 14h-20h
Vendredi 18 octobre : 12h-20h
Samedi 19 et dimanche 20 octobre : 12h-19h.

Visuels : YH et DH

Infos pratiques

Manufacture des Abbesses
Théâtre de l’Atalante
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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