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Cinéma Belge : La soirée des Magritte 2020

Cinéma Belge : La soirée des Magritte 2020

10 février 2020 | PAR Romy Trajman

Ce samedi 1er février se déroulait la 10ème cérémonie du cinéma Belge, les Magritte du Cinéma. Direction le Square, cette salle mythique qui surplombe le tout Bruxelles et a fait briller le 7eme art, au cours d’une soirée festive, joyeuse et glamour.

Un show à l’américaine
Succédant à Alex Vizorek, c’est l’humoriste Kody qui, en Maitre de Cérémonie ouvrait le bal. Comédien et chroniqueur radio, on l’a vu notamment à l’affiche du « Tout nouveau testament » de Jaco Van Dormael ou encore dans « Comment j’ai rencontré mon père ».

Alors que les remises de prix commençaient, Jean Claude Van-Damme, l’invité surprise, alternait sketches et muscu sur grand écran, rythmant la cérémonie de son accent belgo-californien hilarant.

9 récompenses pour Duelles
Olivier Masset-Depasse, réalisateur, s’est vu décerné le Magritte de la meilleure réalisation et du meilleur film pour son film «Duelles». Avec son look « costard et lunettes », il raflait quasi tous les prix, gambadant sur scène, l’allure dansante d’un Jocker qui aurait croisé Jean-Luc Godard.
En effet, son film «Duelles» s’est vu récompensé de neuf prix sur dix nominations. Un record. «Duelles» fait référence à l’art de filmer d’Alfred Hitchcock et plante son décor dans les années 60. A la suite d’un drame qui vient perturber un voisinage tranquille, la paranoïa s’insinue progressivement dans l’amitié forte qui unit deux femmes. Il met en scène l’actrice Veerle Baetens (Alabama Monroe) qui remporte le Magritte de la meilleure actrice.

La comédienne Laurence Bibot (mère d’Angèle et de Roméo Elvis), a cassé les codes en débarquant hyper relax, jupe ultra longue et baskets, avec un sketch politiquement incorrect et tordant « J’en peux plus de mes enfants, ils m’épuisent. Mettez-vous à ma place. Ça fait 30 ans que je fais ce métier. ».

Justement, des petits trublions d’enfants il y en avait aussi ! Et paf qu’ils prenaient la scène. S’improvisant adultes en nœuds pap’ et discours chiffrés, les comédiens juniors jouaient du ping-pong verbal devant une salle mi- crispée, mi- pliée … Léger coup de pied dans les hypocrisies mondaines et jolie façon de remettre le sérieux dans les chaussettes. Tic, Tac !

C’est alors que Stéphane Guillon, moustache et diction parfaite, arriva, et de sa plume de bobo-parisien surannée, clama : « En France, nous avons Ducobu 1 et 2, Taxi 1,2, 3, 4, 5. L’inoubliable 5. Si je prends les frères Dardenne et leur film, Rosetta, jamais il n’y a eu de Rosetta 2, 3 ou 4. Les gens n’ont jamais eu envie de voir la suite. Posez-vous la question. »

Au milieu de cette chère langue française surgit « De Patrick » qui remporta le Magritte du meilleur film Flamand. Dommage et déception pour « Binti », 1er et très beau film belgo-flamand de Frederike Migom qui aurait mérité un prix, l’histoire d’un père et de sa fille qui, sans papiers, sont contraints de se cacher pour ne pas être renvoyés au Congo, leur pays d’origine.

L’émotion se propagea ensuite lors du discours de Daphné Leblond, qui, récupérant le Magritte pour son documentaire « Mon nom est clitoris », partagea un épisode de son histoire personnelle de femme. Moment suspendu. Émouvant et généreux.

« Alice on the roof » alluma ensuite une parenthèse musicale sur un piano magique. Au début, tout le monde croyait que c’était Angèle (ou bien ce n’était que moi car j’avais zappé mes lunettes).

« Le jeune Ahmed » des Frères Dardenne reçu quant à lui 2 Magritte : le meilleur espoir masculin pour Idir Ben Addi et la meilleure actrice dans un second rôle pour Myriem Akheddiou.

Alors que le public se décontractait et tendait vers la fête, on retiendra cette phrase de Swann Arlaud, qui, remettant le Magritte du meilleur montage, clama, de sa voix claire : « Faire une chose dangereuse avec style est un art. » Boom.

Plan serré sur les yeux brillants de Monica Belluci, recevant le Magritte d’Honneur et son allure préraphaélite.

Ensuite, les 1200 invités filèrent telles des petites souris de soirées vers le cocktail géant. Et puisque les dés étaient joués et que les chats n’étaient plus là, nous dansâmes toute la nuit !

visuels : (c) Romy Trajman

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Romy Trajman

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